Le risque du premier conflit nucléaire mondial suscite l’inquiétude de la communauté internationale dont les dirigeants tentent de convaincre l’Inde et le Pakistan de renoncer à une confrontation qui pourrait faire des millions de morts. Alors que la menace de déflagration nucléaire entre superpuissances durant la guerre froide semblait trop horrible pour être envisagée, le risque est bel et bien présent entre les deux vieux rivaux d’Asie du Sud, qui se sont déjà affrontés par trois fois de manière conventionnelle, et a sonné l’alarme en Occident. Les présidents des États-Unis et de Russie, qui ont signé des accords de réduction de leur propre arsenal, ont appelé à la retenue un Pakistan qui a procédé le week-end dernier à deux essais de missiles balistiques dans un contexte de tension extrême avec son voisin. Le président Vladimir Poutine s’est dit très inquiet de l’escalade. George Bush a fait de même et le Français Jacques Chirac, en téléphonant au président pakistanais, a dit que la tension « pourrait conduire au désastre ». Pour le secrétaire d’État américain, Colin Powell, « chaque fois que vous avez deux armées aussi proches et un tel niveau de tension, la probabilité d’un déclenchement d’hostilités existe, et tous deux possèdent l’arme nucléaire. C’est une source d’inquiétude pour tous ». M. Powell a exhorté Islamabad et New Delhi à « laisser la communauté internationale les aider à trouver une voie politique pour résoudre la situation ». Leurs craintes ne devraient guère s’apaiser à la lecture de déclarations de Pervez Musharraf au Washington Post, selon lequel la situation est « extrêmement explosive ». Selon le magazine britannique New Scientist, un conflit nucléaire entre les deux pays, même « limité », causerait au moins trois millions de morts et 1,4 million de blessés graves. Le premier test nucléaire pakistanais, en 1998, avait bouleversé l’Occident puisqu’il confirmait l’existence officielle d’au moins une « bombe islamique ». Samedi, peu après le test de son missile, le président Musharraf qui s’adressait à une assemblée de religieux s’était félicité de ce que son pays dispose de la puissance nucléaire, puis répété par trois fois Allah Akbar (Dieu est grand). L’islam est au cœur de la tension entre l’Inde et le Pakistan qui se disputent la région himalayenne du Cachemire, peuplée majoritairement de musulmans et tombée sous la férule indienne à la fin de la colonisation britannique en 1947. Le seul élément nouveau de la difficile équation des relations indo-pakistanaises depuis plus de 50 ans, est le ralliement d’Islamabad à la coalition antiterroriste mondiale, dont l’activité principale se déroule actuellement en Afghanistan, à la frontière occidentale du Pakistan. Le Pakistan aurait déjà retiré une partie de ses troupes de la frontière Ouest pour regarnir celle de l’Est avec l’Inde.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le risque du premier conflit nucléaire mondial suscite l’inquiétude de la communauté internationale dont les dirigeants tentent de convaincre l’Inde et le Pakistan de renoncer à une confrontation qui pourrait faire des millions de morts. Alors que la menace de déflagration nucléaire entre superpuissances durant la guerre froide semblait trop horrible pour être envisagée, le risque est bel et bien présent entre les deux vieux rivaux d’Asie du Sud, qui se sont déjà affrontés par trois fois de manière conventionnelle, et a sonné l’alarme en Occident. Les présidents des États-Unis et de Russie, qui ont signé des accords de réduction de leur propre arsenal, ont appelé à la retenue un Pakistan qui a procédé le week-end dernier à deux essais de missiles balistiques dans un contexte de tension extrême avec son...