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Actualités - Chronologie

Human Rights Watch accuse l’armée israélienne de « crimes de guerre »(PHOTO)

Le groupe américain de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) accuse dans un rapport l’armée israélienne d’obliger des civils palestiniens à les assister lors de leurs opérations, pratiques assimilables selon lui à des «crimes de guerre». «Nous estimons que de tels incidents se produisent lors de presque tous les raids menés par l’armée israélienne en Cisjordanie», a déclaré Peter Bourkhaerdt, l’auteur du rapport, et chargé d’enquête auprès de HRW dans les situations d’urgence. L’armée israélienne a rejeté ces accusations en les qualifiant de «grotesques». «Nous n’utilisons dans aucune circonstance et n’utiliserons jamais de civils pour nous aider», a déclaré le porte-parole de l’armée Isaac Greenburg. Dans un rapport de 24 pages basé sur 50 témoignages et publié hier, HRW conclut que l’armée ignore régulièrement les conventions internationales sur la protection des civils en forçant ces derniers à organiser des fouilles et à les informer sur leurs voisins. «Les forces de défense israéliennes doivent cesser de se servir de civils pour des fonctions très dangereuses et impropres», a déclaré M. Bourkhaerdt dans un entretien téléphonique. HRW n’avait observé récemment ces pratiques qu’au sein de l’armée russe en Tchétchénie. L’armée israélienne, indique HRW, a refusé à plusieurs reprises d’être interrogée lors de l’enquête. Le gouvernement israélien adopte une position dangereuse en fermant les yeux sur l’accumulation d’abus commis par son armée, affirme le groupe. «Nous ne pensons pas que publier des démentis systématiques constitue une réponse adéquate. Je pense qu’elles (les autorités israéliennes) devraient enquêter sur ces abus plutôt que de les rejeter automatiquement», a ajouté M. Bourkhaerdt. L’enquête a été menée auprès de témoins de quatre raids différents sur les zones palestiniennes, menés du 24 octobre 2001 au 31 mars dernier. «Dans chacun des quatre cas, l’armée israélienne a obligé, en les menaçant, les civils à identifier les maisons de personnes recherchées pour interrogatoire ou arrestation», indique le rapport. Cette pratique met la vie des civils en danger : ils sont alors identifiés comme «informateurs» et plusieurs d’entre eux ont été exécutés, indique HRW. L’enquête de HRW a porté sur les villages cisjordaniens de Beit Rima, Salfit, Tulkarem et Artas. Durant le raid sur Beit Rima le 24 octobre, Mme Ardi Youssouf Ahmad Hajjaj a raconté à HRW que l’armée israélienne «avait cassé la porte d’entrée de sa maison, pris son mari et l’avait obligé à les aider à procéder à des arrestations». À Salfit, Amal, infirmière de 30 ans, a rapporté que les soldats israéliens avaient «pointé un fusil sur son fils et menacé son mari. Ils lui ont dit qu’ils prendraient sa femme et ses enfants en otages et les tueraient s’il ne faisait pas ce qu’ils lui disaient». À Artas, au moins un civil a été touché par balle après avoir refusé de mener les soldats à son frère, soupçonné d’être un combattant, précise le rapport. HRW presse le gouvernement d’Ariel Sharon de mener sa propre enquête et indique que l’armée inflige des «punitions collectives» en représailles aux attentats-suicide en Israël. «L’interpellation et le traitement infligé à un civil pour obliger un Palestinien recherché à se rendre équivaut à une prise d’otage» de la part de l’armée, estime HRW. «C’est une grave violation des règles de base dans les conflits internes et internationaux» et «de la quatrième Convention de Genève, et donc un crime de guerre», conclut l’organisation. « Crimes de guerre » aussi pour le ministre saoudien des AE Le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a estimé hier à Moscou que les actions de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens pouvaient être qualifiées de «crimes de guerre». «Il y a des témoignages selon lesquels ce qui s’est passé dans le camp de réfugiés de Jénine et dans d’autres lieux atteint déjà des proportions qui font que l’on peut parler de crimes de guerre», a déclaré le ministre saoudien lors d’une conférence de presse à l’issue d’entretiens avec son homologue russe Igor Ivanov. «Les informations sur ces crimes de guerre n’apparaissent pas dans les médias», a-t-il ajouté, soulignant que la presse était «empêchée» de travailler dans les territoires palestiniens. Réactions indignées des diplomates dont celle du coordonnateur spécial de l’Onu au Proche-Orient « Jénine, une horreur qui dépasse l’entendement », martèle Roed-Larsen Les destructions dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, qui a été envahi par l’armée israélienne, montrent une «horreur qui dépasse l’entendement», a déclaré hier l’envoyé spécial de l’Onu Terjé Roed-Larsen. «C’est totalement détruit, c’est comme si un tremblement de terre avait touché» le camp, a déclaré M. Roed-Larsen qui a visité le camp avec des délégués des Nations unies et de la Croix-Rouge. «C’est absolument inacceptable, d’une horreur qui dépasse l’entendement», a-t-il déclaré. «Nous avons des experts qui sont habitués aux guerres et aux tremblements de terre et ils disent qu’ils n’ont jamais rien vu de tel». «Il est totalement inacceptable que le gouvernement israélien n’ait pas autorisé, depuis 11 jours, les équipes de sauvetage et de recherches à venir (dans le camp). C’est moralement dégoûtant», a ajouté M. Roed-Larsen, coordonnateur spécial des Nations unies au Proche-Orient. L’armée israélienne a déclaré le camp, qu’elle a qualifié de refuge de «terroristes» palestiniens, «zone militaire fermée» après y être entrée le 3 avril, et en a refusé ensuite l’accès aux médias, sauf à un petit groupe de journalistes accompagnés par des soldats. L’armée a pris entièrement le contrôle du camp vendredi dernier, après une semaine de combats acharnés entre soldats et combattants palestiniens armés. Elle a expliqué son refus d’autoriser les équipes de secours par le fait que des engins piégés et des bombes rendaient l’accès au camp impossible. Mais M. Roed-Larsen a réfuté cet argument, déclarant qu’Israël aurait pu autoriser des experts internationaux à s’y rendre pour aider à la recherche de survivants éventuels dans les décombres. «Ce n’est pas une excuse», a-t-il déclaré. «Je vois deux frères qui sortent leur père des ruines, la puanteur de la mort est horrible. On est en train de déterrer un gamin de 12 ans, totalement calciné», a poursuivi le responsable de l’Onu. M. Roed-Larsen a ajouté que la priorité était d’envoyer des équipes de sauvetage et de recherches, qui sont en route mais qui ne sont pas encore arrivées. M. Roed-Larsen a précisé que son organisation allait tenter de savoir ce qui s’est passé exactement au cours des combats, alors que l’armée israélienne pourchassait les militants palestiniens. Un « massacre » selon le directeur de l’Unrwa Peter Hansen, le directeur de l’Agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa), a affirmé hier à la suite d’une visite dans le camp de Jénine que «c’est un enfer tout court, et il n’est pas du tout exagéré d’appeler cela un massacre», a-t-il déclaré à l’agence danoise Ritzau. «Je me suis retenu jusqu’à présent d’employer le terme de massacre, mais maintenant que j’ai vu de mes yeux la réalité, je ne peux pas l’appeler autrement», a-t-il souligné. Il s’est déclaré bouleversé par la vision épouvantable de ce camp. «J’ai vu des gens profondément choqués, dont les maisons ont été anéanties. J’ai vu des familles en train de déterrer des gens des amas de pierres, morceau par morceau. Et un expert dans les tremblements de terre qui m’accompagnait à Jenine n’a pas vu depuis longtemps des destructions aussi massives», a-t-il ajouté.
Le groupe américain de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) accuse dans un rapport l’armée israélienne d’obliger des civils palestiniens à les assister lors de leurs opérations, pratiques assimilables selon lui à des «crimes de guerre». «Nous estimons que de tels incidents se produisent lors de presque tous les raids menés par l’armée israélienne en Cisjordanie», a déclaré Peter Bourkhaerdt, l’auteur du rapport, et chargé d’enquête auprès de HRW dans les situations d’urgence. L’armée israélienne a rejeté ces accusations en les qualifiant de «grotesques». «Nous n’utilisons dans aucune circonstance et n’utiliserons jamais de civils pour nous aider», a déclaré le porte-parole de l’armée Isaac Greenburg. Dans un rapport de 24 pages basé sur 50 témoignages et publié hier,...