Un dispositif électrique mis au point en France pour «resynchroniser» le cœur des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, réfractaires aux traitements médicamenteux, avant même d’avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché officielle connaît un intérêt général surprenant. «En tout, environ 700 personnes ont bénéficé de cet appareil dans le cadre des études menées en France et aux États-Unis, mais environ 1 500 exemplaires supplémentaires ont été implantés l’an dernier dans les hôpitaux publics français», a signalé le Pr Jean-Claude Daubert, à Paris. Chef du service de cardiologie à l’Hôpital de Rennes, le Pr Daubert est à l’origine de la conception de ce «resynchronisateur» qualifié de «réel espoir pour les patients». Selon le Pr Daubert, dans les hôpitaux publics, ces appareils seraient commandés en gros. Sous l’appellation de stimulateurs cardiaques, en Italie et en Allemagne, ils connaîtraient aussi un succès certain. Le prix de ces «resynchronisateurs» pourrait varier de 6 000 à 23 000 euros. Mais ils auraient l’avantage de faire aussi office de défibrillateurs, des équipements valant plus de 18 000 euros. Plus de 500 000 personnes souffrent, en France, d’insuffisance cardiaque et environ 120 000 nouveaux cas sont découverts chaque année. Selon les spécialistes, environ 10 % de ces malades, pour lesquels les médicaments sont inopérants, pourraient bénéficier de la pose d’un «resynchronisateur». Chez ces malades, la défaillance de la pompe cardiaque est aggravée par une contraction anarchique : du fait d’anomalies de la propagation électrique à l’intérieur du ventricule, ses différentes parois ne se contractent plus simultanément comme elles le devraient, mais en ordre dispersé. Placé sous la peau et relié à trois électrodes – un sur le ventricule gauche, un dans le ventricule droit et un dans l’oreillette – le désynchronisateur détecte les anomalies et les corrige en envoyant des impulsions électriques. Idéalement, la greffe de cœur serait la meilleure solution. Mais l’accès à cette option est des plus restreints: le nombre des transplantations cardiaques a diminué de moitié en dix ans, de 640 en 1990 à tout juste 320 l’an dernier. Quant au cœur artificiel totalement autonome, «il reste encore un mythe, et le recours au cœur artificiel partiellement implantable connaît un frein financier important puisque son prix est d’environ 150 000 euros» selon le Pr Daubert. Déjà, deux études ont mis en évidence l’intérêt du resynchronisateur : l’étude française «Mustic» montre que cette stimulation améliore «très significativement» la tolérance à l’effort, la qualité de vie de patients et divise par sept le nombre de leurs hopitalisations. Des résultats confirmés par une étude américaine portant sur 580 patients. Deux autres études sont en cours pour savoir si les «désynchronisateurs» font baisser la mortalité, comme l’espèrent les cardiologues.
Un dispositif électrique mis au point en France pour «resynchroniser» le cœur des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, réfractaires aux traitements médicamenteux, avant même d’avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché officielle connaît un intérêt général surprenant. «En tout, environ 700 personnes ont bénéficé de cet appareil dans le cadre des études menées en France et aux États-Unis, mais environ 1 500 exemplaires supplémentaires ont été implantés l’an dernier dans les hôpitaux publics français», a signalé le Pr Jean-Claude Daubert, à Paris. Chef du service de cardiologie à l’Hôpital de Rennes, le Pr Daubert est à l’origine de la conception de ce «resynchronisateur» qualifié de «réel espoir pour les patients». Selon le Pr Daubert, dans les hôpitaux publics, ces...
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