Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

KIRGHIZSTAN Le malaise politique et social risque de dégénérer en guerre civile

La montée des protestations au Kirghizstan menace la stabilité de ce petit pays d’Asie centrale aux prises avec une grave crise politique et sociale, laquelle pourrait dégénérer en guerre civile, selon des experts. Une série de manifestations a secoué cette ancienne république soviétique la semaine dernière alors que dans le Sud, près de la frontière chinoise, au moins 10 000 personnes bloquaient une route menant à la capitale Bichkek. Les manifestations ont débuté lundi dernier après que la Chambre basse du Parlement kirghize eut ratifié un accord avec la Chine aux termes duquel Bichkek cède à Pékin un territoire frontalier de 90 000 ha. Les protestataires réclament l’annulation de l’accord frontalier et l’arrêt des persécutions visant l’opposition kirghize, particulièrement le député Azimbek Beknazarov, un farouche opposant à l’accord. Face à l’escalade de la tension, un ancien ministre de la Défense, Myrzakan Soubanov, a évoqué la possibilité que le conflit « débouche sur une guerre civile ». Déjà en mars, le Kirghizstan avait été le théâtre d’une des pires effusions de sang depuis son indépendance lors d’affrontements entre la police et des manifestants dans la région d’Aksy (sud) qui avaient fait cinq morts et des dizaines de blessés. Les récentes manifestations exigent d’ailleurs que soient menées des enquêtes supplémentaires concernant les violences commises dans la région d’Aksy. Une commission d’enquête a récemment conclu à un usage « illégal » de leurs armes par les forces de l’ordre et a critiqué l’incapacité des dirigeants des services de sécurité à prévoir les désordres. Plusieurs experts estiment que l’incapacité du gouvernement à punir les responsables des violences d’Aksy est à l’origine des tensions actuelles qui se déroulent sur fond de crise sociale marquée par un chômage important et un appauvrissement de la population. « Si les autorités continuent de ne rien faire, cela pourrait entraîner des conséquences imprévisibles et de nouveaux affrontements entre la population et les autorités », estime le politologue Bolot Maripov. « Un sentiment de colère persiste et certaines personnes ont le sentiment que le gouvernement ne fait pas assez pour trouver les responsables », soutient David Lewis, analyste à l’antenne kirghize de l’ONG International Crisis Group. Le président Askar Akaïev a affirmé samedi dernier que tous les responsables des violences « seraient punis selon la loi, quelles que soient leurs fonctions ou leurs mérites », a rapporté l’agence de presse Interfax. Mais le gouvernement a maintenu une ligne dure, la police continuant à faire usage de la force lors des dernières manifestations et arrêtant près d’une centaine de personnes. Selon les défenseurs des droits de l’homme, l’approche répressive dont ont fait preuve les autorités kirghizes souligne l’incapacité du régime à tolérer les critiques. « Le Kirghizstan s’est engagé sur la route de l’intolérance et de la brutalité. L’arrestation de manifestants pacifiques n’est qu’un exemple parmi d’autres d’abus commis par le gouvernement », accuse Elizabeth Andersen, analyste à l’ONG Human Rights Watch. Cette situation risque aussi de devenir de plus en plus embarrassante pour les Occidentaux puisque 1 900 soldats, qui participent à la coalition antiterroriste dirigée par les États-Unis dans l’Afghanistan voisin, sont basés dans ce pays.
La montée des protestations au Kirghizstan menace la stabilité de ce petit pays d’Asie centrale aux prises avec une grave crise politique et sociale, laquelle pourrait dégénérer en guerre civile, selon des experts. Une série de manifestations a secoué cette ancienne république soviétique la semaine dernière alors que dans le Sud, près de la frontière chinoise, au moins 10 000 personnes bloquaient une route menant à la capitale Bichkek. Les manifestations ont débuté lundi dernier après que la Chambre basse du Parlement kirghize eut ratifié un accord avec la Chine aux termes duquel Bichkek cède à Pékin un territoire frontalier de 90 000 ha. Les protestataires réclament l’annulation de l’accord frontalier et l’arrêt des persécutions visant l’opposition kirghize, particulièrement le député Azimbek...