La Compagnie Théâtre Italique interprétera au Monnot, du 9 au 11 avril, la pièce de Mohamed Kacimi, 1962, dans une mise en scène de Valérie Grail. Le port de Marseille aujourd’hui. Nadia attend un bateau et retrouve Gharib. Ils évoquent leur enfance commune à el-Hamel (Algérie) période heureuse bercée par l’attente émerveillée de «l’indépendance». Mais à la place de la fête attendue, Gharib croule sous le poids de l’arme transmise par son père, Nadia s’ensanglante les mains à hisser le drapeau algérien et le vieil instituteur a troqué sa règle en bois contre une règle en fer. Quand ils fuguent vers la mer, ils sont rattrapés et corrigés. Et quand ils veulent s’aimer, ils sont enfermés, et Gharib s’exile. Aujourd’hui, celui-ci vit à Marseille et voit Nadia partir pour l’Algérie. Pourquoi « 1962 » ? À propos de sa pièce, l’auteur écrit : «“1962”, c’est écrire au cœur de l’utopie et de la blessure, écrire au cœur de l’ultime croisée des chemins des histoires d’Algérie et de France. Si cette date a été ressentie du côté français comme une blessure qu’on a tenté de panser par l’oubli, du côté algérien, elle sera vécue comme un cru des rêves, que le régime endiguera à force de silence». Quant au metteur en scène Valérie Grail, elle explique son intérêt pour 1962 dans les termes suivants : «L’Algérie était pour moi, petite Marseillaise, un pays qu’on pouvait atteindre en nageant tout droit pour rejoindre une ville identique à la nôtre (…). Plus tard, alors que l’image de l’Algérie se confondait avec son actualité et que la parole journalistique était son unique langage, j’avais besoin d’entendre parler autrement d’une histoire ainsi déshumanisée. Bouleversée par les textes autobiographiques de Mohamed Kacimi, alors romancier et poète, j’ai voulu faire entendre cette voix singulière de l’autre rive». L’auteur, biographie et parcours littéraire Mohamed Kacimi est né en 1955 dans la zaouïa d’el-Hamel, un haut lieu du mysticisme maghrébin. Il passe son enfance dans cette cité vouée à l’enseignement de la religion et à l’accueil des pèlerins venus de toute l’Algérie. Son grand-père, cheikh de la zaouïa, théologien, l’initie à la poésie arabe classique et aux œuvres des mystiques musulmans. Son père, inspecteur de l’enseignement, avec qui il parcourt le pays durant des années, lui transmet le goût de la littérature française. Il décide d’écrire en français. En 1982, il s’installe à Paris. En 1985, il écrit Le Mouchoir, son premier roman. Après plusieurs traductions de poésies arabes, il publie deux essais. En 1996, il fait paraître son deuxième roman, Le Jour dernier. De courts récits autobiographiques sur son enfance à el-Hamel le conduisent à écrire 1962, en collaboration avec Valérie Grail. En 1999, il est lauréat du prix Afaa-Beaumarchais et écrit sa deuxième pièce, La confession d’Abraham. 1962 est une création de la Compagnie Théâtre Italique, fondée en 1980 par Valérie Grail. Celle-ci est à la fois metteur en scène et comédienne dans la pièce de Mohamed Kacimi. Sur scène, elle est accompagnée par le comédien Jean-Benoît Terral. Le texte de la pièce est disponible aux Éditions Actes-Sud Papiers. * Renseignements et réservations au : 01/202422.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Compagnie Théâtre Italique interprétera au Monnot, du 9 au 11 avril, la pièce de Mohamed Kacimi, 1962, dans une mise en scène de Valérie Grail. Le port de Marseille aujourd’hui. Nadia attend un bateau et retrouve Gharib. Ils évoquent leur enfance commune à el-Hamel (Algérie) période heureuse bercée par l’attente émerveillée de «l’indépendance». Mais à la place de la fête attendue, Gharib croule sous le poids de l’arme transmise par son père, Nadia s’ensanglante les mains à hisser le drapeau algérien et le vieil instituteur a troqué sa règle en bois contre une règle en fer. Quand ils fuguent vers la mer, ils sont rattrapés et corrigés. Et quand ils veulent s’aimer, ils sont enfermés, et Gharib s’exile. Aujourd’hui, celui-ci vit à Marseille et voit Nadia partir pour l’Algérie. Pourquoi «...