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La « Mannschaft » la tête haute, mais les pieds sur terre

Pas de gloriole mal placée, pas de triomphalisme précipité, juste le sentiment de la tâche (joliment) accomplie avant de poursuivre l’opération « reconquête des cœurs » : l’Allemagne joue profil bas après avoir enfoncé la très faible Arabie saoudite 8 à 0 samedi. Parce qu’elle se sent encore fragile et sans grands repères, l’équipe s’est en effet bien gardée de tomber dans l’arrogance, en partie marque de fabrique de la « Nationalmannschaft » du temps de sa gloire, au siècle dernier. Pointait toutefois hier une légère différence d’appréciation du coup de tabac de Sapporo entre le président de la riche Fédération allemande de football (DFB), Gerard Mayer-Vorfelder, et le sélectionneur Rudi Vœller. Le premier, sorti de la limousine qui l’attendait à l’aéroport de Miyazaki au pied de l’avion du retour, s’est dit « très impressionné par la performance de l’équipe ». « J’ai entendu ici et là que l’Arabie saoudite était une équipe de deuxième catégorie. Mais, que je sache, elle s’est qualifiée parmi les 32 meilleures équipes du monde! », a-t-il lancé. Et Vœller de répondre indirectement : « Nous sommes bien partis, nous nous réjouissons de la victoire, ni plus, ni moins. On sait que l’Arabie Saoudite ne prendra plus aucun point, bien que je ne l’espère pas. L’Irlande, mercredi, sera d’un tout autre calibre ». Oublier Sapporo, mais « conserver l’appétit » : tel est donc la ligne de conduite allemande, après ce score d’un autre temps qui la place au quatrième rang des « cartons » réalisés en Coupe du monde. Seules la Hongrie (en 1954 et 1982) et la Yougoslavie (1974) avaient fait mieux, creusant un gouffre de neuf buts d’écart. Les cendres de l’Euro Privé de quatre titulaires (Scholl, Deisler, Nowotny et Wœrns) restés au pays pour cause de blessures, la formation de Rudi Vœller a en tout cas « emmagasiné de la confiance » lors de son concours de buts samedi, comme l’explique le milieu Bernd Schneider. C’était précisément l’objectif de Vœller, qui n’avait jamais aligné auparavant ce onze de départ. Elle a aussi redonné un début de foi à ce pays aux 6,2 millions de licenciés (et autant de sélectionneurs, dit-on), encore très sceptique sur les capacités de son équipe à montrer du jeu. Sans doute les cendres de l’Euro-2000, où l’Allemagne avait atteint les bas-fonds lors de son élimination dès le premier tour, fument-elles encore... Le grand mérite de cette reprise en main – à confirmer, donc – revient notamment à Miroslav Klose. À 23 ans, l’attaquant de Kaiserslautern a inscrit trois buts (tous de la tête) pour son premier match en Coupe du monde, son troisième triplé avec la « Nationalmannschaft » cette saison après Israël et l’Autriche. « C’est clair, il a été la vedette de la soirée. L’équipe a su aussi jouer pour lui », a reconnu Vœller, précisant qu’il voulait le « protéger un peu de l’effervescence médiatique ». C’est que les journalistes allemands n’ont pas manqué de raviver quelques glorieux souvenirs : « Tient-on là le nouveau Gerd Mueller ? ». « Personne n’atteindra son record » de 68 buts en sélection, a répondu Vœller. Il en sait quelque chose : il s’était échiné en vain à rattraper le « bombardier ». Avec 47 buts au compteur final, tout de même.
Pas de gloriole mal placée, pas de triomphalisme précipité, juste le sentiment de la tâche (joliment) accomplie avant de poursuivre l’opération « reconquête des cœurs » : l’Allemagne joue profil bas après avoir enfoncé la très faible Arabie saoudite 8 à 0 samedi. Parce qu’elle se sent encore fragile et sans grands repères, l’équipe s’est en effet bien gardée de tomber dans l’arrogance, en partie marque de fabrique de la « Nationalmannschaft » du temps de sa gloire, au siècle dernier. Pointait toutefois hier une légère différence d’appréciation du coup de tabac de Sapporo entre le président de la riche Fédération allemande de football (DFB), Gerard Mayer-Vorfelder, et le sélectionneur Rudi Vœller. Le premier, sorti de la limousine qui l’attendait à l’aéroport de Miyazaki au pied de l’avion...