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Actualités - Interviews

RENCONTRE Nidaa Wakim : « J’ai toujours voulu être acteur »(photo)

Il a toujours voulu être acteur. Cette «voix» qu’il a longtemps ignorée a fini par avoir gain de cause et triomphé de toutes les vicissitudes et hésitations. Une voix intérieure bien entendu et qui lui indiquait un destin marqué par les voyages et les déplacements, mais aussi par les ivresses et la satisfaction de la création. De Rosneau, en Alsace où il vit, à Beyrouth terre d’accueil et d’origine, il n’y avait qu’un pas… celui de tourner un film! À trente-huit ans, Nidaa Wakim a définitivement opté pour l’art qui semble un trait commun dans la famille. Entouré d’un frère peintre et d’un père auteur de livres politiques, Nidaa Wakim a pourtant entrepris, entre ses pérégrinations de Paris à Los Angeles en passant par Genève, ce qu’on désigne par des études sérieuses, en finances, tout en n’oubliant guère de se nantir d’un diplôme en théâtre! Vocation incontournable que celle de l’univers des planches où, entre deux cours chez Florent et Lecoq, la nostalgie tenace des œuvres (du Molière, précise-t-il) jouées à douze ans à l’école ne le lâche pas. Sa chance il la rencontre à Genève en 1980 où, grâce à une simple annonce, il entre de plain-pied sous les feux de la rampe. Parcours jalonné de succès dans la mégapole suisse où il est tour à tour officiant au théâtre de l’Étang, de Carrouge et de la Tulipe noire. C’est là qu’il se familiarise avec les textes de Vialat et de Tennessee Williams et conclut son premier parcours par une pièce qui obtient le prix René Habib en 1990. À Paris, mis à part le café-théâtre, il collabore à la création d’une pièce intitulée Loin et près de l’écran de Pierre Léaud (père de l’acteur J. J. Léaud, l’acteur fétiche de Truffaut). Et s’opère le virage au cinéma grâce à des jeunes diplômés, dont Mario Sépalis, pour décrocher par la suite des bouts de rôles avec Jacob Berger (Aime ton fils, avec les Depardieu père et fils), Patricia Platner (Les petites couleurs, avec Bernadette Laffont). Avec le film d’Helena Azanov, Misogynie, listé pour Locarno, il obtient le second rôle. Il tourne également dans le film de Merdad el-Hage Entre-temps Beyrouth qui sera présenté incessamment au Festival du monde à Montréal pour enchaîner avec Mejnoun de Hamid Bin Hamra et Le Balayeur du Tunisien Raouf Kaddachi. Admirant Piccoli et Trintignant, parfaitement trilingue (arabe, français et anglais), rêvant de travailler avec Besson ou Ouzon, féru de la pellicule de Sergio Leone, Kubrick et Kurasawa, lisant (il parle souvent de périodes) Borges et W. Allen, savourant aussi bien le jazz que l’art lyrique, conscient qu’«être acteur est un métier de gitan», Nidaa Wakim est actuellement à Beyrouth pour tourner le film de Bahij Hojeij intitulé La ceinture de feu, inspiré d’un roman de Rachid el-Daïf. Quel personnage campe-t-il? «C’est mon premier “leading rôle” et je campe le rôle d’un professeur d’université qui se nomme Chafic, et, en fait, représentant un peu la masse silencieuse en temps de guerre. Antihéros et n’accordant pas de solution à une situation ou à un problème donné, ce personnage est foncièrement un rôle de composition. Il devait soit faire la guerre, soit sombrer dans la folie...» Et être acteur, c’est quoi pour Nidaa Wakim? «C’est aimer ce qu’on fait», lance-t-il sans hésiter, déjà absorbé par ses nouveaux projets qu’il préfère garder secrets. E.D.
Il a toujours voulu être acteur. Cette «voix» qu’il a longtemps ignorée a fini par avoir gain de cause et triomphé de toutes les vicissitudes et hésitations. Une voix intérieure bien entendu et qui lui indiquait un destin marqué par les voyages et les déplacements, mais aussi par les ivresses et la satisfaction de la création. De Rosneau, en Alsace où il vit, à Beyrouth terre d’accueil et d’origine, il n’y avait qu’un pas… celui de tourner un film! À trente-huit ans, Nidaa Wakim a définitivement opté pour l’art qui semble un trait commun dans la famille. Entouré d’un frère peintre et d’un père auteur de livres politiques, Nidaa Wakim a pourtant entrepris, entre ses pérégrinations de Paris à Los Angeles en passant par Genève, ce qu’on désigne par des études sérieuses, en finances, tout en...