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Actualités - Chronologie

En 1962, une liesse démesurée a accueilli l’événement(photo)

Les Algériens ont donné libre cours à une liesse à la mesure de l’événement, l’indépendance fêtée le 5 juillet 1962, qui mettait fin à 132 ans d’occupation française devant des Français indécis, terrés dans leurs maisons. En réalité, la fête a commencé le 1er juillet, lorsque des millions d’Algériens ont déferlé dans les bureaux de vote pour s’exprimer, par référendum, sur l’indépendance ou non de leur pays. Ostensiblement, les électeurs ont glissé le bulletin « oui » dans les urnes, ignorant les isoloirs. Dehors, sur les murs, d’énormes inscriptions à la peinture recouvrent les « OAS (Organisation armée secrète) vaincra » et les croix de Lorraine, rappellant qu’il faut « voter oui ». Dans les centres de vote surveillés par des militaires français débonnaires et pas très regardants, les Algériens se sont rués dès les premières heures. La plupart des bureaux de vote ont fait le plein dès le début de l’après-midi. « Jamais depuis cette date, je n’ai assisté à un telle affluence, une telle mobilisation, un tel engouement des Algériens pour une élection », raconte Hadj Omar qui avait 30 ans lorsqu’il avait voté pour « la première et dernière fois » de sa vie. Il précise que, déçu par « ce qu’est devenue l’Algérie prise en otage par le FLN » (Front de libération nationale, parti unique), il n’a plus participé à une élection. Les Algériens n’avaient pas cessé de danser et de chanter jour et nuit depuis pratiquement le 19 mars et l’annonce du cessez-le-feu. Dans les quartiers européens, ceux qui espéraient rester, font le dos rond, observant derrière leurs volets clos et écoutant les clameurs de la foule venue les narguer. Mais le jour même où les Algériens ont fêté officiellement leur indépendance qu’ils voulaient faire coïncider avec la chute d’Alger, le 5 juillet 1830, des heurts sanglants se sont produits à Oran (440 km à l’ouest d’Alger) entre « Européens et musulmans », précipitant le départ des Français. Des milliers d’Algériens ont envahi les quartiers européens pour manifester devant les habitants des quartiers chics qui leur étaient quasiment interdits pendant la guerre (1954-1962). Mais pendant la manifestation, des coups de feu sont tirés, créant une grande panique. Des rumeurs circulent sur des ultras de l’OAS qui seraient revenus pour se venger. L’OAS avait cessé sa campagne d’attentats commencée en mars, après un accord signé avec les autorités provisoires algériennes en juin. Des affrontements sanglants ont alors opposé, le 5 juillet à Oran (ouest), Algériens et Européens, dont beaucoup étaient armés, faisant entre 100 et 200 morts, dont une trentaine d’Européens, selon différentes estimations, alors que la rumeur parlait de centaines de morts et d’enlèvements, la hantise des Européens. Des bateaux sont réquisitionnés pour faire face à l’afflux des rapatriés qui débarquent par milliers dans les ports de Marseille, Nice et Sète (sud de la France). On estime à près d’un million le nombre des Français rapatriés entre mars et septembre 1962. Le reste des inconditionnels partira après l’annonce, en octobre 1963, par le président Ahmed Ben Bella, élu en septembre, de la nationalisation des biens des colons français en Algérie. Le laborieux édifice mis en place par les accords d’Évian, prévoyant le maintien d’« une forte minorité française » en Algérie, déjà ébranlé par l’OAS, commence, peu à peu, à s’écrouler avec la radicalisation du régime algérien « socialiste », notamment l’arrivée au pouvoir du colonel Houari Boumediene, le 19 juin 1965, après un coup d’État contre Ben Bella.
Les Algériens ont donné libre cours à une liesse à la mesure de l’événement, l’indépendance fêtée le 5 juillet 1962, qui mettait fin à 132 ans d’occupation française devant des Français indécis, terrés dans leurs maisons. En réalité, la fête a commencé le 1er juillet, lorsque des millions d’Algériens ont déferlé dans les bureaux de vote pour s’exprimer, par référendum, sur l’indépendance ou non de leur pays. Ostensiblement, les électeurs ont glissé le bulletin « oui » dans les urnes, ignorant les isoloirs. Dehors, sur les murs, d’énormes inscriptions à la peinture recouvrent les « OAS (Organisation armée secrète) vaincra » et les croix de Lorraine, rappellant qu’il faut « voter oui ». Dans les centres de vote surveillés par des militaires français débonnaires et pas très regardants,...