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Mondial 2002 L’Argentine médiocre rejoint la France dans l’élimination(photo)

Donnée largement favorite du Mondial 2002 de football, au même titre que la France éliminée mardi, l’Argentine à son tour a quitté la compétition dès le premier tour ne justifiant jamais son statut et laissant, comme les Bleus, l’image d’une sélection manquant de réalisme et s’épuisant rapidement. Cette élimination fait le bonheur de la Suède, qui termine en tête du « groupe de la mort » et de l’Angleterre, qui a assuré le service minimum contre le Nigeria (0-0) pour assurer le petit point nécessaire à sa qualification. Le spectacle s’est déroulé dans le groupe B, où l’Espagne est la seule équipe à avoir remporté ses trois matches de poule avec trois buts à la clé à chaque match, cette fois contre l’Afrique du Sud (3-2). Les Bafana Bafana ont finalement été éliminés pour un petit but de différence au profit d’une combative équipe du Paraguay, qui a dominé à dix contre onze la Slovénie (3-1), en marquant le but décisif à six minutes de la fin. Similitudes Paradoxalement, dans la chaleur et l’humidité du Japon, ce sont deux formations scandinaves, le Danemark mardi et la Suède hier, qui ont réalisé les premiers exploits de ce Mondial en éliminant deux équipes ne comportant que des vedettes évoluant dans les plus riches clubs en Europe. Après être entrés à cent à l’heure dans le match, les coéquipiers de Gabriel Batistuta, qui a annoncé sa retraite internationale, se sont progressivement éteints, ne parvenant jamais a déséquilibrer une formation suédoise bien en place et déroulant sereinement son football (1-1). L’Argentine quitte donc prématurément la compétition, comme au Chili il y a 40 ans, alors que ses joueurs souhaitaient apporter un peu de bonheur à un pays en pleine crise. Les organisateurs sud-coréens et japonais du Mondial 2002, qui s’enorgueillissaient de compter tous les anciens vainqueurs du trophée parmi les équipes qualifiées, ont déjà vu l’élimination de trois anciens champions du monde (Uruguay, France, Argentine) et ils ne cachent pas leur inquiétude à la veille du match de l’Italie, condamnée elle aussi à la victoire pour rester maître de son destin. Dans l’autre match du groupe F, l’Angleterre n’a pas fait preuve de beaucoup d’enthousiasme contre le Nigeria, en raison sans doute aussi des 34 degrés régnant au Nagai Stadium d’Osaka. En 8e de finale, la Suède sera opposée au Sénégal le 16 juin à Oita, alors que l’Angleterre affrontera le Danemark le 15 juin à Niigata. Haletant Dans le groupe B, le final a été haletant. En tête du classement, l’Espagne, rassurée par ses débuts victorieux pour la première fois depuis 52 ans, est devenue la première équipe à réaliser le sans-faute en poule avec trois victoires avec, à la clé, trois buts par match (3-1, 3-1, 3-2). Même qualifiée avant la dernière rencontre, l’Espagne a mis un point d’honneur à jouer le jeu jusqu’au bout, s’imposant finalement au terme d’un match spectaculaire contre l’Afrique du Sud, grâce à un doublé de Raul et à un superbe coup franc de Gaizka Mendieta. Revenus deux fois à la marque, les pauvres Bafana Bafana ont finalement été devancés sur le fil par le Paraguay, qui les coiffe au profit de la meilleure attaque. Mené 1-0 et devant jouer à dix depuis la 22e minute après l’exclusion de Carlos Paredes, le Paraguay a trouvé les forces physiques et morales pour revenir à la marque et ajouter deux nouveaux buts, la qualification étant assurée par le remplaçant Nelson Cuevas, sur une action personnelle à la 84e. Le Paraguay et l’Afrique du Sud finissent ainsi à égalité de points (4), avec la même différence de buts (0), mais le Paraguay est qualifié grâce à sa meilleure attaque (+6 contre +5). En huitième de finale, l’Espagne sera opposée à l’Eire, le 16 juin à Suwon, et le Paraguay rencontrera l’Allemagne, le 15, à Seogwipo. Record : trois ex-champions du monde éliminés au premier tour Avec l’élimination de l’Argentine, hier, au lendemain de celle de la France et de l’Uruguay, c’est la première fois en 72 ans d’histoire de la Coupe du monde de football que trois anciens vainqueurs du trophée sont éliminés dès le premier tour de cette compétition. Mardi, le champion du monde en titre, la France, a été renvoyé du tournoi tout comme l’Uruguay, victorieux en 1930 et 1950. Après son match nul (1-1) face à la Suède, l’Argentine, champion du monde en 1978 et 1986, est également éliminée. Pour la première fois depuis 1990, tous les champions du monde du passé étaient présents au Mondial en Corée du Sud et au Japon. Jusqu’à présent, deux fois deux ex-champions du monde avaient dû quitter le Mondial à l’issue du premier tour. En 1962, l’Italie, victorieuse en 1934 et 1938, avait été renvoyée prématurément de même que l’Uruguay. Quatre ans plus tard, le même sort était réservé au Brésil, champion du monde en 1958 et 1962 et de nouveau à l’Italie. Les champions de 1978 et 1986 victimes du groupe de la mort Après la France mardi, l’Argentine, l’autre favorite, a été éliminée hier dès le premier tour malgré son match nul face à la Suède (1-1), hier à Miyagi. Les Argentins quittent la compétition dès le premier tour pour la première fois depuis leur non-qualification pour la phase finale en 1970. Et deux autres fois dans son histoire, elle a échoué au premier tour en 1958 et en 1962. De son côté la Suède, qui avait besoin d’un match nul, se sort du groupe de la mort en devançant l’Angleterre, tenu en échec par le Nigeria (0-0), au nombre de buts marqués. Obligé de remporter ce match, sauf à espérer une défaite de l’Angleterre par deux buts d’écart dans l’autre match du groupe contre le Nigeria, Marcelo Bielsa avait décidé de changer la composition de son équipe. Les milieux de terrain Juan Sebastian Veron et Diego Simeone faisaient les frais de la défaite face aux Anglais (1-0), au détriment de Pablo Aimar et Matias Almeyda. Après quinze minutes sans grandes actions pour réchauffer le public, surpris par la fraîcheur de Miyagi, les doubles champions du monde (1978 et 1986) prenaient le contrôle de la partie. À trois reprises, le défenseur Juan Pablo Sorin était tout près d’ouvrir la marque de la tête (14e, 16e et 20e). Le meneur sud-américain Ariel Ortega, associé à Aimar, affolait la défense suédoise qui se repliait rapidement autour de son gardien Magnus Hedman, sauveur sur la première tête de Sorin. Rapidement l’intensité retombait dans une partie seulement agrémentée par quelques frappes non cadrées de Claudio Lopez sur son côté droit (30e et 42e), tandis que ses coéquipiers se heurtaient aux mêmes difficultés que face à la muraille anglaise. Espoir et désespoirs L’exubérant Claudio Caniggia, qui n’a pas joué une seule seconde dans ce Mondial, trouvait même le moyen de se faire remarquer en passant directement du banc des remplaçants au vestiaire. Après avoir reçu un carton rouge pour des mots certainement très tendres échangés avec l’arbitre des Émirats arabes unis, Ali Bujsaim, celui qui avait officié pour le match d’ouverture France-Sénégal. La physionomie du match était identique au retour des vestiaires avec des Suédois bien repliés et des Argentins qui monopolisaient le ballon sans efficacité, tandis que les Scandinaves évoluaient en contre. Sur l’un d’eux, Almeyda était sanctionné d’un coup franc à 25 mètres face à son but. Après une feinte de frappe de Henrik Larsson, Anders Svensson déposait sa frappe dans la lucarne droite de Cavallero (59). Bielsa lançait alors deux attaquants supplémentaires, Hernan Crespo et Kily Gonzalez à la place de Batistuta et Sorin, tandis que Almeyda était sorti pour permettre l’entrée en jeu de Veron. À la 75e minute, Pochettino était même tout près de crucifier les siens en contrant un centre suédois dans les bras de Cavallero. Mais le rêve des milliers de supporteurs présents dans les tribunes, comme de ceux restés à Buenos Aires, reprenait vie avec une faute sur Ortega, sanctionnée d’un penalty (88). Le tir de Ortega était repoussé par Hedman, mais Crespo, qui aurait dû être pénalisé pour être entré dans la surface en même temps qu’Ortega, marquait. Pour donner quelques minutes d’espoir et encore plus de regrets aux Argentins. Les hommes de Marcelo Bielsa s’enterrent faute d’attaque Victime d’un secteur offensif défaillant, l’Argentine n’a pas survécu dans le « groupe de la mort », quittant la Coupe du monde plus tôt que prévu. Comme la France, l’Argentine était la grand favorite du Mondial. Comme la France, l’Argentine a péché en attaque. Comme la France, l’Argentine rentre chez elle dès la premier tour. Avant le match décisif contre les Suédois, que les doubles champions du monde devaient gagner pour s’assurer une place en huitièmes de finale, les joueurs refusaient pourtant de dramatiser ce rendez-vous suédois et d’imaginer un retour précoce dans un pays déjà meurtri par la crise économique et qui n’a plus que ses footballeurs pour rêver. Avec des individualités comme Gabriel Batistuta, Ariel Ortega, Claudio Lopez, les Sud-Américains proposaient une force de frappe impressionnante, que beaucoup espéraient voir se frotter aux buteurs des tenants du titre français, Trezeguet, Henry ou Zidane. Quarante-cinq tirs, deux buts Cette armada est quasiment restée muette avec deux buts en trois matches, dont le second, de Hernan Crespo contre la Suède, qui a repris un penalty repoussé de Ortega. Avec trois buts encaissés en autant de matches, l’arrière-garde des Argentins est apparue plutôt fébrile. Mais que dire du secteur offensif ? Contre le Nigeria : 20 tirs, un but, le 10e et dernier de « Batigol » dans un Mondial. Contre l’Angleterre, 11 tentatives sans jamais trouver la faille. Et face aux Suédois, enfin, les Sud-Américains ont buté à 14 reprises et pendant 88 minutes sur les Scandinaves, sauvés du zéro par Crespo. Dominateurs dans la possession du ballon, les joueurs de Marcelo Bielsa ont été incapables de contourner les murailles qui se dressaient devant eux. À la manœuvre, Ariel Ortega a montré qu’il était un superbe technicien, mais il n’a jamais pu offrir de caviars à ses attaquants, Batistuta notamment qui semble en bout de course. Titulaire à la place de Juan Sebastian Veron, Pablo Aimar, associé comme créateur à Ortega, a fait étalage de son potentiel, mais seulement pendant une quinzaine de minutes face à la Suède avant de disparaître. Échaudé par cette faillite, le football argentin ne doit pas renier son jeu pour autant. Offensif et spectaculaire, il reste l’un des plus attractifs de la planète. Mais les larmes de Batistuta et de ses compatriotes seront longues à sécher. L’Angleterre passe avec le programme minimum L’Angleterre a fait le programme minimum contre un Nigeria déjà éliminé (0-0), hier à Osaka, dans un dernier match, décevant, du groupe F, ce score nul permettant aux Anglais de se qualifier pour un huitième de finale contre le Danemark, et aux Nigérians de quitter le tournoi avec un petit point symbolique. Les Nigérians avaient fait passer les premiers frissons dans les dos anglais, par leurs attaquants de pointe Aghahowa et Akwuegbu (6), très remuants. Beckham répliquait en centrant pour la tête d’Owen, mais Yobo détournait en corner (8). Le rythme retombait nettement jusqu’à un centre de Mills, lancé par Butt, mais Enyeama, 19 ans, le jeune gardien nigérian, interceptait sans problème la reprise d’Heskey (18), puis un tir brossé de Beckham (20). Aghahowa, encore lui, partait tout seul jusqu’à la surface anglaise (23), puis un coup franc d’Okocha (30) était relâché par Seaman, mais Aghahowa ne réussissait pas à profiter de l’aubaine. Owen, servi par Beckham, partait tout seul dans l’axe et effaçait trois Nigérians, mais son tir était contré in extremis par Obiorah (34). Peu après, de l’autre côté, Akwuegbu obligeait Seaman à maintenir sa vigilance (37) et un boulet d’Okocha passait largement à côté (39). Aghahowa intenable Beckham envoyait un ballon très chaud dans la surface nigériane, mais ni Heskey, ni Owen, ni Butt n’arrivaient à en faire bon usage (41), puis Scholes envoyait un missile en direction de la lucarne nigériane, mais Enyeama, au prix d’une superbe détente (44), détournait le ballon sur son poteau gauche. Cela resterait la meilleure action du match, mais personne ne le savait encore. Au retour des vestiaires, Aghahowa redonnait le signal des hostilités, en faisant un festival sur la gauche de la surface anglaise (47). Conscients du danger, les Anglais tentaient bien, par Owen ou Ashley Cole, puis Beckham (53), de passer la vitesse supérieure, mais restaient sous la menace d’Aghahowa (54, 58), aussi intenable que bien surveillé par Ferdinand. De l’autre côté, Owen ratait d’un cheveu un centre tendu de son compère Heskey (59), puis après un lointain coup franc de Beckham, Butt ratait sa reprise (63) et tirait encore à côté (67) au terme d’une action lancée par un relais Sinclair-Owen. Seaman devait aller chercher le ballon sur la tête d’Opabunmi (68), puis dans les pieds d’Aghahowa (71), et Scholes partait dans un grand raid solitaire (72), stoppé par la défense nigériane. Après un superbe débordement, Cole centrait mais Owen ne pouvait que prolonger pour Sheringham, qui venait de remplacer Heskey et mettait le ballon dans les nuages (76), puis un centre-tir du même Cole flirtait avec la barre transversale d’Enyeama (79). C’est alors que les deux équipes décidaient de s’arrêter de jouer, estimant probablement en avoir assez fait.
Donnée largement favorite du Mondial 2002 de football, au même titre que la France éliminée mardi, l’Argentine à son tour a quitté la compétition dès le premier tour ne justifiant jamais son statut et laissant, comme les Bleus, l’image d’une sélection manquant de réalisme et s’épuisant rapidement. Cette élimination fait le bonheur de la Suède, qui termine en tête du « groupe de la mort » et de l’Angleterre, qui a assuré le service minimum contre le Nigeria (0-0) pour assurer le petit point nécessaire à sa qualification. Le spectacle s’est déroulé dans le groupe B, où l’Espagne est la seule équipe à avoir remporté ses trois matches de poule avec trois buts à la clé à chaque match, cette fois contre l’Afrique du Sud (3-2). Les Bafana Bafana ont finalement été éliminés pour un petit but de...