Une pétition d’un millier de Palestiniens réclamant la fin des attentats-suicide contre les civils israéliens divise les Palestiniens sur les méthodes à employer pour lutter contre l’occupation, estimaient samedi des analystes. À l’instar de nombreux Palestiniens, Hatem Abdel Qader, un responsable du Fateh, le mouvement du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, a critiqué la pétition pour avoir omis de lier les opérations-suicide à l’occupation israélienne. « Nous ne pouvons pas parler de ces attaques-suicide sans préciser qu’elles se produisent en réaction à la guerre que mène (le Premier ministre israélien Ariel) Sharon contre nous », a-t-il déclaré. Cette pétition a été lancée mercredi dernier par une cinquantaine d’hommes politiques et d’intellectuels palestiniens, dont Sari Nusseibeh, chargé du dossier de Jérusalem au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), et Hanane Achraoui, députée palestinienne. Dans l’édition de mercredi du quotidien palestinien Al-Quds, les signataires ont exhorté « les commanditaires des opérations contre des civils israéliens à revoir leur stratégie et à cesser d’inciter des jeunes à les commettre ». Ils ont en outre estimé que « ces opérations n’aident pas notre projet national de liberté et d’indépendance ». « Elles renforcent au contraire les ennemis de la paix et donnent des prétextes au gouvernement agressif d’Ariel Sharon de poursuivre sa guerre implacable contre notre peuple », écrivaient-ils. Mais face au feu des critiques, les signataires ont ajouté vendredi un passage à leur pétition condamnant « les mesures de répression du gouvernement d’Ariel Sharon contre notre peuple, dont fait partie sa politique d’occupation, de blocus (des territoires palestiniens), et d’assassinats ». « L’occupation est à l’origine des misères de notre peuple qui a le droit et le devoir de résister », selon le nouveau texte de la pétition publiée vendredi par al-Quds. Samedi, ils étaient un millier à l’avoir signée. Selon M. Abdel Qader, le Fateh négocie actuellement avec des mouvements laïcs et islamistes palestiniens pour tenter « d’élaborer un programme politique pour l’intifada et de déterminer des méthodes de lutte ». Pour le politologue Hani al-Masri, les dirigeants palestiniens sont « pris en étau entre leur volonté d’engager des négociations de paix et de mener en même temps la résistance ». Israël a été frappé coup sur coup par deux attentats-suicide mardi et mercredi à Jérusalem, qui ont fait au total 26 morts israéliens, et par une attaque jeudi soir contre la colonie juive d’Itamar, près de Naplouse (nord Cisjordanie) dans laquelle cinq Israéliens ont péri, dont une femme et trois de ses enfants. Dès mercredi, l’armée israélienne lançait une vaste opération en Cisjordanie, reprenant le contrôle de six des huit villes autonomes palestiniennes. Jeudi, Yasser Arafat a demandé aux Palestiniens « d’arrêter totalement » les attaques, qui ont eu pour résultat immédiat d’amener le président américain George W. Bush à repousser sine die son discours devant présenter une stratégie de relance du processus de paix. Mais les mouvements radicaux du Hamas et du Jihad islamique, qui ont revendiqué de nombreux attentats-suicide ces derniers mois, ont rejeté toute trêve dans les attaques, défiant une nouvelle fois ouvertement M. Arafat. Et si nombre d’intellectuels palestiniens sont pour un arrêt des attentats, quelque 66 % de leurs compatriotes affirment au contraire « soutenir davantage » les opérations-suicide suite aux incursions israéliennes en Cisjordanie, selon un sondage publié le 12 juin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une pétition d’un millier de Palestiniens réclamant la fin des attentats-suicide contre les civils israéliens divise les Palestiniens sur les méthodes à employer pour lutter contre l’occupation, estimaient samedi des analystes. À l’instar de nombreux Palestiniens, Hatem Abdel Qader, un responsable du Fateh, le mouvement du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, a critiqué la pétition pour avoir omis de lier les opérations-suicide à l’occupation israélienne. « Nous ne pouvons pas parler de ces attaques-suicide sans préciser qu’elles se produisent en réaction à la guerre que mène (le Premier ministre israélien Ariel) Sharon contre nous », a-t-il déclaré. Cette pétition a été lancée mercredi dernier par une cinquantaine d’hommes politiques et d’intellectuels palestiniens, dont Sari...