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Actualités - Reportage

Mode - MUSÉE DE LA MODE À nouveau siècle, nouveaux regards (photos)

«Nouveaux temps, nouvelles mœurs», avertit le dicton, et sa vérité s’applique même aux institutions les plus vénérables. Le Musée de la mode et du textile à Paris annonce cet été (5 juin-29 septembre) une exposition sur la médiatisation des créateurs et des couturiers au cours du XXe siècle. L’évolution, en effet, du statut du tailleur et de la couturière, techniciens du vêtement jusqu’à la fin du XIXe siècle, a évolué de façon spectaculaire durant le siècle passé. Il faut reconnaître aussi que la conception du vêtement lui-même a énormément évolué au cours de cette même époque. Et il en est de même pour sa matière première: les tissus, sans parler de la coupe, la conception, le rôle économique et social de l’habillement. De Rose Bertin, marchande de mode sachant imposer ses choix avec autorité à la noblesse d’Europe ayant recours à son art, jusqu’à nos jours, le parcours de l’art de se vêtir paraît vertigineux. De là où seuls l’ornement et le tissu, donc les détails, variaient d’une année à l’autre, la coupe demeurant presque statique, la mode est devenue un art, une industrie, un secteur vital de l’économie de bon nombre de pays. De Jacques Doucet et Paul Poiret, pionniers de la «Haute», intimement associés à l’élite et aux arts de leur époque, à J.-P. Gaultier, Karl Lagerfeld ou Pierre Cardin, innovateurs de génie, le statut du couturier s’est anobli à travers le temps. Cette importante initiative du Musée de la mode et du textile permet de prendre conscience non seulement de l’importance socio-économique «des nippes» mais aussi de leur poids culturel. Il y a des démarches majeures opérées durant ce siècle de développement de la mode que l’initiative du Musée de la mode et du textile met en évidence. Il en est ainsi de l’initiative de Madeleine Vionnet, qui est à l’origine de la protection juridique des modèles créés, contre le copiage, grand fléau du secteur. Démarche qui a permis au «tailleur» ou à «la couturière» d’antan l’accès au statut d’artiste. Média et création À quelle date la mode commence sa médiatisation? Au milieu du siècle, grâce à Coco Chanel, qui construira ainsi sa propre mythologie. Narcissique, géniale, elle exploite sa propre image pour créer le reflet du style qu’elle souhaite lancer. En faisant la promotion de ses propres créations, en les lançant et en les portant elle-même, elle crée la vogue en imposant son style. Sa «griffe» deviendra signe distinctif d’une création industrialisée, en quelque sorte, avant la lettre. Les signes distinctifs, le logo et autres «perfectionnements» techniques d’ordre publicitaire feront de la mode une importante mamelle économique: créatrice d’emplois, instrument de prestige, pourvoyeuse de devises, promotrice du génie créateur d’une nation. La médiatisation, mais aussi le talent, la créativité et le flair des couturiers-créateurs qui vont suivre contribueront à l’aura de la mode française. Heureux les pays et les institutions qui cultivent leur mémoire en mettant en évidence les performances accomplies. Combien a-t-on besoin au Liban de semblables initiatives qui honorent un patrimoine en indiquant la route à ceux qui vont suivre...
«Nouveaux temps, nouvelles mœurs», avertit le dicton, et sa vérité s’applique même aux institutions les plus vénérables. Le Musée de la mode et du textile à Paris annonce cet été (5 juin-29 septembre) une exposition sur la médiatisation des créateurs et des couturiers au cours du XXe siècle. L’évolution, en effet, du statut du tailleur et de la couturière, techniciens du vêtement jusqu’à la fin du XIXe siècle, a évolué de façon spectaculaire durant le siècle passé. Il faut reconnaître aussi que la conception du vêtement lui-même a énormément évolué au cours de cette même époque. Et il en est de même pour sa matière première: les tissus, sans parler de la coupe, la conception, le rôle économique et social de l’habillement. De Rose Bertin, marchande de mode sachant imposer ses choix avec...