Le temps sombre et nuageux, qui persiste au-dessus des sommets escarpés sur lesquels s’est écrasé mardi un avion iranien transportant 117 passagers, entrave la récupération des corps des victimes et des débris de l’appareil. Une large zone rocailleuse carbonisée marque le point d’impact du Tupolev de la compagnie nationale Iran Air Tours qui a percuté la montagne alors qu’il se préparait à atterrir sur l’aéroport de la ville de Khorramabad, dans l’ouest de l’Iran. Les débris de l’appareil sont éparpillés sur une vaste zone d’affleurements rocheux, en altitude, et recouverte d’un épais brouillard. Mercredi, les équipes de secours basées dans la vallée devaient retenir les proches des victimes qui tentaient de franchir un cordon de sécurité pour escalader la montagne et partir à la recherche des leurs. «Pourquoi est-ce que vous n’amenez pas des hélicoptères ? Même s’ils étaient encore vivants là-haut, vous les tueriez en refusant d’amener des hélicoptères», s’est ainsi écrié une proche d’une victime, ajoutant : «S’il n’y avait eu qu’un seul mollah dans cet avion, vous auriez déjà redescendu tous les corps». Des officiers de l’armée s’employaient à les calmer, expliquant qu’ils ne peuvent faire intervenir des hélicoptères, les nuages recouvrant les sommets dans la région de Chegeni, située au sud-ouest de Khorramabad. Les sauveteurs s’employaient plutôt à escalader les parois rocheuses à l’aide de cordes, tandis que des cercueils en bois brut étaient alignés sur le sol pour recevoir les corps des victimes. Le bureau des catastrophes naturelles de la province a démenti que des corps aient déjà été retrouvés. Quatre responsables du gouvernement et quatre Espagnols travaillant pour une entreprise d’électroménager figuraient parmi les passagers. Quelque 200 montagnards vont être amenés sur les lieux pour participer aux recherches conduites par les habitants de la région, l’armée et les unités de la protection civile. Des officiers de l’armée ont ordonné que des feux soient allumés tout autour du site durant la nuit, afin d’empêcher que des animaux sauvages ne s’attaquent aux cadavres. Des appels au secours angoissés avaient laissé l’espoir, jusque tôt mercredi matin, de retrouver des passagers vivants. Il s’agissait en fait d’un secouriste du Croissant-Rouge qui s’était cassé une jambe en dévissant et qui appelait à l’aide. À Téhéran, des proches en pleurs sont acourus à l’aéroport dans la nuit pour essayer d’obtenir des informations. «Mardi, c’était son anniversaire de mariage. Je lui avais acheté des cadeaux. La nuit dernière, elle m’avait dit au revoir d’une drôle de façon, un peu comme si elle savait qu’elle allait mourir», se souvient ainsi la sœur de Mohadaseh Nakhlestai, une des hôtesses de l’appareil. Les compagnies aériennes iraniennes ont été frappées par une série d’accidents au cours des dernières années. L’Iran est soumis à des sanctions américaines depuis le Iran-Libya Sanctions Act de 1996, Washington accusant Téhéran de soutenir le terrorisme. Cette loi interdit la vente de Boeing ou de pièces détachées de fabrication américaine à l’Iran. Les Boeing constituaient l’essentiel de la flotte iranienne avant la révolution islamique de 1979. Ces sanctions ont contraint Téhéran à se tourner vers l’achat d’appareils et de pièces de fabrication soviétique pour compléter sa flotte, aujourd’hui vieillissante. Si Tupolev a estimé que l’appareil était en parfait état de marche, la presse iranienne a immédiatement attribué l’origine de l’accident au constructeur. «Un vieil appareil russe s’écrase une fois de plus», indiquait ainsi la manchette du quotidien iranien Siyasat-e Rouz. Les députés iraniens ont réclamé la démission du ministre des Transports Ahmad Khorram et du directeur de l’agence de l’aviation civile, Behzad Mezaheri. Le président Mohammad Khatami a demandé la constitution d’une commission d’enquête spéciale. Selon des représentants de l’aviation civile présents sur les lieux, l’appareil s’était éloigné de sa trajectoire normale peu avant l’accident. Mais ce n’est qu’avec le décryptage de la boîte noire de l’appareil que cela pourra être confirmé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le temps sombre et nuageux, qui persiste au-dessus des sommets escarpés sur lesquels s’est écrasé mardi un avion iranien transportant 117 passagers, entrave la récupération des corps des victimes et des débris de l’appareil. Une large zone rocailleuse carbonisée marque le point d’impact du Tupolev de la compagnie nationale Iran Air Tours qui a percuté la montagne alors qu’il se préparait à atterrir sur l’aéroport de la ville de Khorramabad, dans l’ouest de l’Iran. Les débris de l’appareil sont éparpillés sur une vaste zone d’affleurements rocheux, en altitude, et recouverte d’un épais brouillard. Mercredi, les équipes de secours basées dans la vallée devaient retenir les proches des victimes qui tentaient de franchir un cordon de sécurité pour escalader la montagne et partir à la recherche des...