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Actualités - Reportage

On en parle ...Élie Saab, couturier des « têtes couronnées »(PHOTOS)

Sa robe magnifiquement portée par Halle Berry à la cérémonie de remise des Oscars a fait tourner toutes les têtes, sauf la sienne. Le couturier libanais Élie Saab a habillé cette actrice, enfin couronnée au même titre que toutes ces «têtes» également couronnées qu’il se plaît à transformer en étoiles d’un soir. 24 mars 2002, tard dans la nuit. Sur scène et devant des millions de téléspectateurs, une très belle femme apparaît en larmes, vêtue d’une magnifique robe en taffetas et en tulle rehaussée de fleurs brodées, une petite statuette dorée serrée entre ses mains émues. Ce n’est pas du cinéma ! Cette année, Halle Berry sera donc la grande victorieuse de la cérémonie des Oscars. Quelque part dans le monde, caché dans les coulisses de sa vie privée, un homme savoure cette victoire, la cerise sur le gâteau de sa réputation déjà solide. Il ne sera pas «étonné, mais heureux». Pas étonnant, Élie Saab a trimé longtemps et beaucoup travaillé pour acquérir cette reconnaissance internationale. À 38 ans, il peut enfin se vanter d’être présent auprès des «grands», Armani, Chanel, Ungaro, Valentino, et d’avoir obtenu avec cette robe le «Best Dress», plus belle tenue de la soirée où défilent les plus belles femmes du septième art. «Ce n’est pas la première fois que j’habille Halle Berry pour la remise des Oscars. Je l’ai déjà fait quatre fois…». Cette fois-ci sera la bonne. L’histoire de la robe L’histoire de cette fameuse robe est donc née sous le crayon du couturier Élie Saab qui l’avait dessinée pour sa collection hiver 2002. Le styliste de Halle Berry, Philippe Bloch, qui s’occupe de toute son image, «de la tête jusqu’aux pieds», l’avait repérée pour une «grande soirée mondaine» à Hollywood. «Trop belle», s’écriera-t-il. Elle la trouvera «classique et sexy à la fois». La décision est prise, la robe sera réservée pour la fameuse soirée des Oscars. Un seul essayage suffira pour les dernières retouches, quelques petites modifications, des paillettes et des feuilles plus grandes, et voilà la belle qui repart, la robe sous le bras. «Mes créations étaient présentes dans d’autres manifestations, tels les Emmy Awards et le Golden Globes, et durant les précédents Oscars. Cette année et vu que Halle était nominée, elle avait l’exclusivité». La presse internationale va se faire l’écho de cet événement, la première actrice black oscarisée pour un premier rôle dans l’histoire du cinéma américain va, bien sûr, figurer à la une des plus grands magazines de mode, et avec son sourire, cette belle réalisation de Élie Saab. La robe sera très vite achetée en plusieurs exemplaires, souvent transformée en robe de mariée. M. Saab confirme : «Les retombées publicitaires de ce genre d’événement sont en effet très importantes». L’histoire du couturier Même s’il est propulsé dans le monde scintillant des étoiles – du cinéma –, Élie Saab garde pourtant les idées claires et les pieds sur terre. Des «têtes couronnées» et autres stars, il en a côtoyé de nombreuses. Il préfère ne pas citer de noms, mais on murmure que Rania de Jordanie, Mme Nazek Hariri, les actrices Claudia Cardinale, Ornella Muti, Bridget Fonda ou encore Bo Derek figurent parmi les fidèles. Comment en arrive-t-on là ? Sa maison abrite 125 couturières, sa ligne est diffusée dans 60 points de vente à travers le monde. Après la haute couture, il vient de créer un «salon couture» à Paris ainsi qu’une ligne de prêt-à-porter produite à Milan. Il dispose de bureaux de presse à Paris, New York, Los Angeles et Londres qui diffusent son image de marque dans le monde. Comment arrive-t-on à se faire un nom et une place dans le vaste monde cruel de la mode internationale lorsqu’on a démarré à 18 ans, avec pour seul bagage son inspiration et son courage ? «J’ai fait les choses lentement parce que je crois que c’est comme ça qu’il faut faire. J’ai commencé à faire des robes de mariée avant de me lancer dans les pays arabes». Puis, le Moyen-Orient devenu trop étroit, il s’est attaqué au reste du monde. «J’ai toujours cru en moi et je n’ai voulu imiter ou déranger personne pour trouver ma place. Il y a certainement quelque chose d’autre que le talent, quelque chose de divin, sans doute». Le contact avec ces personnalités du monde lui aura bizarrement appris une chose, «la simplicité» et un besoin de sans cesse revenir aux sources, aller-retour essentiel pour ce père de famille très attaché à ses origines. «Il m’a fallu me constituer une identité autre que celle d’étranger et m’imposer». La soirée du 24 mars aura fait le bonheur de trois personnes : Halle Berry, Élie Saab et... Oscar qui a, dit-on, secrètement applaudi le double exploit. Carla HENOUD
Sa robe magnifiquement portée par Halle Berry à la cérémonie de remise des Oscars a fait tourner toutes les têtes, sauf la sienne. Le couturier libanais Élie Saab a habillé cette actrice, enfin couronnée au même titre que toutes ces «têtes» également couronnées qu’il se plaît à transformer en étoiles d’un soir. 24 mars 2002, tard dans la nuit. Sur scène et devant des millions de téléspectateurs, une très belle femme apparaît en larmes, vêtue d’une magnifique robe en taffetas et en tulle rehaussée de fleurs brodées, une petite statuette dorée serrée entre ses mains émues. Ce n’est pas du cinéma ! Cette année, Halle Berry sera donc la grande victorieuse de la cérémonie des Oscars. Quelque part dans le monde, caché dans les coulisses de sa vie privée, un homme savoure cette victoire, la cerise...