Plusieurs agences de l’Onu ont décrit mardi à Genève la grave crise humanitaire frappant les territoires palestiniens depuis l’offensive israélienne, aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. «Il s’agit d’une crise s’ajoutant à une situation d’urgence, en plus d’une situation générale qui n’était pas facile à gérer», a indiqué René Aquarone, porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), au cours d’une conférence de presse. «Depuis dix-huit mois, les conditions humanitaires se sont détériorées, à cause du bouclage des Territoires», a rappelé le coordinateur adjoint des affaires humanitaires des Nations unies, Ross Mountain. M. Mountain a estimé que les priorités les plus immédiates concernaient le déminage et la construction d’abris, notamment dans le camp de réfugiés de Jénine (Cisjordanie). Il a évoqué également le manque de travailleurs sociaux et les difficultés d’accès aux populations dans le besoin. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le coordinateur local a rencontré lundi les autorités palestiniennes à Ramallah, les campagnes de vaccination ont été interrompues depuis six mois dans les Territoires. «Il existe de sérieux risques de rougeole et également de choléra en raison des destructions de conduites d’eau», a rapporté Fadela Chaib, porte-parole de l’OMS. De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) achète actuellement localement 2 600 tonnes de farine de blé pour une distribution d’urgence à 265 000 Palestiniens particulièrement vulnérables dans les Territoires, a indiqué sa porte-parole Christiane Berthiaume. Selon René Aquarone, la bande de Gaza souffre d’une sérieuse pénurie de vivres, d’aliments pour animaux, notamment pour les volailles, et de ciment. 21,7 millions de dollars sont nécessaires pour faire face à la crise humanitaire dans la bande de Gaza, «étranglée économiquement en raison des restrictions sévères imposées à tous les mouvements de personnes et de biens», a souligné M. Aquarone. À Jénine, les besoins pour couvrir les secours d’urgence s’élèvent à 3,7 millions de dollars, auxquels il faut ajouter 41,3 millions de dollars pour la reconstruction du camp, a-t-il précisé. «Comment tout cela va-t-il être financé est une question qui, bien sûr, n’est pas facile à résoudre», a-t-il dit. À Oslo, la semaine dernière, les besoins humanitaires immédiats dans les territoires palestiniens ont été chiffrés à 300 millions de dollars, tandis que la communauté internationale a promis une aide financière de 1,2 milliard de dollars aux autorités palestiniennes. L’Unrwa s’est félicitée d’une collecte en Syrie qui a rapporté 2,7 millions de dollars, tandis que les Émirats arabes unis se sont engagés à construire 800 habitations à Jénine, ce qui correspond, selon l’Unrwa, à 35 millions de dollars. Le président émirati Zayed ben Sultan al-Nahyane a également décidé de prendre en charge la réparation de la basilique de la Nativité à Bethléem (Cisjordanie), assiégée par l’armée israélienne depuis le 2 avril. M. Aquarone a ajouté que sur un appel de fonds pour 2002 de 117 millions de dollars, l’Unrwa avait déjà reçu 47 millions, dont 30 millions de la part des USA et le reste principalement de l’Union européenne.
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