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CORRESPONDANCE Autour du prix Méditerranée «Un mot magique, quasi génétique»

PARIS – de Mirèse AKAR Salvador Dali faisait de la gare de Perpignan le centre du monde et, même si le bon sens le plus élémentaire les oblige à en rabattre un peu, les Perpignanais nourrissent de grandes ambitions pour leur ville. Qu’elle soit presque quotidiennement citée dans les bulletins météo parce qu’elle est la plus chaude de France ne leur suffit évidemment pas! Une stratégie culturelle Pour tout dire, Perpignan cherche à se faire une place dans le réseau des villes européennes, et quand bien même elle n’aurait pas la taille stratégique requise, elle pourrait s’en remettre pour cela à sa dynamique stratégie culturelle. C’est ce que nous expliquait Jean-Paul Alduy, son sénateur-maire, lors du déjeuner qui, traditionnellement, réunit à Paris la presse avec le ban et l’arrière-ban des notables de la région – président du Conseil général des Pyrénées-Orientales, président du Conseil régional Languedoc-Roussillon... – et au cours duquel est proclamé le prix Méditerranée. Celui-ci se trouve patronné par le Centre méditerranéen de littérature fondé en 1982 par André Bonet et devenu un des pôles majeurs de la vie littéraire pour tous ceux qui considèrent le Mare Nostrum comme leur véritable patrie. Créé en 1985 à l’initiative d’Edgar Faure, de Fernand Braudel et d’Hervé Bazin, ce prix se devait de s’enrichir d’un doublet étranger – le lauréat 2002 en est l’Italien Umberto Eco pour son foisonnant roman initiatique Baudolino – et, dès l’an prochain, il comportera aussi une récompense pour les essais. Les 20 ans du CML Boutros Boutros-Ghali fut couronné en 1998, et avant lui Jean-Christophe Rufin (1997), venu cette fois se réjouir que le prix soit allé à Jean-Paul Mari dont le roman, Il faut abattre la lune, avait manqué de peu le prix Joseph Kessel. Mari fait partie des quelque 25 000 natifs d’Algérie qui ont dû s’expatrier au plus fort de la guerre. À partir de 1991, il y est régulièrement retourné, dix années durant, en reportage pour Le Nouvel Observateur : retrouvailles poignantes, résurgence d’un passé tragique puisque son grand-père et son père furent tous deux tués sur le pas de leur porte. Évoquant Tahar Djaout, couronné par ce même prix en 1991 et assassiné deux ans plus tard, Mari eut ce commentaire aussi terrible que laconique : «On a tous compris alors qu’on entrait dans la nuit.» N’empêche que la Méditerranée reste pour lui «un mot magique, quasi génétique.» Pour ses vingt ans, le Centre méditerranéen de littérature s’est doté d’un Magazine des cultures du Sud qui dressera un état des lieux et fera le tour de l’actualité littéraire. Le catalan, pratiqué par huit millions de locuteurs qui militent pour sa survie, n’y sera pas oublié.
PARIS – de Mirèse AKAR Salvador Dali faisait de la gare de Perpignan le centre du monde et, même si le bon sens le plus élémentaire les oblige à en rabattre un peu, les Perpignanais nourrissent de grandes ambitions pour leur ville. Qu’elle soit presque quotidiennement citée dans les bulletins météo parce qu’elle est la plus chaude de France ne leur suffit évidemment pas! Une stratégie culturelle Pour tout dire, Perpignan cherche à se faire une place dans le réseau des villes européennes, et quand bien même elle n’aurait pas la taille stratégique requise, elle pourrait s’en remettre pour cela à sa dynamique stratégie culturelle. C’est ce que nous expliquait Jean-Paul Alduy, son sénateur-maire, lors du déjeuner qui, traditionnellement, réunit à Paris la presse avec le ban et l’arrière-ban des notables...