Les médias israéliens et américains s’accordaient hier à constater l’échec de la mission du secrétaire d’État américain, Colin Powell, au Proche-Orient. «Powell revient sans rien», «Fardeau de plus en plus pesant pour Bush : pas de paix, davantage de reproches» : la presse américaine constate sans ménagement l’«échec» de la mission de Colin Powell qui n’a pu obtenir un cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens. «George W. Bush a eu une mauvaise semaine», souligne le New York Times. «L’apparent échec de la mission du secrétaire Powell a poussé la diplomatie américaine au cœur du plus insoluble conflit de la région où les coûts politiques à l’intérieur des États-Unis se font plus importants et où les coûts diplomatiques avec le monde arabe sont excessifs», écrit le journal. Mais pour le Washington Post, qui intitule son éditorial «Essayez encore», le verdict de l’échec de la mission Powell est «dur et pas encore justifié». «C’est vrai qu’aucune des demandes du président Bush, exprimées il y a deux semaines, n’a été satisfaite», écrit le quotidien. «M. Bush a émis des ultimatums bien sentis mais il ne semblait pas qu’il y eut beaucoup de stratégie derrière cela», ajoute le journal qui reconnaît que la situation peut empirer. «Si l’Administration, qui fait face à tant de détérioration, se retire comme elle l’a fait avant, l’histoire sans nul doute se souviendra de la mission de Powell comme d’un échec», poursuit le Washington Post. «Si elle continue à y consacrer son temps, son prestige et ses efforts (...) alors la violence pourrait être contenue», ajoute l’éditorial qui conclut «l’engagement demeure la meilleure option». La presse israélienne a elle aussi fait unanimement hier le constat d’échec de la mission de médiation du secrétaire d’État américain. «Les Palestiniens ont parlé de “catastrophe” à propos de la mission Powell et envoyé les Américains “au diable”. L’entourage d’Ariel Sharon a répondu que les Palestiniens ont provoqué cette catastrophe en écartant le principe d’un cessez-le-feu», écrit le Yediot Aharonot. «Le seul succès dont Powell puisse se féliciter, c’est d’avoir provisoirement ramené le calme à la frontière libano-israélienne à la suite de ses entretiens avec le président syrien qui a agi sur le Hezbollah», a-t-il encore dit. «Israël et les Palestiniens sont d’accord sur une chose : la mission de M. Powell a échoué», écrit de son côté le quotidien Maariv. «Selon des témoins, Arafat a eu du mal à se contrôler durant sa rencontre avec Powell. Le secrétaire d’État a exigé que soient remis les assassins de Rehavam Zeevi (le ministre du Tourisme), a demandé qu’il arrête les kamikazes et condamne personnellement la violence, alors que Sharon a reçu le feu vert pour poursuivre son opération militaire», raconte le journal. «Arafat était si désespéré qu’il a demandé à son hôte : “cela signifie-t-il que je ne pourrai pas ouvrir cette porte (du bureau où il est cerné à Ramallah)?”. Il a aussi indiqué que son isolement “peut nuire à la stabilité régionale”», poursuit Maariv.
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