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Actualités - Reportage

ENVIRONNEMENT - Conférence à l’Université américaine Pourquoi gaspiller les déchets recyclables ?(photos)

Le recyclage de certains déchets s’avère être une nécessité dans une logique de gestion intégrée du dossier des ordures ménagères, parce qu’il permet la réutilisation et la réduction du volume des déchets produits. D’autre part, il est indispensable qu’un système complet de recyclage (qui comprendrait toutes les étapes de la collecte, au tri à la source, à la transformation industrielle, à l’écoulement de la nouvelle marchandise) soit mis en place, sans quoi ce recyclage n’est ni efficace ni rentable. Ces idées, et bien d’autres, ont été énoncées lors d’une conférence organisée par le comité du projet de recyclage de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) à l’Alumni Club, une initiative émanant de l’expérience de cet organisme. La séance inaugurale a eu lieu en présence du ministre de l’Environnement, Michel Moussa, du président de la commission parlementaire de l’Environnement, Akram Chehayeb, du président de l’AUB, John Waterbury, et de la coordinatrice du programme de recyclage, Marina Hajj. M. Chehayeb a insisté sur la nécessité d’adopter un plan global et intégré de traitement des déchets au Liban, alors que M. Moussa a répété qu’une décision politique avait été prise en ce sens. Mais toujours rien, ou si peu, sur le terrain… Nous ne sommes pas sortis de l’auberge, ou plutôt des plans d’urgence qui s’étalent à l’infini. Les activités de recyclage à l’AUB, consistant principalement en un tri de plus en plus généralisé sur le campus, ont commencé en 1998. En 2000, des conteneurs accueillant divers genres de déchets (plastique, verre, papiers…) ont été installés dans les locaux de l’université. L’objectif est de sensibiliser de plus en plus d’étudiants, de professeurs et de personnel aux habitudes de tri. Les déchets ainsi répartis sont ensuite confiés à une société de collecte. Selon Farid Chaaban, président du comité du projet de recyclage, 25 à 30 % des déchets de l’AUB (un chiffre obtenu par comparaison au volume de marchandise acquis à la base par l’université et non par rapport au volume de déchets produits par celle-ci) sont dorénavant triés, et les efforts se poursuivent. Il insiste sur le changement de mentalité qui doit accompagner le succès d’une telle entreprise : «Les déchets sont une matière première qu’on peut et doit réutiliser, et non des objets dont il faut tout simplement se débarrasser. D’autre part, les universités et autres institutions pédagogiques jouent un rôle particulièrement crucial, dans le sens où elles préparent les décideurs de l’avenir». Réussir un programme de tri à la source implique, comme il se doit, de bonnes relations et une parfaite coordination entre le comité organisateur, l’administration et le corps professoral. Si une étude du profil du campus s’impose avant le lancement de n’importe quelle action, le début du travail sur le terrain n’est pas nécessairement assorti de mesures grandioses : faire du tri à la source une habitude ressemble davantage à un travail de fourmi. Chacun doit le promouvoir dans son coin. Il reste les résultats : selon M. Chaaban, en quelques années, 250 tonnes de papier, 6,3 tonnes de verre, 260 kilos d’aluminium notamment ont été envoyés au recyclage. «Ces quantités représentent des économies substantielles d’argent et d’énergie», souligne-t-il. Une industrie mal en point Mais le public libanais est-il prêt à adopter de telles mesures ? La réponse, qui vient d’une étude datant de 1994 présentée par Georges Ayoub, professeur à la faculté de génie et d’architecture de l’AUB, est mitigée. Il avoue qu’il y a un potentiel pour une industrie de recyclage, mais qu’elle reste peu profitable pour le moment. Pourquoi ? Absence d’une gestion durable des déchets, marginalisation du recyclage dans le secteur de l’industrie, monopole d’une seule compagnie de collecte des déchets, accuse Hicham Abou Jaoudé, secrétaire général du comité de l’environnement de l’Association des industriels. «Il faut que le citoyen comprenne que les déchets, tels qu’ils sont traités aujourd’hui, mènent à un véritable gaspillage, et qu’il peut les rendre rentables, dit-il. Personne n’encourage l’industrie de recyclage, d’où le fait que les usines disparaissent les unes après les autres. Il faudrait, tout au moins, procurer les matières premières à ces usines gratuitement, comme dans tous les pays du monde !». Or, comme il est apparu lors du débat qui a suivi, une industrie de recyclage ne peut être rentable que si tout un système est instauré, avec tri à la source (autant que possible), collecte et possibilités d’écoulement de la marchandise. De manière incompréhensible, des usines qui pratiquent le recyclage importent leur matière première de l’étranger, alors que les fruits des collectes finissent eux aussi exportés hors du Liban. Ce flagrant manque de coordination, s’il est résolu, pourrait propulser l’industrie du recyclage à des niveaux bien supérieurs, comme l’ont constaté des intervenants. S.B.
Le recyclage de certains déchets s’avère être une nécessité dans une logique de gestion intégrée du dossier des ordures ménagères, parce qu’il permet la réutilisation et la réduction du volume des déchets produits. D’autre part, il est indispensable qu’un système complet de recyclage (qui comprendrait toutes les étapes de la collecte, au tri à la source, à la transformation industrielle, à l’écoulement de la nouvelle marchandise) soit mis en place, sans quoi ce recyclage n’est ni efficace ni rentable. Ces idées, et bien d’autres, ont été énoncées lors d’une conférence organisée par le comité du projet de recyclage de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) à l’Alumni Club, une initiative émanant de l’expérience de cet organisme. La séance inaugurale a eu lieu en présence du...