Le président français Jacques Chirac a annoncé hier qu’il n’accepterait pas de débattre à la télévision avec son rival d’extrême droite Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle du 5 mai car, «face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible». «Pas plus que je n’ai accepté dans le passé d’alliance avec le Front national, et ceci quel qu’en soit le prix, je n’accepterai demain de débat avec son représentant», a déclaré à Rennes, dans l’ouest de la France, le président sortant. «Je veux que cette élection présidentielle ne soit pas confisquée par l’obscurantisme, la haine, le mépris. Je ne veux pas que la nation française cède au vertige de la peur», a lancé le président français. «La République ne transige pas quand il en va de l’essentiel, quand il en va de l’esprit et du cœur de notre pays. La République ne transige pas quand l’âme du peuple français est en question», a souligné M. Chirac. «Ce combat, c’est le combat de toute ma vie. C’est un combat au nom de la morale, au nom d’une certaine idée de la France qui se fonde sur la grandeur de la France, sur l’unité de la nation. Je ne peux accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine», a ajouté Jacques Chirac. Pour Jacques Chirac, «il faut avoir le courage de ses convictions, la constance de ses engagements». M. Le Pen a immédiatement dénoncé une «piteuse dérobade», en commentant ce refus, ajoutant que le président-candidat «a peur de la vérité». Le président du Front national a fait valoir que Jacques Chirac «ne veut pas débattre avec l’adversaire que le peuple lui a choisi. Il a peur d’un candidat sans complaisance, sans connivence, sans complicité. Il a peur de la vérité. Le duelliste qui se dérobe est déshonoré. Il est déshonoré. Il y a des règles d’honneur dans le duel. On ne fait pas des duels seulement avec des copains de bombance, mais aussi avec des adversaires, voire des ennemis». «Le duel est imposé par les règles démocratiques, le peuple l’attendait, l’honneur l’impose», a ajouté le président du FN. Interrogé sur les accusations d’intolérance et de haine, M. Le Pen a demandé : «À quel moment ai-je fait preuve d’intolérance et de haine ? J’ai même accepté de me salir les mains en débattant avec M. Chirac. Il va entendre parler de moi, à moins qu’il ne me fasse abattre». Jean-Marie Le Pen comptait beaucoup sur un face-à-face télévisé avec Jacques Chirac, et non pas un «débat à l’américaine», pour essayer de marquer des points sur son adversaire, mais le chef de l’État a refusé cette confrontation. «Nous ne voulions pas d’un débat à l’américaine. Un vrai débat, ce ne sont pas deux personnes qui ne se regardent pas et qui égrènent leur programme», estimait Martial Bild avant l’annonce du refus de Jacques Chirac dans la soirée à Rennes. «Si Jacques Chirac n’acceptait pas, il serait le grand perdant, même s’il acceptait d’ailleurs», ironisait-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président français Jacques Chirac a annoncé hier qu’il n’accepterait pas de débattre à la télévision avec son rival d’extrême droite Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle du 5 mai car, «face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible». «Pas plus que je n’ai accepté dans le passé d’alliance avec le Front national, et ceci quel qu’en soit le prix, je n’accepterai demain de débat avec son représentant», a déclaré à Rennes, dans l’ouest de la France, le président sortant. «Je veux que cette élection présidentielle ne soit pas confisquée par l’obscurantisme, la haine, le mépris. Je ne veux pas que la nation française cède au vertige de la peur», a lancé le président français. «La République...