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Actualités - Chronologie

Adieux lugubres pour le ministre de l’Aviation assassiné

Premier dirigeant politique afghan assassiné depuis la chute des talibans, Abdul-Rahman, ministre de l’Aviation civile et du Tourisme, a été enterré samedi dans une ambiance lugubre de pluie et de froid, et dans l’indifférence des Kaboulis. Hamid Karzaï, chef du gouvernement intérimaire, qui a assisté à la cérémonie, a lancé un appel pour que les Afghans cessent de s’entre-tuer et marchent vers la paix. Le cortège était arrivé samedi en début d’après-midi au cimetière de Shohada-e-Salehin, dans la périphérie de la capitale afghane, et comptait un grand nombre de véhicules officiels, transportant le ban et l’arrière-ban du gouvernement intérimaire. Parmi eux, Mohammad Qassim Fahim, ministre de la Défense, et Yunus Qanooni, ministre de l’Intérieur, dont des collaborateurs de haut niveau ont été accusés et arrêtés après l’assassinat d’Abdul-Rahman jeudi à l’aéroport de Kaboul. Initialement attribué à une foule de pèlerins en colère, exaspérés de ne pas voir arriver les avions qui devaient les emmener à La Mecque, le meurtre a ensuite été imputé par Hamid Karzaï à sept personnes, dont des généraux et un procureur du ministère de la Justice. Tous les accusés nommément cités appartiennent au Jamiat-Islami (Société islamique), un parti longtemps dirigé par l’ancien président Burhanuddin Rabbani, présent à ces funérailles, et auquel appartenait également le commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné le 9 septembre dernier. Abdul-Rahman avait lui-même appartenu au Jamiat-Islami avant d’opter pour le camp du vieux roi Mohammed Zaher Shah, auquel appartient également Hamid Karzaï. Ce revirement, et l’appartenance des accusés au Jamiat-Islami, a fait l’objet de nombreuses spéculations depuis jeudi. M. Rabbani, écarté de toute participation aux accords interafghans de Bonn, qui avaient permis la mise en place de la nouvelle Administration au pouvoir à Kaboul depuis le 22 décembre, a évité au maximum les apparitions en public depuis la signature de ces accords le 5 décembre. Devant la tombe du ministre, Hamid Karzaï a pris la parole pour déclarer : «Nous devons cesser de nous tuer, de nous assassiner, de nous poignarder». Yunus Qanooni a, lui, évoqué la personnalité du défunt, et souligné les années communes du jihad (guerre sainte) contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan (1979-1989). Il a rappelé qu’Abdul-Rahman avait été emprisonné pendant un an pour s’être opposé aux communistes. M. Rabbani, troisième et dernier orateur, a parlé des «temps durs» de la résistance à l’ex-Armée rouge, qualifiant Rahman de «bon moudjahid» (combattant). Sous la pluie qui détrempait la terre, un hommage militaire a été rendu aux portraits du défunt, au son d’une fanfare jouant des marches funèbres. Selon la coutume, aucune femme, pas même son épouse, n’était présente sur la route du convoi funèbre, précédé du catafalque posé sur une remorque d’artillerie tirée par un blindé, entre la morgue de l’hôpital militaire de Charsad Bister, la mosquée du quartier de Wazir Akbar Khan où les dernières prières ont été dites et le cimetière. La terre retournée, la pluie et le brouillard donnaient à la scène une atmosphère fantasmagorique. Abdul-Rahman restera pour nombre d’Afghans celui qui, en 1992, avait annoncé devant les caméras de la télévision nationale la fin du communisme et l’entrée des moudjahidine dans Kaboul. Gholam, Mohammad, Rafiullah, chacun des rares citoyens ordinaires a jeté un coup d’œil sur le cortège, sans l’accompagner, ont eux aussi estimé, dans l’indifférence ambiante, que le ministre «était un bon moudjahid».
Premier dirigeant politique afghan assassiné depuis la chute des talibans, Abdul-Rahman, ministre de l’Aviation civile et du Tourisme, a été enterré samedi dans une ambiance lugubre de pluie et de froid, et dans l’indifférence des Kaboulis. Hamid Karzaï, chef du gouvernement intérimaire, qui a assisté à la cérémonie, a lancé un appel pour que les Afghans cessent de s’entre-tuer et marchent vers la paix. Le cortège était arrivé samedi en début d’après-midi au cimetière de Shohada-e-Salehin, dans la périphérie de la capitale afghane, et comptait un grand nombre de véhicules officiels, transportant le ban et l’arrière-ban du gouvernement intérimaire. Parmi eux, Mohammad Qassim Fahim, ministre de la Défense, et Yunus Qanooni, ministre de l’Intérieur, dont des collaborateurs de haut niveau ont été...