Le dollar s’est raffermi face aux autres grandes monnaies hier sur les marchés des changes internationaux après que les ventes de détail aux États-Unis eurent progressé plus fortement qu’attendu en janvier. Ces ventes, qui ont baissé de 0,2 % le mois dernier par rapport à décembre, comme attendu, ont augmenté, hors automobiles, de 1,2 %, la hausse la plus forte depuis mars 2000, suggérant une nette reprise de la consommation, moteur de la croissance américaine. De l’avis unanime des cambistes, la composante hors ventes d’automobiles de cet indicateur a été bien reçue par les marchés des changes, car cela confirme qu’il s’agit d’un bon début d’année pour l’économie américaine. «C’est une bonne nouvelle pour les places boursières américaines et pour le billet vert», indique-t-on dans ces mêmes milieux. Les cambistes ont également anticipé la progression de l’indice de confiance de l’université de Michigan qui sera publié demain. Selon les analystes de 4Cast, «il faut s’attendre à ce que la confiance des consommateurs aux États-Unis continue à progresser en février», ce qui est censé soutenir le dollar contre l’euro. Même constat de la part des analystes de BNP Paribas estimant que «les statistiques sont très favorables au dollar, et en plus, les rares décisions et les chiffres qui concernent directement ou indirectement la monnaie européenne ne font rien pour arranger les choses». À cet égard, la décision des ministres des Finances de l’Union européenne de ne pas lancer un avertissement à l’Allemagne pour condamner ses dérapages budgétaires est toujours perçue sur les marchés comme un sacré coup de canif dans la pacte de stabilité de l’euro. Il en est de même de la publication hier d’un rapport de la Fédération allemande des Chambres de commerce et d’industrie (DIHK) selon lequel la conjoncture en Allemagne ne devrait pas connaître de reprise tangible cette année, estimant que la croissance n’atteindra par conséquent que 0,5 %, soit un niveau encore plus faible qu’en 2001 (0,6 %). De plus, le dollar s’est renforcé hier face au yen après l’annonce par l’agence américaine Moody’s que la période de mise sous surveillance de la dette intérieure du Japon pourrait déboucher sur une confirmation de la note Aa3 ou un abaissement d’un ou de deux crans en raison principalement de la déflation dans ce pays. Cela d’autant que ce niveau de notation sera le même qu’au Chili et en Hongrie. En outre, la livre sterling s’est ressentie hier des pronostics de la Banque d’Angleterre, dans son rapport trimestriel, que la croissance du produit intérieur brut (PIB) britannique risquait de ralentir au premier semestre 2002 avant de se redresser ensuite. Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que le dollar renoue avec la hausse, se négociant à New York, comme suit : – 0,8715 pour un euro contre 0,8770, la veille (+0,63 %) – 1,4288 pour un sterling contre 1,4335 (+0,33 %) – 1,6995 FS contre 1,6855 (+0,83 %) – 133,30 yens contre 132,60 (+0,53 %). Orientation haussière de Wall Street et du Nasdaq Sur les places boursières internationales, Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq ont été orientées à la hausse hier, grâce aux perspectives plus encourageantes pour l’économie américaine après la publication d’une nette hausse des ventes de détail aux États-Unis hors automobiles le mois dernier. Cette statistique est venue réconforter les investisseurs boursiers, préoccupés depuis plusieurs semaines par la possibilité d’une reprise anémique. Mais l’appétit des consommateurs, dont les dépenses représentent les deux tiers du PIB américain, semblent maintenant balayer ces inquiétudes. Joel Naroff, un économiste indépendant, a estimé hier que la récession aux États-Unis paraît terminée. Il a affirmé que les consommateurs, qui ont été le pilier de l’économie américaine, vont le rester, s’attendant à un bon chiffre de ventes en février, au vu des statistiques hebdomadaires. Pourtant, la hausse de certaines valeurs boursières a été très limitée en raison des malversations comptables de quelques sociétés sans pour autant compromettre la tendance générale du marché. En effet, plusieurs titres ont été en vedette hier, dont Viacom qui a fait état de signes prometteurs pour son activité publicitaire, Johnson & Johnson qui lancé un programme de rachats de ses actions de 5 milliards de dollars et Applied Materials qui a publié des résultats meilleurs que prévu et des prévisions optimistes. Cela étant, l’indice composite Nasdaq s’est installé dans le vert à plus de 1 850 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 856,90 points et un plus haut 9 998,20 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 979,99 points, en hausse de 116,25 points sur la veille. Hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont fini mercredi pour la plupart en hausse grâce aux valeurs cycliques qui l’ont emporté sur des valeurs télécoms en baisse, et à des ventes au détail américaines meilleures que prévu. À la clôture des places financières sur le Vieux continent, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a gagné 0,78 % à 1 221,05 points, sans parvenir à sortir de la marge de variation où il évolue depuis trois mois, tandis que l’indice limité aux valeurs de la zone euro, le DJ Euro Stoxx 50, a progressé de 0,79 % à 3 571,09 points. En Bourse de Paris, l’indice CAC 40 a clôturé sur un gain de 0,61 % à 4 364,45 points tandis qu’à Londres, l’indice Footsie a gagné 0,35 % à 5 153,90 points et à Francfort, l’indice DAX de 1,04 %. Le secteur cyclique des ressources de base, dont l’indice DJ Stoxx s’est adjugé 2,10 %, a maintenu les marchés européens en territoire positif. Les valeurs de l’automobile ont été elles aussi particulièrement sensibles à l’évolution des cycles et les investisseurs ont salué à cet égard les résultats des constructeurs français Renault et PSA Peugeot Citroën, dont les titres ont gagné respectivement 5,45 % et 2,48 %. Tokyo : fermeté de la cote La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,9 % mercredi, sur des espoirs d’application de mesures gouvernementales antidéflation, avant l’importante visite du président américain George W. Bush au Japon, ont indiqué des courtiers. La décision de l’agence américaine Moody’s de mettre sous surveillance la dette intérieure en yens du Japon en vue d’une éventuelle nouvelle rétrogradation n’a eu qu’un impact limité sur le marché dans la mesure où elle ne constituait pas une surprise, ont-ils ajouté. L’indice Nikkei a terminé en hausse de 90,36 points, à 9 968,35, après avoir franchi temporairement durant la séance la barre des 10 000 points, pour la première fois depuis le 1er février. L’indice élargi Topix a progressé pour sa part de 9,08 points, à 938,18. Le volume des échanges a été estimé à 814 millions de titres. Parmi les valeurs traitées mercredi, 1 047 ont fini en hausse, 305 en baisse et 136 inchangées. L’annonce de la révision de la note de la dette intérieure par Moody’s n’a pas eu une influence majeure sur la bourse, a noté Jean-Pascal Rolandez, de chez BNP Paribas. Jugeant que «la déflation est le principal défi auquel les autorités japonaises doivent faire face», Moody’s a placé sous surveillance la dette intérieure en yens du Japon, déjà ramenée à la note Aa3. Cette période pourrait déboucher sur un abaissement de la note d’un ou deux crans. Parallèlement, le sentiment du marché s’est amélioré ces derniers jours sur des espoirs de nouvelles mesures économiques, notamment un programme de mesures destinées à lutter contre la déflation dont souffre le Japon depuis le milieu des années 1990 et une accélération du règlement des mauvaises créances des banques. En outre, l’instauration la semaine dernière de règles de vente à découvert plus strictes a contribué à améliorer les conditions de l’offre et de la demande de titres. «Les vendeurs à découvert ont été effectivement chassés du marché», a déclaré Tsuyoshi Segawa, de chez Shinko Securities. «Ajouté aux espoirs d’action politique, cela devrait aider le marché à avancer, au moins jusqu’au sommet États-Unis-Japon». Il a cependant ajouté que «le marché va subir un véritable test après le départ de (George W.) Bush du Japon».
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