L’Église catholique française s’engage massivement et exceptionnellement contre Jean-Marie Le Pen, multipliant les déclarations de ses évêques et mobilisant tous ses mouvements et associations contre le candidat de l’extrême droite à l’élection présidentielle. «L’Église s’oppose au Front national», a titré hier en gros caractères la une de La Croix, le quotidien catholique de référence français. «L’Église, pourtant soucieuse de se tenir à distance de toute position partisane, prend le risque de se voir reprocher d’en “faire trop”», écrit l’éditorialiste du journal. «La mobilisation parcourt toute l’Église», lance encore le quotidien qui prend soin d’afficher dans un encadré que «l’Église de France a toujours dit non au Front national» (FN), le parti de M. Le Pen. Le très conservateur hebdomadaire catholique Le Pèlerin appelle à voter pour le président de droite sortant, Jacques Chirac, ainsi que l’hebdomadaire catholique plus progressiste La Vie, outrepassant la position traditionnelle de l’Église de ne pas donner de consigne de vote. L’évêque de la mission de France spécialisée dans les milieux déchristianisés, Mgr Georges Gilson, également archevêque de Sens-Auxerre, a lui aussi affiché publiquement son vote contre Jean-Marie Le Pen. «Pas de grandes phrases... j’exprime publiquement mon engagement (...) je voterai contre M. Le Pen et son parti. Il faut remettre à sa vraie place le Front national», a proclamé l’archevêque dans un communiqué. «Il n’y a pas eu une telle mobilisation dans l’Église au moins depuis la guerre d’Algérie et la dénonciation de la torture», a estimé le prêtre Michel Kubler, rédacteur en chef de La Croix. Cette montée au créneau s’est amorcée dès le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle avec l’archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, qui a fustigé l’utilisation par M. Le Pen d’une expression du pape, et avec le président de la conférence des évêques de France, Mgr Jean-Pierre Ricard, appelant à «discerner les valeurs fondatrices de la démocratie». «N’ayez pas peur», «entrez dans l’espérance», avait lancé aux Français le chef de l’extrême droite le soir du premier tour, reprenant une expression tirée de la Bible et rendue célèbre par Jean-Paul II, choquant ainsi bon nombre de catholiques. Les appels publics «au discernement» se sont ensuite multipliés avec les évêques de St-Denis, Evreux et Marseille puis leurs confrères de Metz, Angoulême, Saint-Étienne, Toulouse, Le Puy-en-Velay, Clermont, Bordeaux, Strasbourg... Les rares mouvements catholiques pro-Le Pen restent cantonnés aux plus intégristes, Chrétiens solidarité ou Renaissance catholique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Église catholique française s’engage massivement et exceptionnellement contre Jean-Marie Le Pen, multipliant les déclarations de ses évêques et mobilisant tous ses mouvements et associations contre le candidat de l’extrême droite à l’élection présidentielle. «L’Église s’oppose au Front national», a titré hier en gros caractères la une de La Croix, le quotidien catholique de référence français. «L’Église, pourtant soucieuse de se tenir à distance de toute position partisane, prend le risque de se voir reprocher d’en “faire trop”», écrit l’éditorialiste du journal. «La mobilisation parcourt toute l’Église», lance encore le quotidien qui prend soin d’afficher dans un encadré que «l’Église de France a toujours dit non au Front national» (FN), le parti de M. Le Pen. Le très...