Le Brésil a négocié hier son premier match délicat du Mondial 2002 de football en s’imposant sans angoisse à la Belgique tandis que la rustique machine américaine a continué d’étonner en éliminant cette fois des Mexicains décontenancés. La Seleçao, difficile à juger jusqu’alors car trop peu contestée, a rassuré ceux qui la voient en route pour une cinquième Coupe. Elle a dominé et vaincu (2-0) en huitième de finale à Kobe (Japon) des Belges appliqués, audacieux et qui ne se sont jamais résignés. Les stars ont fait la loi avec un but de Rivaldo et un second de Ronaldo, son cinquième en quatre matchs, qui a rejoint l’Allemand Miroslav Klose en tête du classement des buteurs et tient pour l’heure son pari de marquer au moins une fois par match. Le quart de finale attendu pour le 21 juin est désormais affiché : Angleterre-Brésil à Shizuoka (Japon). Battus eux aussi 2 à 0, les Mexicains ont fait les frais du réalisme américain. Pris de vitesse, dominés en puissance, ils ont été confinés dans une domination territoriale brouillonne. Sans fantaisie, avec une excellente condition physique au service d’une organisation simple, les Américains continuent d’avancer, ignorant ceux qui s’en étonnent encore. Une seule fois, contre la Pologne en match de poule, ils étaient favoris. C’est leur seule défaite (1-3). Mais, comme on ne donne déjà pas cher de leurs chances en quart de finale contre l’Allemagne vendredi à Ulsan (Corée du Sud)... Dernière levée des quarts de finale aujourd’hui avec l’Italie et la Turquie confrontées aux deux pays hôtes poussés par l’euphorie patriotique de leur public. Le Japon reçoit la Turquie, la Corée du Sud accueille l’Italie. Les Asiatiques n’ont rien à perdre. Une défaite n’ôterait rien, ou très peu, à leur performance. Pour les Européens, l’Italie en tout premier lieu, c’est exactement l’inverse. La Seleçao mouille son maillot face aux Belges Le Brésil a dû mouiller son maillot pour arracher sa qualification pour les quarts de finale du Mondial 2002 de football, en battant 2 à 0 une formation belge impressionnante, qui a donné du fil à retordre à la Seleçao, hier en huitième de finale à Kobe. Seule équipe à avoir remporté ses quatre matchs du tournoi, le Brésil, malgré le gros travail effectué par Luiz Felipe Scolari, a une nouvelle fois confirmé hier qu’il misait tout sur le talent de ses individualités pour répondre au collectif de solides formations européennes. Le Brésil rencontrera l’Angleterre en quart de finale. L’attaquant vedette d’Angleterre, David Beckham, venu en espion dans la tribune d’honneur, a dû apprécier. Le stade de Kobe avait beau être coloré entièrement de jaune et vert par les maillots brésiliens vêtus par les 42 000 supporteurs, en majorité des Japonais, la Seleçao ne voyait que du rouge dans les premières minutes. Dès la première minute, Mpenza obligeait Marcos à une claquette. Puis Vanderhaeghe frappait juste à côté des buts brésiliens (5). Ronaldo et Ronaldinho devaient même oublier leur « football samba » pour mettre le bleu de chauffe en défense. Les Diables rouges, pourtant promis à l’humiliation par les pronostiqueurs, se créaient les meilleures occasions. Sur un centre de Mpenza, Verheyen plaçait une tête au-dessus des buts de la Seleçao (15), Wilmots ratait ensuite complètement sa « bicyclette » (26) et se voyait refuser un but de la tête pour une faute énigmatique (36). Rivaldo essayait de relancer le jeu depuis le rond central, avant de monter aux avant-postes et de manquer son retourné acrobatique, sur un centre de Ronaldo (23). Rivaldo, le libérateur Ronaldo, « Il Fenomeno », était le plus en vue côté brésilien en fin de première période, mais il se heurtait deux fois à De Vlieger sorti impeccablement dans ses pieds (30 et 37). Puis le joueur de l’Inter Milan se jetait en déséquilibre sur un centre de Rivaldo, mais sa balle passait au-dessus (41). Ronaldo, comme ses camarades, rentrait ensuite aux vestiaires dépité par le 0-0 à la pause. Le capitaine courage des Diables rouges, l’inoxydable Marc Wilmots (33 ans), assurait ensuite le spectacle à lui tout seul. Il obligeait Marcos à se détendre pour détourner en corner une frappe à ras de terre (53) puis à dévier du bout du gant dans les airs un tir du gauche (63). Le salut des Auriverde venait de Rivaldo. Sur un centre de Ronaldinho, le milieu de terrain offensif de Barcelone contrôlait de la poitrine, puis du tibia gauche, avant de se retourner pour ne laisser aucune chance au portier belge (67) d’une frappe du pied gauche déviée par un défenseur. Les Belges, assommés sur le coup, se ressaisissaient bien. Goor manquait d’égaliser de la tête en profitant d’une mésentente de la défense brésilienne (74). Wilmots et Vanderhaeghe se gênaient ensuite pour gâcher une occasion en or (85). Et Ronaldo, en train de réussir son retour au plus haut niveau avec son cinquième but dans le Mondial, parachevait le succès des siens : sur un centre du véloce Kleberson, il ajustait dans sa course un ballon que le portier belge ne pouvait stopper (87). Avec désormais cinq buts inscrits depuis le début du tournoi, Ronaldo rejoint l’Allemand Miroslav Klose en tête du classement des buteurs de cette Coupe du monde. Les Diables rouges pouvaient cependant quitter le tournoi la tête haute. Regrets belges « Tout le monde, y compris nos supporters, était inquiet avant cette rencontre mais comme je l’avais dit, cette équipe se bat à chaque minute de chaque match et je suis très content d’elle », s’est réjoui le sélectionneur brésilien Luiz FelipeScolari après la rencontre. « Les joueurs ont tous tiré dans le même sens, nous savions qu’il nous faudrait marquer des buts et nous possédons les joueurs pour cela, comme Ronaldo », a d’ailleurs ajouté Scolari. Critiqués par une partie des médias belges, les Diables rouges, déjà heureux d’avoir atteint ce stade de la compétition, sont quant à eux éliminés après avoir instant cru à l’exploit quand leur capitaine Marc Wilmots a inscrit un but sévèrement refusé par l’arbitre jamaïcain Peter Prendergast en première mi-temps. « Je pense que le match aurait pu se terminer sur une grosse surprise, a regretté le sélectionneur belge Robert Waseige après la rencontre. Nous pensons tous que le but était valide, cette décision a changé le cours du match. » Mais les Belges ne possèdent pas les individualités brésiliennes. « Le talent de Rivaldo a décidé du sort du match », a constaté Robert Waseige. « La défense brésilienne peut être battue », a-t-il nénamoins ajouté. Le match est fini. Les Belges ont trop donné. Le cinquième but de Ronaldo, tout en puissance, c’est un peu la cerise sur la gâteau des exploits individuels. Le Brésil reste fidèle à son image, même si, pour une fois, sa meilleure individualité a été le gardien Marcos, un des trois Auriverde à ne pas évoluer en Europe. En fait, ce match contre la Belgique servira d’utile répétition à Scolari avant de retrouver des Anglais qui auront bénéficié de 48 heures de repos supplémentaire. « La première chose à faire, c’est de se reposer, a d’ailleurs prévenu Scolari. Ne parlons pas encore de l’Angleterre. » Ronaldo, au contraire, se projette déjà avec enthousiasme vers le prochain tour. « Le Mondial commence maintenant, chaque match va être une finale. Nous devons penser à l’Angleterre », a-t-il déclaré, estimant que le match face aux Anglais serait « très serré ».
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