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Actualités - Chronologie

CONCERT- À l’auditorium de l’Annonciation Tatiana Primak-Khoury : Impétueux romantisme(photo)

De la bravoure, de la vitalité, de la fougue, du romantisme. Tatiana Primak-Khoury, qui n’est plus à présenter aux mélomanes libanais et qui «officie» presque régulièrement au Balamand, est une pianiste inspirée. Pour le programme concocté avec soin et donné à l’auditorium de l’Annonciation, des pages éruptives et volcaniques d’un répertoire pianistique haut de gamme et impétueusement romantique. Au menu, des partitions de Beethoven, Liszt, Rachmaninoff et... Houtaf Khoury. Ouverture avec la sonate n° 23 en fa mineur op 57 (en trois mouvements), connue sous le nom de l’Appassionata, de Beethoven. Premières mesures mordantes d’une narration emportée et oscillant entre martèlement, rythme échevelé, déferlements indomptables et grands arpèges incandescents. Accords magnifiques pour une mélodie tourmentée et dominée par une grande agitation sentimentale. Un «morceau» qui a révolutionné l’art du clavier. Pour prendre le relais, une œuvre tout aussi emportée et non moins périlleuse d’exécution: la valse de Méphisto n°1 de Franz Liszt. Infernale, démoniaque, d’une force envoûtante, cette valse est aussi d’une technique ardue avec ses phrases dangereusement tourbillonnantes et ses moments d’inquiétantes douceurs, comme ces tentations fielleuses et inévitables qu’on murmure traîtreusement à l’oreille… Après un très court entracte, place au plus ardent et fringant des défenseurs de la musique russe: Serguei Rachmaninoff. Deux préludes (op 3 n°2 en do dièse mineur et op 23 n°5 en sol mineur) aux sonorités somptueuses. On n’est guère très loin de Liszt, puisque Rachmaninoff a travaillé le piano avec son cousin Siloti, justement ancien élève de celui qui fut l’un des plus prodigieux virtuoses du clavier. Considérant la musique comme une «sœur de la poésie et une fille de la tristesse», Rachmaninoff offre là des images sonores d’un lyrisme grandiose et majestueux. Changement d’atmosphère et de monde avec les deux préludes (andantino et lento espressivo) de Houtaf Khoury que la pianiste a interprétées avec ferveur et sentiment. Tel un hommage discret et une douce complicité à son compositeur de mari que le public à gracieusement applaudi dès qu’il fut sur scène après les dernières notes. Une narration tout en délicatesse, presque parfois «debussinienne» avec de vagues pointes d’orientalisme et surtout une extraordinaire richesse de dissonance harmonique. Pour conclure, une des œuvres les plus jouées et les plus célèbres du répertoire pianistique (tombeau des élèves mal doués et cheval de bataille des champions de l’ivoire!): la rhapsodie hongroise n2 de Liszt. Celui qui écrivait à la comtesse d’Agoult que «sa mission était d’avoir mis avec quelque éclat la poésie dans la musique de piano» illustre ici parfaitement son dessein. Imprégnée de la musique des tziganes, de ce peuple qui ne possédait alors ni patrie ni lois, mais gardait jalousement sa langue, ses costumes et ses mœurs, cette vibrante rhapsodie est un authentique morceau de bravoure. Broderies, effets de sonorités, rubato continuel où l’on passe sans transition du mouvement lent au mouvement rapide, c’est l’essence et l’âme même d’un peuple ballotté par l’errance. Et c’est, en toute simplicité, les cheveux relevés en arrière et dans une longue robe noire moulante que Tatiana Primak-Khoury a reçu les longues salves d’applaudissements d’un public conquis. Edgar Davidian
De la bravoure, de la vitalité, de la fougue, du romantisme. Tatiana Primak-Khoury, qui n’est plus à présenter aux mélomanes libanais et qui «officie» presque régulièrement au Balamand, est une pianiste inspirée. Pour le programme concocté avec soin et donné à l’auditorium de l’Annonciation, des pages éruptives et volcaniques d’un répertoire pianistique haut de gamme et impétueusement romantique. Au menu, des partitions de Beethoven, Liszt, Rachmaninoff et... Houtaf Khoury. Ouverture avec la sonate n° 23 en fa mineur op 57 (en trois mouvements), connue sous le nom de l’Appassionata, de Beethoven. Premières mesures mordantes d’une narration emportée et oscillant entre martèlement, rythme échevelé, déferlements indomptables et grands arpèges incandescents. Accords magnifiques pour une mélodie...