L’Allemagne a fini par s’incliner en finale de la Coupe du monde de football. Venue en Corée avec comme modeste objectif de se qualifier pour le deuxième tour, la Mannschaft a bien failli décrocher la lune de Yokohama en finale, hier, face au Brésil. Pour en arriver là, l’équipe de Rudi Voller a utilisé des vertus propres au football allemand de toujours, à savoir puissance physique, organisation tactique et sens de la discipline. Pratiquant un jeu systématiquement décrié par les puristes, qui portent un jugement si souvent rabâché sur les performances allemandes, où se mêlent une admiration certaine et un agacement teinté de fatalisme. Force toutefois est de reconnaître que le monde est en admiration face à cette capacité qu’a le football allemand à lutter de manière totale, permanente, comme doit le faire tout sportif, y compris et surtout, quand il ne fait pas preuve d’une indéniable supériorité. À défaut d’être aussi brillante que celle de 1972, 1974 ou encore 1990, celle-ci a une connaissance lucide de ses forces et de ses faiblesses. Prenant conscience de ses forces du moment, elle a agi en conséquence, ce qui constitue incontestablement un vrai succès stratégique. Sans faire vraiment pâmer les esthètes, elle a su gagner dans la limite de ses moyens. D’autres, dont le bagage annoncé était infiniment plus lourd, sont rentrés au pays depuis longtemps. Pour se retrouver une septième fois en finale, l’Allemagne n’a volé personne. À l’extraordinaire potentiel technique de la Selecao, la Mannschaft opposa hier son jeu fondé sur la puissance. Puisant dans leur éternelle mentalité de compétiteurs imperturbables, appliquant à la lettre la tactique choisie par l’entraîneur, les Allemands n’ont jamais refusé le jeu direct vers le but, s’octroyant même le monopole du milieu de terrain pendant une bonne heure de jeu. C’était le maximum que l’Allemagne pouvait faire hier. Ce fut insuffisant. Car le Brésil alignait hier un extraordinaire réservoir d’individualités qui ont su, au bon moment, faire pencher la balance en leur faveur. D’autant plus que l’Allemagne n’était pas précisément servie par la chance hier : trahie au mauvais moment par son gardien, infaillible jusque-là, et privée de son talentueux meneur de jeu Ballack, suspendu, c’en était décidément trop pour une équipe qui avait déjà dû composer avec de nombreuses défections avant le coup d’envoi de la compétition. La défaite face au Brésil hier n’a rien de disgracieux, au contraire. En transformant ses faiblesses en force, l’Allemagne a forcé le respect de ses adversaires. Cela mérite bien d’être consideré comme une leçon d’humilité victorieuse. Quoi qu’il en soit, après une disette qui a duré l’espace de deux Coupes du monde, les supporters de la Mannschaft (si nombreux au Liban) peuvent de nouveau être rassurés. L’Allemagne est redevenue une grande nation de football qui donne d’ores et déjà rendez-vous à la planète foot chez elle dans quatre ans. Auf Wiedersehen, Deutschland... M.H.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemagne a fini par s’incliner en finale de la Coupe du monde de football. Venue en Corée avec comme modeste objectif de se qualifier pour le deuxième tour, la Mannschaft a bien failli décrocher la lune de Yokohama en finale, hier, face au Brésil. Pour en arriver là, l’équipe de Rudi Voller a utilisé des vertus propres au football allemand de toujours, à savoir puissance physique, organisation tactique et sens de la discipline. Pratiquant un jeu systématiquement décrié par les puristes, qui portent un jugement si souvent rabâché sur les performances allemandes, où se mêlent une admiration certaine et un agacement teinté de fatalisme. Force toutefois est de reconnaître que le monde est en admiration face à cette capacité qu’a le football allemand à lutter de manière totale, permanente, comme doit le faire...