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Actualités - Chronologie

Assembly Hall – AUB Konstantin Soukhovestski : un piano habité de féerie(photo)

Il est jeune, il est vrai, mais le talent n’attend guère le nombre des années... Né à Moscou en 1981, familier au piano dès l’âge de quatre ans (bonjour Mozart !), élève d’Anatoly Ryabov, Paul Schenly et Daniel Shapiro,voilà un interprète de vingt et un printemps dont le jeune parcours ne ressemble pas aux autres. Déjà auréolé de plus d’un prix et nanti d’un CV impressionnant, Konstantin Soukhovestski, puisque c’est de lui qu’il s’agit, cheveux blonds comme un épi doré, lunettes épaisses avec cadre noir et costume sombre, a offert aux mélomanes libanais un programme riche et varié, attestant d’une grande culture pianistique et à faire pâlir les plus téméraires des champions du clavier. Au menu, des pages éblouissantes de virtuosité discrète, de vigueur et de sensibilité, de Beethoven, Chopin, Debussy, Fauré, Wagner, Liszt et Prokofiev. Bravoure, célérité et véhémence pour un récital où le piano, habité de féerie, a la force et l’éclat d’un orchestre. Ouverture avec la sonate op.10 n° 3 de Beethoven aux accents souvent impétueux, aux chromatismes liquescents et aux accords rageurs plaqués avec mordant sur les touches d’un clavier emporté comme une mer démontée. Longue narration aux reflets changeants et aux humeurs oscillant entre colère à peine retenue et rêverie d’une douceur aux allures de graves méditations. Succède la Ballade n° 2 de Frédéric Chopin, prince du clavier. Pièce originale développant avec grâce et poésie deux thèmes qui s’enchaînent et se mêlent comme des lianes entortillées.Une «promenade» qui ne cherche ni à décrire ni à suivre un argument précis, mais une sinueuse flânerie aux détours séduisants, au rythme ternaire et aux modulations d’une grande hardiesse. Et pour clôturer le premier cycle de cette première partie, deux préludes de Debussy. Le premier aux accents somptueusement ibériques : La puerta del vino, et le second, plus évanescent et moins martelé : Bruyères. Excellent pianiste, Debussy, qui avait une prédilection pour Chopin qu’il jouait d’ailleurs souvent, recherche tout comme lui la nouveauté mais plutôt dans l’expression que dans les harmonies. Restent ces merveilleuses images sonores nimbées d’une certaine lumière, secret absolu et inimitable de l’auteur de Pelléas et Mélisande. Après l’entracte, place à ce très beau Nocturne n° 1 de Gabriel Fauré, le plus inspiré des mélodistes français. Là aussi poésie à la manière de Chopin mais avec moins de tourmente et de nostalgie. Pensée intime du musicien qui flotte dans une atmosphère délicate où les notes ont la luisance des lucioles dans le velours de la nuit. Pour prendre le relais, un morceau pétri de passion et de désarroi, La mort d’amour d’Iseult de Wagner avec transcription et arrangement pour piano par Liszt. Torrentiel et vibrant est ce passage poignant et dramatique d’un des opéras les plus célèbres de l’auteur du Crépuscule des dieux où abondent, en toute subtilité, altérations, notes accidentelles, cadences rompues et superpositions de motifs mélodiques. Pour terminer, la sonate n° 4 de Serge Prokofiev qui a abordé tous les genres avec bonheur, tout en gardant en mémoire qu’il a beaucoup écrit pour le piano, son instrument de prédilection ! Sonate de qualité exceptionnelle où se déploient avec une rare aisance les modulations aux tons éloignés et des changements de rythme, pour finir en une apothéose d’accords aux dissonances harmoniques en cavalcade. Longues salves d’applaudissements pour une excellente prestation d’un public recueilli et peu nombreux, car il faut bien convenir, les temps ne sont pas propices aux réjouissances musicales... Mais la musique, langage universel de tendresse, d’évasion et de paix, a ici tous les atouts pour nous réconcilier avec la vie et chasser les nuages noirs... Edgar DAVIDIAN
Il est jeune, il est vrai, mais le talent n’attend guère le nombre des années... Né à Moscou en 1981, familier au piano dès l’âge de quatre ans (bonjour Mozart !), élève d’Anatoly Ryabov, Paul Schenly et Daniel Shapiro,voilà un interprète de vingt et un printemps dont le jeune parcours ne ressemble pas aux autres. Déjà auréolé de plus d’un prix et nanti d’un CV impressionnant, Konstantin Soukhovestski, puisque c’est de lui qu’il s’agit, cheveux blonds comme un épi doré, lunettes épaisses avec cadre noir et costume sombre, a offert aux mélomanes libanais un programme riche et varié, attestant d’une grande culture pianistique et à faire pâlir les plus téméraires des champions du clavier. Au menu, des pages éblouissantes de virtuosité discrète, de vigueur et de sensibilité, de Beethoven, Chopin,...