Marc Wilmots, qui a disputé son 70e match en 11 années en sélection de Belgique hier en 8e de finale du Mondial 2002 de football face au Brésil, a dit adieu aux Diables rouges juste après la défaite avec les honneurs face au Brésil. « Dans la vie, il faut savoir fermer les chapitres. J’ai eu beaucoup d’émotions en rentrant dans les vestiaires après ce match. La sélection a été une partie très agréable de ma vie. J’avais pris cette décision avant le Mondial et je m’y tiens », a expliqué Wilmots, 33 ans depuis le 22 février. Combatif, attiré par le but, il est un des joueurs préférés des supporteurs belges qui savent quel rôle il a joué dans la qualification de son équipe pour le Mondial 2002, la septième d’affilée pour le plat pays. Le milieu de terrain offensif de Schalke 04 est en sélection nationale le leader de l’équipe. Donnant l’exemple, il se bat de le première à la dernière minute, comme devant la Russie lors du dernier match décisif où il a marqué le troisième but de la qualification en 8e de finale (3-2). Il a aussi ouvert le score devant le Japon (2-2) et la Tunisie (1-1). Doté d’une condition physique impressionnante, d’une très bonne frappe de balle et d’un jeu de tête puissant et précis, il compense ses lacunes techniques par son tempérament de gagneur. En outre, Wilmots est l’homme des buts décisifs, comme ce tir au but qui donna à Schalke 04 la victoire lors de la finale retour de la Coupe de l’UEFA contre l’Inter Milan. Cela après avoir inscrit le but du club allemand au match aller. Désillusions Né à Dongelberg, Wilmots découvre le football avec l’équipe de Jodoigne, commune située entre Bruxelles et Liège. Après un passage à Saint-Trond, il effectue ses premiers pas dans une équipe professionnelle à Malines, où il reste trois ans et joue au poste d’attaquant. Il y remporte son premier titre et devient champion de Belgique. C’est pendant cette période que le sélectionneur Guy Thys fait appel à ses services en attaque. Sa première cape date de mai 1990 contre la Roumanie (2-2), mais Wilmots n’est pas retenu pour le Mondial 90 en Italie. Pour animer le secteur offensif, les Diables rouges disposent alors de deux stars, Jan Ceulemans et Enzo Scifo. Wilmots est recruté par le Standard de Liège où il reste pendant cinq saisons, mais ne conquiert qu’une Coupe de Belgique, en 1993. Il fait partie de la sélection belge pour la World Cup aux Etats-Unis, mais il ne joue qu’un match sur les quatre des Diables rouges, qui s’arrêteront en 8e de finale, comme au Mondial asiatique en 2002. Mécontent du comportement de la sélection, il prend ses distances avec l’équipe nationale qu’il ne retrouvera qu’avant le Mondial 1998. Avec trois nuls, les Belges, pourtant invaincus, sont éliminés au premier tour. Wilmots, transféré à Schalke 04, avait pourtant donné le ton à ses coéquipiers en marquant les deux buts belges contre le Mexique. En vain. Même désillusion à l’Euro 2000 que son pays organise avec les Pays-Bas. La sélection de Robert Waseige ne passe pas le premier tour. Wilmots, père de deux enfants, tente l’expérience à Bordeaux, mais il ne reste qu’une saison en France avant de retourner à Gelsenkirchen. Après sa retraite internationale, le « Sanglier des Ardennes » peut désormais se consacrer exclusivement à son club. Sénégal : « Spectaculaire », mais a fait mieux selon Metsu Le sélectionneur français du Sénégal Bruno Metsu a estimé hier que son équipe avait disputé un « match spectaculaire » en gagnant la veille contre la Suède au but en or (2-1), mais que cette rencontre n’était pas la meilleure des Lions de la Teranga, deuxième équipe africaine à atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde de football. « Je ne trouve pas que cela soit notre meilleur match. On est trompé par l’intensité et la pression. C’était un match spectaculaire, mais pas notre meilleur », estime Metsu, qui visionnait encore la cassette de la rencontre entre l’entraînement et l’heure du dîner. « Il y a toujours des choses à corriger », poursuit le coach en place depuis novembre 2000 à la tête d’une équipe qu’il a depuis emmenée en finale de la Coupe d’Afrique des nations en janvier dernier et en quart de finale du Mondial pour sa première participation. Le capitaine Aliou Cissé contredisait à distance le sélectionneur : « La Suède est notre meilleur match en Coupe du monde. La France, c’était un contexte. Là, on perdait 1 à 0. On a eu les ressources pour revenir contre une très bonne défense. » Metsu songeait évidemment au début difficile de son équipe, menée 1 à 0 dès la 11e minute, après un but de Henrik Larsson sur une erreur de marquage. Aucune préférence La laborieuse entrée en matière du Sénégal pourrait s’expliquer par l’organisation des avant-matchs, selon Metsu : « On s’échauffe 45 minutes avant le coup d’envoi, puis on rentre pendant 20 minutes au vestiaire. L’organisation t’oblige à faire comme ça en raison du protocole. Bref, c’est comme si l’on ne s’échauffait pas. » En quart de finale samedi à Osaka, contre le vainqueur du match Japon-Turquie aujourd’hui, le coach songe à poursuivre l’échauffement dans les vestiaires pour réparer ces retards à l’allumage. Luxe rare dans une compétition, le Sénégal dispose au total de six jours de repos et de préparation entre son match contre la Suède et le suivant. Le temps de corriger ce qui ne va pas et de récupérer les blessés (Malick Diop, Ferdinand Coly, Aliou Cissé et Omar Daf). Japon ou Turquie, les derniers représentants de l’Afrique n’ont aucune préférence. « Jouer contre le pays organisateur, ce serait une grande fête », avance le défenseur Ferdinand Coly, dont les problèmes derrière le genou droit évoluent favorablement. « Que cela soit l’un ou l’autre, nous sommes prêts sur les plans physique, psychologique et tactique », affirme Cissé, qui a encore quatre bonnes journées pour se remettre de sa douleur au mollet gauche. « Il n’y a pas de préférence. C’est la Coupe du monde, il n’y a pas de mauvaise équipe. Même les équipes éliminées sont très bonnes », souligne Pape Thiaw, titularisé pour la première fois en attaque. Et si le Sénégal écrivait la plus belle page de ce Mondial 2002 aux allures de bal des outsiders ? L’Espagne reste ambitieuse, mais peut se faire du souci Qualifiée pour les quarts de finale dans la douleur (3 tirs au but à 2, 1-1 à l’issue de la prolongation) contre l’Eire, l’Espagne peut continuer à rêver au titre, mais le match de 8e de finale a mis en lumière quelques faiblesses. « On a joué avec le cœur et à l’arrivée on a eu la récompense qu’on méritait. Au final, on gagne grâce à notre volonté et parce qu’on a lutté jusqu’au bout », a affirmé Carles Puyol, l’arrière droit espagnol, un des héros de l’équipe d’Espagne dimanche contre l’Eire. La force mentale et l’abnégation des joueurs espagnols sont d’ailleurs les seules sources de satisfaction de la sélection ibérique après son terrible match contre l’Eire. En jouant à 10 contre 11, voire à 9, Luis Enrique étant lui aussi blessé pendant toute la prolongation, les Espagnols ont réussi à conserver le nul jusqu’aux tirs au but. « Sincèrement, on ne s’est même pas rendu compte qu’ils étaient à 10 », expliquait même à la fin de la rencontre Shay Given, le gardien irlandais. Les Ibériques ont, il est vrai, été héroïques pendant les trente dernières minutes et, contrairement à d’autres rendez-vous manqués lors des grandes compétitions, ils ont su tenir le choc moralement après l’égalisation de dernière minute des Irlandais et les blessures d’Albelda et Luis Enrique qui ne pouvaient être remplacés. Toutefois, si joueurs et encadrement technique espagnols soulignent ce point positif du match, il s’agit plutôt d’un arbre qui cache la forêt. À l’évidence, l’Espagne compte de nombreux points faibles. Le premier d’entre eux se nomme Javier De Pedro. Le joueur basque qui avait réalisé un beau premier match du Mondial s’est montré décevant contre la Slovénie et était lundi aux abonnés absents, marchant sur le terrain et semblant ne pas être concerné par la rencontre. Mendieta se signale Le sélectionneur José Antonio Camacho, qui l’a repêché en fin de saison pour en faire son maître d’œuvre sur les coups de pied arrêtés, l’a d’ailleurs remplacé à juste titre par Gaizka Mendieta, qui dispose d’une tout autre classe et qui, de plus, mouille le maillot. Si De Pedro s’était montré à la hauteur de sa tache, l’Espagne aurait pu remplacer Albelda blessé... Mais, plus généralement, Mendieta peut à juste titre réclamer une place de titulaire : il s’est montré des plus convaincants lors de deux matchs qu’il a joués et semble s’investir plus dans l’équipe. Pourtant, sortir De Pedro de l’équipe serait un aveu d’erreur de Camacho, qui a donné à De Pedro la responsabilité de tirer tous les coups de pied arrêtés et lui fait répéter maintes fois des combinaisons. Mendieta, droitier prêt à évoluer à gauche, a-t-il le temps de les apprendre avant le quart de finale ? Autre gros souci pour le sélectionneur : son milieu de terrain. Valeron et Baraja, impeccables dans leurs rôles offensifs au sein de leur club, doivent accomplir avec l’Espagne un travail plus défensif et leurs prestations s’en ressentent. Valeron, magicien à La Corogne, n’a pas encore assumé le rôle de meneur de jeu que Camacho attendait de lui. Ce n’est ainsi pas un hasard si presque tous les buts espagnols depuis le début du Mondial sont arrivés soit sur des coups de pied arrêtés, soit sur des passes de défenseurs ou ailiers/milieux latéraux. Valeron et Baraja ne pèsent pas ou peu offensivement, un comble pour les deux meilleurs organisateurs espagnols de la Liga cette saison.
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