L’Allemagne n’avait d’yeux cette saison que pour le football léché de Leverkusen, mais le Borussia Dortmund, patient, attendait son heure : elle a sonné samedi, lorsque la riche équipe de la Ruhr s’est emparée devant Brême (2-1) de son 6e titre de champion. Le chemin du sacre fut loin d’être erratique, mais les contre-performances face aux deux autres grands candidats, le Bayern Munich et le Bayer Leverkusen (3 points récoltés sur 12 possibles), ont distillé l’impression d’un champion pas toujours dominateur. Le Borussia a en réalité fait fructifier sa prime à la régularité, puisque jamais il ne «tomba» plus bas que la 4e place. Même au lendemain de la correction infligée par Leverkusen (4-0) le 24 février. Là, le manageur du club, Michael Maier, avait prophétisé : «À la fin, c’est le chasseur qui gagnera». Les investissements considérables dans l’achat de joueurs consentis cette saison par le seul club allemand coté en Bourse ont aussi pesé lourd. Le Borussia, club populaire (66000 spectateurs en moyenne !), club des ouvriers de la Ruhr, est aussi un club riche. Près de 40 millions d’euros ont ainsi été allongés à l’intersaison et au mercato d’hiver, pour partie puisés dans le butin de 138 millions d’euros constitué lors de l’entrée à la Bourse de Francfort en octobre 2000. Première pour Sammer Le Tchèque Jan Koller, les Brésiliens Marcio Amoroso et Ewerthon et le jeune milieu défensif Sebastian Kehl, grand espoir du football allemand, ont alors rallié la Ruhr. Résultat : Amoroso termine meilleur buteur de Bundesliga (18 buts, à égalité avec Marin Max du 1860 Munich), et Koller puis Ewerthon ont encore scoré samedi. Le premier titre du club depuis la Ligue des champions en 1997 salue aussi le travail de l’entraîneur Matthias Sammer. L’ancien libero international était encore sur la pelouse cette année-là. Comme le défenseur Juergen Kohler, qui a fait ses adieux à 36 ans samedi, il incarne l’idée d’une certaine fidélité au club, chère à ces supporteurs prompts à dénoncer «les salauds de millionnaires». À 34 ans, Sammer vit donc son premier grand succès d’entraîneur, deux ans après avoir fait ses débuts dans le métier comme assistant d’Udo Lattek. Le Borussia était alors menacé de relégation. «J’étais, étonnamment, très calme durant tout le match. Sans doute parce que j’avais déjà vécu par avance, en quelque sorte, toutes les possibilités. Au coup de sifflet final, on ressent cependant une certaine satisfaction», a déclaré, placide, ce sphinx roux, pendant que les joueurs, eux, s’arrosaient de bière. Il y aura peut-être plus d’effusions ce soir en cas de victoire en finale de la Coupe de l’UEFA contre Feyenoord, à Rotterdam. C’est le premier grand rendez-vous européen des clubs allemands cette saison. Le second, c’est l’offensif mais malheureux Leverkusen, encore deuxième comme en 1997, 1999 et 2000, qui l’honorera contre le Real Madrid en finale de la Ligue des champions, le 15 mai à Glasgow.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemagne n’avait d’yeux cette saison que pour le football léché de Leverkusen, mais le Borussia Dortmund, patient, attendait son heure : elle a sonné samedi, lorsque la riche équipe de la Ruhr s’est emparée devant Brême (2-1) de son 6e titre de champion. Le chemin du sacre fut loin d’être erratique, mais les contre-performances face aux deux autres grands candidats, le Bayern Munich et le Bayer Leverkusen (3 points récoltés sur 12 possibles), ont distillé l’impression d’un champion pas toujours dominateur. Le Borussia a en réalité fait fructifier sa prime à la régularité, puisque jamais il ne «tomba» plus bas que la 4e place. Même au lendemain de la correction infligée par Leverkusen (4-0) le 24 février. Là, le manageur du club, Michael Maier, avait prophétisé : «À la fin, c’est le chasseur qui...