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Actualités - Chronologie

Madagascar Les soldats de Ravalomanana accueillis en héros à Antsiranana

Les troupes du président malgache Marc Ravalomanana ont été acclamées jeudi par la population du grand port d’Antsiranana, l’ex-Diego Suarez, qui était l’avant-dernier bastion du président sortant Didier Ratsiraka. Un détachement de 180 hommes est entré dans la ville en défilant, a indiqué le général Petera Behajaina, qui emmenait ce cortège en tant que commandant de la région militaire d’Antsiranana. Le reste des militaires étaient restés au-dehors, pour sécuriser les abords, a-t-il précisé. L’armée de M. Ravalomanana avait pris Diego la veille de la reconnaissance officielle de M. Ravalomanana, mercredi, par le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. M. Ratsiraka est retranché depuis quatre mois à Toamasina, le grand port de la côte est, son ultime bastion, avec ce qui reste de son gouvernement et ses proches. Quatre d’entre eux ont encore fui ces derniers jours en bateau pour se réfugier sur l’île française de La Réunion. Les éléments précurseurs des troupes de M. Ravalomanana et des militaires qui avaient déjà rallié son camp à Antsiranana s’étaient emparés mardi des points stratégiques de la ville, sans aucune résistance en dehors de l’aéroport, à 7 km du centre-ville, où des combats ont fait un mort, un soldat du camp Ratsiraka. La veille, les autorités ratsirakistes et les officiers qui dirigeaient le dernier carré de militaires fidèles à M. Ratsiraka avaient déserté la ville. Ils avaient été suivis presque immédiatement par les nombreux jeunes miliciens recrutés et armés par le régime de M. Ratsiraka. Ces miliciens avaient transformé Diego en ville morte ces dix derniers jours, se livrant à des violences et pillages en toute impunité, selon de très nombreux témoignages. Jeudi après-midi, les troupes de M. Ravalomanana ont été présentées à une foule de plusieurs milliers de personnes, sur la place de la mairie, la place Foch. « Vive les libérateurs », criaient les habitants, à proximité d’un véhicule blindé léger sur lequel des enfants et des femmes arborant des tee-shirts à l’effigie de M. Ravalomanana congratulaient les soldats armés. « Il n’y a jamais eu autant de monde sur cette place depuis la venue du général de Gaulle, en 1958 », se rappelait le vieux Joseph, qui fait figure de mémoire locale. La foule réunissait côte à côte les représentants des ethnies des hauts-plateaux, dont celle de M. Ravalomanana, les Merina, et les Côtiers, la communauté d’origine de M. Ratsiraka, dont le camp n’a cessé depuis le début de la crise d’attiser les vieilles rancœurs ethniques. Beaucoup de Hauts-plateaux, traqués systématiquement par les miliciens, avaient trouvé refuge chez des amis côtiers, témoignent nombre d’entre eux. « Les gens ont commencé à sortir seulement, quand ils ont été sûrs que les miliciens étaient partis », témoigne un expatrié français. « C’était le règne de la “voyoucratie”, on leur avait donné une Kalachnikov et ils se payaient sur le dos de la bête », assure Jean-Marc, un de ses collègues expatriés. « Les miliciens du lieutenant-colonel Ancelin Coutiti sont venus à l’université rafler et tabasser plusieurs de mes étudiants, qu’ils ont emmenés comme otages parce qu’ils étaient des hauts-plateaux », témoigne un professeur d’université merina qui veut rester anonyme. « Depuis dix jours, je me terrais, je ne suis sorti que ce matin et je ne peux laisser éclater ma joie, car je suis sans nouvelles de ces étudiants. On craint le pire », souffle-t-il. Coutiti est l’un des officiers les plus extrémistes du camp Ratsiraka. Depuis six mois, il écumait tout le nord du pays à la tête de commandos militaires et miliciens, arrêtant, tabassant, torturant et tuant ceux qu’il soupçonnait d’être des partisans de M. Ravalomanana. Les soldats ont pour mission de nettoyer la ville des miliciens éventuellement cachés et de rechercher les traces de 71 otages que Coutiti avait enchaînés le 24 juin aux grilles du gouvernorat. Plusieurs d’entre eux avaient été libérés contre une rançon mais on est sans nouvelle des autres.
Les troupes du président malgache Marc Ravalomanana ont été acclamées jeudi par la population du grand port d’Antsiranana, l’ex-Diego Suarez, qui était l’avant-dernier bastion du président sortant Didier Ratsiraka. Un détachement de 180 hommes est entré dans la ville en défilant, a indiqué le général Petera Behajaina, qui emmenait ce cortège en tant que commandant de la région militaire d’Antsiranana. Le reste des militaires étaient restés au-dehors, pour sécuriser les abords, a-t-il précisé. L’armée de M. Ravalomanana avait pris Diego la veille de la reconnaissance officielle de M. Ravalomanana, mercredi, par le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. M. Ratsiraka est retranché depuis quatre mois à Toamasina, le grand port de la côte est, son ultime bastion, avec ce qui...