Les joueurs brésiliens, après deux victoires remportées au Mondial de football, face à la Turquie (2-1) et à la Chine (4-0) samedi, se mettent à évoquer plus ou moins ouvertement un cinquième titre mondial malgré des lacunes encore évidentes. Le Brésil reste avec l’Espagne la seule grosse équipe du tournoi à pouvoir prétendre remporter trois victoires lors de ses matchs de poule. Il semble en mesure de l’emporter face au Costa Rica. « Nous voulons les neuf points, avec tout le respect que je dois aux joueurs du Costa Rica. Cela nous donnera de la confiance pour le prochain tour », explique Roberto Carlos. Ce huitième de finale quasi assuré devrait également être à la portée de Brésiliens qui y rencontreront le Japon, la Belgique, la Russie ou la Tunisie. La Chine, qui participe à son premier Mondial, est en revanche virtuellement éliminée, après sa défaite face au Costa Rica lors de son match d’ouverture dans ce groupe C. Ses joueurs étaient là pour « apprendre », a expliqué leur entraîneur Bora Milutinovic. Face à la Turquie, les Chinois tenteront de marquer leur premier but, voire leur premier point, en Coupe du monde. « Nous savions que la Chine allait mettre la pression en début du match, alors nous avons attendu 10 ou 15 minutes avant de développer notre jeu. Nous savions aussi que nous sommes techniquement supérieurs et en avons profité. La Chine s’est beaucoup améliorée. Ils luttent bien pour prendre possession du ballon, tout en étant capables de rester relax et jouer leur jeu. Jusqu’ici, le Brésil n’a pas encore rencontré d’adversaires dangereux. C’est pourquoi nous avons obtenu de meilleurs résultats que la France, l’Argentine ou l’Italie. Mais mon équipe s’améliore de match en match », a assuré le sélectionneur. Mais après celle contre la Turquie, cette nouvelle victoire ne signifie pas grand-chose. Car, Scolari le reconnaît volontiers, le groupe C était particulièrement facile, même pour une Seleçao convalescente. Ronaldo encore Le remplacement d’Edmilson par Anderson Polga en défense est le seul changement par rapport à l’équipe alignée contre la Turquie. Il est difficile de déterminer si le joueur du Gremio Porto Allegre apporte plus que le Lyonnais. Les attaquants chinois ne disposaient pas des arguments pour inquiéter sérieusement l’arrière-garde brésilienne. Mais celle-ci a à nouveau montré d’étonnants signes de déconcentration, lors des dix premières minutes de match, ou en fin de rencontre, laissant même Qu Bo toucher le poteau de Marcos. La disposition ne semble pas non plus complètement décidée, Roque Junior, Lucio et Anderson Polga prenant successivement la conduite de la défense. En attaque, Scolari s’était plaint du manque de réalisme de ses stars face aux Turcs. Avec quatre buts, il peut légitimement se montrer plus satisfait de Ronaldo et de Rivaldo (un but chacun), épaulés par Ronaldinho Gaucho et Juninho Paulista. Avec trois buts (en plus d’un penalty) pour onze tirs, dont huit cadrés, les canonniers brésiliens ont progressé. Ronaldinho, qui a joué dans une position moins axiale que contre la Turquie, a été plus tranchant, offrant, d’un centre superbe, un but à Rivaldo avant d’être remplacé en seconde période par Denilson, qui n’a cette fois pas apporté grand-chose. Ronaldo a encore marqué et provoqué un penalty. « Je crois que maintenant, je peux marquer à tous les matchs. Je me sens très bien. Même si le coach se posait des questions au début, je crois que, maintenant, je peux encore marquer d’autres buts. Je veux aller en finale et je pense que notre équipe s’améliore et peut aller au bout », a déclaré Il Fenomeno. Il a montré quelques dribbles d’exception, mais n’a pas encore démontré qu’il avait retrouvé son explosivité et sa vitesse. S’il le fait en huitièmes de finale, le Brésil pourra recommencer à rêver, surtout si les autres favoris continuent de trébucher. La gazette – Chambré. Le geste de tricherie de Rivaldo, qui avait simulé une blessure au visage contre la Turquie après avoir reçu un ballon sur la cuisse, a inspiré ses partenaires. Vendredi à l’entraînement, Ronaldo s’est ainsi pris la tête entre les mains après avoir pris le ballon sur la poitrine, tandis que le défenseur de São Paulo, Belletti, se roulait par terre sous les rires de ses coéquipiers après une pichenette involontaire de Roberto Carlos. Le seul à n’avoir pas souri était Rivaldo. – Pyjama. Le milieu de terrain de la Suède Tobias Linderoth espère que la ferveur dans son pays à l’occasion du Mondial 2002 sera la même que celle suscitée par le Mondial 1994, quand la Suède avait terminé troisième. Lui-même, supporteur inconditionnel âgé de 15 ans à l’époque, se rappelle avoir mis le maillot de l’équipe nationale en guise de pyjama pour dormir pendant la durée de la compétition. – Pudeur ? À la fin de la rencontre Espagne-Paraguay (3-1), Iker Casillas, le gardien espagnol, est allé voir José-Luis Chilavert pour lui demander d’échanger son maillot avec le sien. Le fantasque gardien paraguayen a refusé. Les journalistes ont aussitôt conclu que Chilavert, vexé, boudait. Mais, dans la zone mixte, les deux joueurs n’ont cessé de se couvrir mutuellement d’éloges, Chilavert encensant son jeune collègue et expliquant qu’ils avaient échangé leurs maillots dans les vestiaires. Alors pourquoi avoir refusé sur le terrain ? Une explication a circulé dans la salle de presse : loin de son poids de forme, Chilavert aurait été réticent à ce qu’on filme ses bourrelets. – Respect. Les champions du monde français inspirent de moins en moins de respect aux officiels depuis qu’ils sont menacés de déchéance à la suite de leur poussif début de Mondial 2002. Peter Velappan, directeur de la coordination de l’épreuve pour la Fifa et secrétaire général de la Confédération asiatique (ACF), a ainsi commenté en termes directs la performance des Bleus depuis qu’ils sont privés de leur maître à jouer Zinedine Zidane. « Il n’y a pas de leader dans cette équipe. On dirait des poulets à qui l’on a coupé la tête et qui courent dans tous les sens. » – Pléthore. Le 8 juin est un jour prolifique en buts pour la Coupe du monde de football. Le 8 juin 1986, le Danemark a battu l’Uruguay 6-1 et la France l’a emporté ce jour en 1958 sur le Paraguay avec le score fleuve de 7-3. La rencontre entre le quadruple champion du monde, le Brésil, et la Chine, qui en est à sa première participation, samedi à Seogwipo (Corée du Sud), pourrait notamment confirmer cette statistique. – Réconciliation. Le sélectionneur national espagnol José Antonio Camacho et la presse espagnole ont définitivement enterré vendredi la hache de guerre déterrée juste avant le Mondial. Profitant d’un point de presse, les journalistes espagnols ont offert un gâteau d’anniversaire orné de buts de football à Camacho, qui fêtait ses 47 ans. Les deux victoires de l’Espagne contribuent, il est vrai, à l’optimisme ambiant. En aurait-il été ainsi si l’Espagne avait perdu ses deux matches ? – Ironie. Le sélectionneur du Nigeria Adegboye Onigbinde a fait de l’ironie une de ses principales armes en conférence de presse. À la question « pensez-vous avoir fait les bons choix pour la sélection ? » posée alors que son équipe venait d’être éliminée du premier tour du Mondial (groupe F), l’entraîneur a seulement répondu dans un sourire : « De toute façon, je ne peux plus appeler de nouveaux joueurs maintenant ». Le Nigeria doit encore affronter l’Angleterre pour l’honneur le 12 juin. – Audience (1). Quelque 4,3 millions de Suédois, soit 57,1 % de la population âgée de 9 à 79 ans du pays, ont suivi le deuxième match du groupe F entre l’Angleterre et la Suède (1-1), dimanche, un jour très ensoleillé qui fait sortir d’habitude bon nombre de Suédois de chez eux. Si 3 284 000 millions de personnes se sont branchées sur la deuxième chaîne de télévision nationale SVT 2, plus d’un million ont suivi à la radio nationale P4 les performances des « Bleu et jaune ». – Audience (2). Un record de 91 % de Pékinois disposant d’un téléviseur et regardant la télévision ont suivi la première sortie (et défaite) de la Chine en phase finale de Coupe du monde devant le Costa Rica (0-2). Dans les autres grandes villes du pays, les pourcentages oscillent entre 70 et 75 %. On ne connaît pas de chiffre sur le plan national, mais la presse avait estimé que quelque 300 millions de Chinois devraient suivre cette rencontre. Sur les 91 % de Pékinois à avoir regardé le match, 45 % étaient des femmes. – Espion(s). Le sélectionneur du Costa Rica, Alexandre Guimaraes, voit des espions partout. Il a révélé samedi qu’un individu qui avait travaillé pour l’équipe du Costa Rica faisait aujourd’hui partie de l’encadrement technique de la Turquie, prochain adversaire des Centro-Américains. Mais pire encore, l’ancien directeur technique des Costaricains était brésilien (Gilson Nunes), et après la Turquie, le Costa Rica rencontre le Brésil. – Pompon. La qualification des Bleus risque de se jouer à rien, alors la France a envoyé la marine en renfort pour encourager les champions du monde demain mardi contre le Danemark. Le navire de guerre FNS Vendémiaire (2 950 tonnes) devrait en effet mouiller aujourd’hui lundi dans le port de Pyeongtaek et ses 90 hommes d’équipage viendront donner de la voix le lendemain au stade voisin d’Incheon lors du match crucial contre les Danois. – Chaussettes. Les frontières françaises passées, être président du club champion de France, l’Olympique Lyonnais, ne dispense pas des tracas du commun des mortels. À l’aéroport de Busan, à l’aube vendredi, Jean-Michel Aulas en a fait l’expérience. Il a en effet été choisi par les physionomistes coréens parmi les passagers forcés de retirer leurs chaussures pour inspection de sécurité. Il s’est ainsi retrouvé en chaussettes sous l’œil goguenard de supporteurs français qui avaient assisté au nul des leurs la veille face à l’Uruguay. – Altoséquanais. Soixante-douze jeunes Altoséquanais et 12 jeunes Sénégalais de la banlieue de Dakar, sélectionnés par le Conseil général des Hauts-de-Seine, ont pu assister en Corée au match France-Sénégal d’ouverture du Mondial. Quatre-vingt-cinq de leurs camarades les ont suivis en week-end pour Danemark-France du 11 juin, puis pour Portugal-Corée du 14. Parmi eux, figurent 10 jeunes handicapés.
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