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Le football français s’offre une guerre de succession

À défaut de célébrer les exploits des Bleus, le football français s’offre pour les vacances une mini-guerre de succession qui pourrait bien devenir le feuilleton de l’été. On croyait depuis l’étonnant délai de réflexion accordé à Roger Lemerre que son futur serait scellé le week-end prochain à Lyon avec l’annonce par le conseil fédéral du nom du sélectionneur français pour l’Euro 2004. Mais le président de la FFF, Claude Simonet, a laissé entendre hier dans France Football que le suspense pourrait être maintenu jusqu’au 26 juillet. Où les choses bloquent-elles ? Dans la désignation d’un successeur idéal ? Ou dans le refus de Roger Lemerre de démissionner et d’endosser toute la responsabilité de l’échec patent des Bleus à la Coupe du monde ? Peut-être dans la réticence de la FFF à le débouter ? Dans le montant de ses indemnités ? Alors que, pour l’heure, le principal favori à la succession de Roger Lemerre est peut-être Roger Lemerre lui-même, les candidats n’ont pas manqué de se faire connaître ou coopter par ceux qui, à terme, prendront la décision. Claude Simonet a ainsi indiqué clairement à France Football qu’il privilégiait la piste Jean-François Domergue. « Il a passé huit ans comme manager au PSG, il entraîne désormais Le Havre, qu’il a fait remonter en D1 », estime le président de la FFF. Mais ce choix se heurte à l’inexpérience de ce poulain de 45 ans, qui pendant huit ans à Paris s’occupait surtout d’intendance, et aux réticences de Michel Platini, véritable éminence grise dont l’ombre plane sur les tractations en cours. Candidats Simonet a admis que le choix de l’ancien capitaine et sélectionneur de l’équipe de France, qu’il a beaucoup consulté, se portait sur Jacques Santini. L’ancien entraîneur lyonnais, qui n’a plus les mains liées depuis sa démission de l’OL au lendemain du sacre, a l’expérience, l’autorité et la compétence, mais ceux qui reprochaient à Lemerre son incommunicabilité risquent d’en être pour leurs frais. Santini est un homme tout aussi secret. Restent les candidatures spontanées d’Alain Giresse, consensuel, mais jugé trop « gentil » par certains et dont les expériences d’entraîneur ne furent guère concluantes et de Philippe Troussier, l’ancien sélectionneur du Japon, peut-être trop « franc-tireur ». Luis Fernandez, lui, n’est pas candidat. L’homme de terrain du PSG a indiqué dans L’Équipe ne pas faire partie des côteries qui conduisent à ce poste. « Je ne suis pas l’ami d’un ami, je ne suis pas un suceur de roue. Il faudrait être bête pour ne pas comprendre comment ça fonctionne », a déclaré le bouillant entraîneur parisien. La seule unanimité pour l’instant se fait dans l’hommage voilé rendu à Lemerre, qui avait tout de même conduit les Bleus à la victoire dans l’Euro 2000 et que tous ses successeurs potentiels refusent d’accabler. Fernandez : « Il a sa part de responsabilités, mais pas assez pour sauter. » Giresse : « Lui donner toute la responsabilité de l’échec, c’est aller un peu vite. » Et si les hypothèses se multiplient sur les noms et les profils, la grande explication sur les causes de la déroute asiatique se fera en famille et ce dès ce week-end à Lyon. Et les joueurs ? La FFF procédera à « un debriefing minutieux, sans complaisance de la Coupe du monde 2002, et recherchera les raisons d’une élimination prématurée », a indiqué la fédération la semaine dernière. « Ce travail se poursuit sereinement, professionnellement, et les conclusions en seront communiquées au conseil fédéral du 5 juillet et à l’assemblée fédérale du 6 juillet », a ajouté la FFF. De ce « debriefing » dépend peut-être l’avenir de Roger Lemerre. Car comme l’écrivent Éric Maitrot et Karim Nezdjari dans un ouvrage parfaitement documenté, De la gloire à la désillusion, l’histoire secrète des Bleus, Roger Lemerre refuse d’être le bouc émissaire de l’échec. « Alors que les marchandages d’arrière-cour battent leur plein pour savoir qui pourrait bien ramener la paix au sommet et relancer la machine du football français, les grands absents sont les joueurs », écrivent-ils. « Sans doute, vu l’agitation médiatique du moment, craignent-ils que leur tour n’arrive. Qu’on leur demande à eux aussi de rendre des comptes sur ce ratage sportif sans précédent », ajoutent-ils. Mais ce sera précisément la mission du nouveau sélectionneur que de décider qui est digne ou pas de porter le maillot bleu, un peu délavé par cette Coupe du monde 2002.
À défaut de célébrer les exploits des Bleus, le football français s’offre pour les vacances une mini-guerre de succession qui pourrait bien devenir le feuilleton de l’été. On croyait depuis l’étonnant délai de réflexion accordé à Roger Lemerre que son futur serait scellé le week-end prochain à Lyon avec l’annonce par le conseil fédéral du nom du sélectionneur français pour l’Euro 2004. Mais le président de la FFF, Claude Simonet, a laissé entendre hier dans France Football que le suspense pourrait être maintenu jusqu’au 26 juillet. Où les choses bloquent-elles ? Dans la désignation d’un successeur idéal ? Ou dans le refus de Roger Lemerre de démissionner et d’endosser toute la responsabilité de l’échec patent des Bleus à la Coupe du monde ? Peut-être dans la réticence de la FFF à le...