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Actualités - Chronologie

Une lutte d’influence entre Le Caire et Ryad ?

L’absence du président égyptien Hosni Moubarak au sommet de Beyrouth est une illustration de la bataille pour le leadership arabe qui oppose l’Égypte à l’Arabie saoudite, depuis que Ryad a lancé une initiative de paix au Proche-Orient. C’est ce qu’estiment certains analystes au Caire, qui précisent que cette absence pourrait s’expliquer par des «divergences sur l’initative de paix saoudienne», thème central du sommet de Beyrouth. Dans une déclaration faite hier pour expliquer les raisons qui l’ont poussé à s’abstenir de se rendre à Beyrouth, le président Moubarak a certes affirmé son «soutien» à l’offre de paix du prince héritier Abdallah d’Arabie saoudite, mais depuis l’annonce de cette initiative, le 17 février dernier dans un entretien au quotidien américain New York Times, le chef de l’État égyptien a plusieurs fois émis des réserves à son sujet et laissé percer son irritation. L’initiative, nouvelle version de la formule «la terre contre la paix», propose que les pays arabes établissent des «relations normales» avec Israël contre le retrait par ce pays de tous les territoires arabes occupés en 1967. «Les Israéliens sont-ils prêts à se retirer des territoires occupés ?» s’était interrogé M. Moubarak le 28 février, ajoutant : «Cela ne marchera pas». Dans une interview à la LBC avant le sommet, le président Moubarak avait déclaré, en outre, à ce propos : «Ce n’est pas une initiative, mais une interview». «Normalement, quand il y a initiative, l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Syrie se concertent et nous en prenons tous connaissance. Dans ce cas-là, c’était une interview», avait souligné le chef de l’État égyptien. Les analystes au Caire précisent sur ce plan que le président Moubarak prend le risque de torpiller l’effort saoudien par son absence à un sommet réuni pour l’approuver au plus haut niveau, «une attitude révélatrice de la concurrence entre Le Caire et Ryad pour le leadership arabe». «M. Moubarak est mécontent d’avoir appris l’existence de cette initiative par la presse», indiquait mardi un responsable libanais. «L’Égypte, où siège la Ligue arabe, se voit comme la grande puissance du monde arabe et n’apprécie pas que l’Arabie saoudite, protecteur des lieux saints et principal bailleur de fonds du monde arabe, lui dispute la primauté politique», soulignait ce responsable. L’Égypte s’appuie traditionnellement sur la puissance de sa diplomatie, dont elle tire d’année en année des bénéfices tant politiques qu’économiques. La paix signée avec Israël en 1979, le soutien du Caire aux États-Unis pendant la guerre du Golfe en 1991, son rôle de médiateur entre Israéliens, Palestiniens et Américains constituent autant d’étapes d’une politique qui garantit d’importantes aides financières internationales, notent les observateurs au Caire. Les États-Unis versent environ deux milliards de dollars par an à l’Égypte, la deuxième aide américaine après celle à Israël. «Pas question dans ce contexte de laisser l’initiative à l’Arabie saoudite, qui pèse déjà d’un poids énorme par ses aides financières aux Palestiniens, aux régimes arabes, aux grands projets régionaux, et même aux familles des victimes de l’incendie d’un train qui a fait 361 morts, en février, près du Caire», relèvent certains analystes égyptiens.
L’absence du président égyptien Hosni Moubarak au sommet de Beyrouth est une illustration de la bataille pour le leadership arabe qui oppose l’Égypte à l’Arabie saoudite, depuis que Ryad a lancé une initiative de paix au Proche-Orient. C’est ce qu’estiment certains analystes au Caire, qui précisent que cette absence pourrait s’expliquer par des «divergences sur l’initative de paix saoudienne», thème central du sommet de Beyrouth. Dans une déclaration faite hier pour expliquer les raisons qui l’ont poussé à s’abstenir de se rendre à Beyrouth, le président Moubarak a certes affirmé son «soutien» à l’offre de paix du prince héritier Abdallah d’Arabie saoudite, mais depuis l’annonce de cette initiative, le 17 février dernier dans un entretien au quotidien américain New York Times, le chef de...