Plus de quatorze ans de fidélité à la rime et au Parnasse. Ajoutez à cela un héritage naturel de l’amour du mot et de la versification d’un père (Ounsi el-Hage) qui a tenu haut le flambeau de l’inspiration poétique arabe contemporaine et l’on retrouve avec plaisir la voix, douce et murmurante, chaleureuse et vibrante, de Nada el-Hage dans son cinquième recueil intitulé Ghabat el-Daou (La forêt de lumière, 54 pages), toujours édité à Dar an-Nahar avec, pour illustration de la couverture, une gouache de Adel Kodeih. Ne surprenant plus son lecteur que par la nouveauté de ses images sonores et de ses associations verbales, Nada el-Hage renoue en toute simplicité avec l’univers poétique qu’elle s’est patiemment construit – et probablement avec la délectation tourmentée de toute créativité – et d’où surgissent, en un rai lumineux et transparent, toutes les forces et pulsions secrètes et intérieures. On cite volontiers, à la sauvette, son parcours entamé en 1988 avec (La prière du vent), Rihlat el-Zol (la traversée de l’ombre) et, finalement, Kol haza el-hob (Tout cet amour-là). Aujourd’hui, reprenant les thèmes qui l’ont toujours hantée, dans une obsession jouissive, une femme poète tente de retrouver, avec d’autres vocables et dans un évident souci de clarté, ce qui est essentiel et majeur dans une vie et pour un être. Et bien sûr, il s’agit d’amour. De l’amour sous toutes ses imprévisibles facettes. L’amour de l’autre, de la vie, de l’enfant, du divin... Un amour non déclaré ou désincarné mais maîtrisé, épanoui, d’un romantisme moderne et ténébreux, teinté de mysticisme, telle une prière ardente, «fervemment» psalmodiée. Dans des formules étranges, laconiques, éthérées (tel «le vinaigre du silence», «elle s’est assoupie sur l’épaule de Dieu, jette-moi là où l’oubli est mon pain…»), Nada el-Hage trace, en toute subtilité, concise et économe de ses propos, les contours soyeux d’un monde pur et idéalisé. Sans exaltation, elle affirme venir du «royaume de l’amour». On la croit sur parole quand on lit tant de pudiques mais fermes célébrations... Edgar DAVIDIAN Extraits Et tout ce qui a cours sur terre N’a de début et de fin qu’en mon cœur. Une rose dans le désert cherche la lumière Suinte de ses yeux l’huile d’une lampe Qu’elle a allumée un certain soir Et dès lors le monde s’est embrasé. Un mot a été habité par la vie Nulle âme ne périt après lui. Elle a cru qu’elle a traversé la moitié du chemin Que l’âge est un compagnon qui trottine auprès d’elle Que la vie passe et que les visages s’effacent Mais elle s’est trompée Et elle a commencé à faire la course à l’âge et au chemin Cherchant le secret.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Plus de quatorze ans de fidélité à la rime et au Parnasse. Ajoutez à cela un héritage naturel de l’amour du mot et de la versification d’un père (Ounsi el-Hage) qui a tenu haut le flambeau de l’inspiration poétique arabe contemporaine et l’on retrouve avec plaisir la voix, douce et murmurante, chaleureuse et vibrante, de Nada el-Hage dans son cinquième recueil intitulé Ghabat el-Daou (La forêt de lumière, 54 pages), toujours édité à Dar an-Nahar avec, pour illustration de la couverture, une gouache de Adel Kodeih. Ne surprenant plus son lecteur que par la nouveauté de ses images sonores et de ses associations verbales, Nada el-Hage renoue en toute simplicité avec l’univers poétique qu’elle s’est patiemment construit – et probablement avec la délectation tourmentée de toute créativité – et d’où...