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Actualités - Chronologie

Le Canada a tenu son pari d’un sommet « différent »(photo)

Les manifestations sont restées bon enfant, les dirigeants sont partis ravis de leurs échanges informels et l’Afrique s’est cramponnée à l’ordre du jour : le Premier ministre canadien Jean Chrétien pouvait s’estimer satisfait d’avoir hissé le sommet du G8 sur le promontoire de Kananaskis.Après les fastes des dernières années, le Canada avait voulu renouer avec l’atmosphère plus simple des premiers rendez-vous, choisissant cette petite station rustique des Rocheuses canadiennes pour des débats moins gourmés, dépouillés du pesant protocole. « Nous devions faire les choses différemment. C’était devenu un grand show », a expliqué Jean Chrétien. Surtout, il fallait mettre les Huit à l’abri des violentes manifestations antimondialisation qui avaient rassemblé l’an dernier à Gênes, en Italie, des centaines de milliers de militants et s’étaient soldées par la mort de l’un d’entre eux sous les balles d’un carabinier. En fait, les manifestations n’ont jamais rassemblé plus de 3 000 personnes à Calgary, la métropole située à une heure de route, ou quelques centaines dans la capitale canadienne Ottawa. Séances de tricot, spectacles improvisés, manifestants dénudés... les militants ont fait preuve d’imagination et non de violence. Pas une vitre n’a été cassée. La seule victime restera un ours, mort accidentellement après s’être approché trop près des forces de sécurité dans le parc de Kananaskis. Bien sûr, l’isolement de la station et l’éloignement de Calgary de tous les grands centres de contestation ont joué leur rôle, mais le Canada peut aussi se targuer d’un long travail de concertation avec des organisations de militants, allant même jusqu’à participer au financement d’un « contre-sommet » à l’Université de Calgary. À cent kilomètres de là, protégés par des batteries antimissiles, cernés par un périmètre de sécurité, loin de la foule et des journalistes, les Huit ont pu deviser dans le calme, n’ayant qu’à descendre de leurs chambres pour s’asseoir à la table de travail. « Nous voulions un sommet différent dans un beau cadre. Nous avons réussi », a lancé M. Chrétien selon qui plusieurs de ses hôtes lui ont « confié que c’était le meilleur site ». « Ici, c’était strictement du travail. » La preuve, a-t-il souligné, son seul moment de détente a été la dégustation avec le président français Jacques Chirac d’une bière, qu’il n’a même pas eu le temps de finir. Ses partenaires ont en tout cas été séduits. Un sommet « très informatif, amical et intéressant », a laissé tomber le Russe Vladimir Poutine, tandis que l’Allemand Gerhard Schröder se félicitait des « courts trajets » permettant des « discussions approfondies ». « Il y a ici des problèmes dont nous avons discuté qui n’auraient pas été évoqués (...), si nous ne nous étions pas rencontrés. Et le plan africain est le résultat de ceci », a souligné le Britannique Tony Blair. Jacques Chirac, qui doit organiser le G8 l’an prochain, va en tout cas en prendre de la graine, même s’il ne sait pas encore où il va convier ses collègues. « Bien préparé », « un contact facile », « ouvert sur le monde », le Français n’a pas tari d’éloges sur ce sommet montagnard. Hommage qui ira droit au cœur de Jean Chrétien : Jacques Chirac entend encore faire du G8 2003 celui de l’Afrique. Car le Canadien a lutté pour maintenir l’aide au continent le plus pauvre au cœur des débats, malgré la polémique soulevée par le plan sur le Proche-Orient du président américain George W. Bush. Certains, à commencer par les ONG, pourront reprocher au G8 d’avoir peu offert de concret à l’Afrique, il n’en demeure pas moins que les grandes puissances se sont désormais emparées du dossier et n’entendent plus le lâcher.
Les manifestations sont restées bon enfant, les dirigeants sont partis ravis de leurs échanges informels et l’Afrique s’est cramponnée à l’ordre du jour : le Premier ministre canadien Jean Chrétien pouvait s’estimer satisfait d’avoir hissé le sommet du G8 sur le promontoire de Kananaskis.Après les fastes des dernières années, le Canada avait voulu renouer avec l’atmosphère plus simple des premiers rendez-vous, choisissant cette petite station rustique des Rocheuses canadiennes pour des débats moins gourmés, dépouillés du pesant protocole. « Nous devions faire les choses différemment. C’était devenu un grand show », a expliqué Jean Chrétien. Surtout, il fallait mettre les Huit à l’abri des violentes manifestations antimondialisation qui avaient rassemblé l’an dernier à Gênes, en Italie, des...