Robbie McEwen a conclu au sprint une journée australienne, hier à Reims, dans le Tour de France dont il a enlevé la troisième étape devant l’Allemand Erik Zabel, nouveau porteur du maillot jaune. Trois des quatre représentants de l’île-continent ont fait parler d’eux. Robbie McEwen et Baden Cooke pour les premières places, le malheureux Stuart O’Grady en queue de peloton, à cause d’une poussée de tachycardie – jusqu’à 235 pulsations/minute ! – qui lui a occasionné des sueurs froides sur les routes tranquilles de Champagne. O’Grady, symbole d’une équipe Crédit Agricole qui cumule les ennuis depuis le départ de Luxembourg (Moreau, Hushovd), a consulté le médecin-chef de la course, le Dr Gérard Porte. Puis il a repris place dans le peloton qui, par chance, a abordé groupé les dernières longues lignes droites menant vers la Cathédrale de Reims, aux flèches visibles de loin. Hormis une courte alerte due à une bordure qui relégua quelques distraits dans un second paquet pendant plusieurs minutes (Moncoutié entre autres), c’est un peloton groupé qui se présenta à l’entrée de la grande cité de la Marne. Le Norvégien Thor Hushovd, rétabli de ses crampes de la veille, s’essaya à une tentative dans la dernière ligne droite mais l’allure était décidément trop rapide. Zabel content Sur la gauche de la chaussée, en retrait des barrières depuis qu’il avait reçu plusieurs claques involontaires de la part du public qui agitait des objets publicitaires (les mains vertes du PMU !), McEwen surprit Zabel pourtant placé dans son sillage. Il n’eut ensuite qu’à prolonger son effort en se rabattant vers le centre de la route pour s’adjuger un net succès, acquis par une roue d’écart, devant son rival allemand. Fair-play, Zabel le félicita tout de suite et partit vers le podium revêtir le maillot jaune qu’il a seulement porté une journée dans sa carrière (Tour 1998). « Je suis content, sincèrement », assura-t-il plus tard, conscient d’avoir été devancé par un coureur très rapide, souvent irrésistible depuis le mois de janvier. À 30 ans, l’Australien établi en Belgique connaît sa meilleure saison sous les couleurs de Lotto. Son compteur totalise 13 victoires jusqu’à présent, dans les seules courses du calendrier international. Mieux, deux d’entre elles ont été obtenues dans le dernier Giro malgré la présence dans la course rose du « maestro « du sprint, l’Italien Mario Cipollini. Pour « l’Aussie «, le nom qu’aiment à se donner les Australiens, le sprint de Reims a consacré une montée en puissance régulière. Troisième à Luxembourg, deuxième à Sarrebruck, McEwen a touché au but dans la ville du champagne. Il attendait cette victoire depuis presque trois ans, depuis sa victoire sur les Champs-Élysées au terme du Tour 1999. Durand-Rénier : le duo mayennais Son cadet Baden Cooke (23 ans), néophyte du Tour, a pris date lui aussi. Troisième à Reims (et quatrième à Sarrebruck), il est promis un jour ou l’autre à poursuivre la série australienne. Marc Madiot, son directeur sportif de fdjeux.com, en est à juste titre persuadé. Entre Metz et Reims, l’équipe française a éprouvé d’autres motifs de satisfaction. Jacky Durand, son baroudeur d’expérience (880 km d’échappée de février à juin 2002, selon le journal Vélo Magazine), s’est lancé dès le 6e kilomètre dans un raid interminable de 160 km en compagnie de Franck Rénier, autre Mayennais qui porte les couleurs de l’équipe Bonjour. Durand et Rénier se sont partagés les relais pour compter jusqu’à 11 min 10 sec d’avance, l’écart maximal (km 68) peu après le passage à Verdun. Mais l’équipe Lotto, intéressée par le sprint pour McEwen, a réagi en déléguant deux coureurs, tout comme l’équipe Telekom de Zabel, afin de rester à distance raisonnable. À 25 kilomètres de l’arrivée, l’avance était tombée à 2 minutes. Aux 8 kilomètres, Durand et Rénier étaient engloutis par le peloton qui avait vu les équipiers de Lance Armstrong se porter brièvement en tête, par précaution, afin d’éviter les chutes. Le champion américain a vérifié que ses « guys » étaient prêts pour l’effort collectif qui les attend entre Epernay et Château-Thierry. Mais les équipes ONCE (Beloki) et CSC (Jalabert) ont les moyens de rivaliser, voire de gagner le test très significatif du contre-la-montre par équipes. Les classements Voici le classement de la 3e étape du Tour de France cycliste, disputée hier entre Metz et Reims : 1. Robbie McEwen (Aus/LOT), les 174,5 km en 4h13’37’’ (moyenne: 41,283 km/h) 2. Erik Zabel (All/TEL) 3. Baden Cooke (Aus/FDJ) 4. Andrej Hauptman (Slo/TAC) 5. Fabio Baldato (Ita/FAS) 6. Paolo Bossoni (Ita/TAC) 7. Jaan Kirsipuu (Est/A2R) 8. François Simon (Fra/BJR) 9. Jan Svorada (Tch/LAM). 10. Stuart O’Grady (Aus/C.A) tous même temps Classement général: 1. Erik Zabel (All/TEL) 13h 31’35 ’’ 2. Robbie McEwen (Aus/LOT) à 00’08’’ 3. Rubens Bertogliati (Sui/LAM) à 00’14’’ 4. Laurent Jalabert (Fra/CSC) à 00’17’’ 5. Lance Armstrong (É-U/USP) à 00’17’’ 6. Raimondas Rumsas (Lit/LAM) à00’20’’ 7. Santiago Botero (Col/KEL) à 00’21’’ 8. David Millar (G-B/COF) à 00’22’’ 9. Laurent Brochard (Fra/DEL) à 00’23’’ 10. Oscar Freire (Esp/MAP) à 00’25’’. Échos du tour Seul. Laurent Jalabert ne jouit pas d’un statut de leader protégé, comme on pourrait le penser. Et le Mazamétain s’en félicite d’ailleurs. « Je suis un coureur qui aime bien se débrouiller seul, explique-t-il. Je n’ai besoin de personne pour savoir qu’il faut rouler devant. Je trouve normal que mes camarades se mettent, aussi, au service d’Hamilton. » Téléphone. France Télécom va accroître son dispositif permettant aux coureurs de téléphoner, le matin au village, pour passer à trois portables et cinq fixes le nombre d’appareils. En ces premiers jours, les cyclistes de Kelme, CSC et Mapei se sont montrés les plus assidus. En revanche, chez eux, les Français ne se sont pas bousculés. Tondeuse. Didier Rous (Bonjour) s’est transformé en coiffeur, étant le maître d’œuvre d’une coupe d’été, très rase, pour ses camarades Damien Nazon, Franck Bouyer, Emmanuel Magnien et Jérôme Pineau. Tourmalet. Habitué des départs d’étape du Tour, le président de la Fédération française de rugby Bernard Lapasset a décidé de reporter à l’année prochaine sa visite dans les Pyrénées. Le Bigourdan est en effet en pleine période d’entraînement en vue du défi qu’il a lancé au manager Jo Maso, au vice-président fédéral Jean Dunyach et au vice-président du Comité Armagnac-Bigorre Tony Martin dans l’ascension du Tourmalet. Karting. L’homme qui ouvre la voie à la caravane publicitaire dans une voiture transformée en bouteille n’est autre que le double champion de France de kart-cross, le Bordelais Yannis Dubourg. Ministre. Le ministre belge du Bien public Henri Daems était l’invité de marque de la troisième étape, mardi. Amateur de vélo, il fut à la base de la création de Domo-Farm Frites en demandant une aide de la Loterie nationale, en attendant la naissance l’an prochain de Lotto-Domo, qui s’appuiera sur 80 % de coureurs belges. Équipe mystère. Noël De Melulenaere, un industriel belge dans la confection des tapis, fera une visite mercredi au village d’Épernay au cours de laquelle il devrait annoncer la création d’une mystérieuse équipe cycliste. Chars. Des chars de combat du 40e régiment d’artillerie et des 501e et 503e régiments de chars, placés le long de la voie de la Liberté à Suippes, ont salué le passage du Tour. Multiplication. Le nouveau champion de France Nicolas Vogondy s’étonne, de jour en jour, des sollicitations dont il fait l’objet. « En gros, explique le coureur de fdjeux.com, elles sont multipliées par quinze. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Robbie McEwen a conclu au sprint une journée australienne, hier à Reims, dans le Tour de France dont il a enlevé la troisième étape devant l’Allemand Erik Zabel, nouveau porteur du maillot jaune. Trois des quatre représentants de l’île-continent ont fait parler d’eux. Robbie McEwen et Baden Cooke pour les premières places, le malheureux Stuart O’Grady en queue de peloton, à cause d’une poussée de tachycardie – jusqu’à 235 pulsations/minute ! – qui lui a occasionné des sueurs froides sur les routes tranquilles de Champagne. O’Grady, symbole d’une équipe Crédit Agricole qui cumule les ennuis depuis le départ de Luxembourg (Moreau, Hushovd), a consulté le médecin-chef de la course, le Dr Gérard Porte. Puis il a repris place dans le peloton qui, par chance, a abordé groupé les dernières longues lignes...