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Actualités - Reportage

ART Lithographies originales de la Belle Époque chez Aïda Cherfan(PHOTOS)

La galerie Aïda Cherfan (place de l’Étoile, rue Hussein el-Ahdab) expose, jusqu’au 28 février, 36 lithographies originales signées SEM, pseudonyme de Georges Goursat (1863-1934), un célèbre caricaturiste français de la Belle Époque. Chroniqueur de la vie mondaine, SEM fait défiler le «Tout-Paris» des années folles dans ses croquis et ses lithographies en couleurs. Ce provincial (il est né à Périgueux), monté à Paris en 1900 (à l’instigation d’un ami journaliste, Jean Lorrain, qui avait décelé en lui une belle acuité de regard sur les gens), a passé sa vie à suivre, l’œil affûté et le crayon à la main, ces assemblées de dandys et d’élégantes qui formaient un cercle restreint composé de la bonne société et de quelques demi-mondaines. Ils avaient des lieux de prédilection codifiés. Ils se déplaçaient invariablement des salons de thé aux dîners chics en ville, en passant par les fameux Palais de Glace ou Maxim’s. Ils assistaient aux courses à l’hippodrome d’Auteuil ou à celui de Longchamp, avant de se retrouver entre gens huppés à Armenonville, un pavillon très sélect du Bois de Boulogne. Ils fréquentaient les casinos et les salles de jeux des palaces de la Côte d’Azur, ou encore allaient «prendre les eaux» à Evian ou à Deauville… Cette douceur de vivre, dans laquelle semble baigner ce microcosme parisien du début du XXe siècle, est évoquée dans les tableaux de SEM par un mélange de dessins et de courtes légendes explicatives. Ses compositions sont sobres. Ses personnages, saisis en plein mouvement, sont mis en valeur par un fond blanc qu’aucune surcharge d’ornementation ne vient troubler. Même lorsque SEM fait œuvre de portraitiste, ses personnages ne sont jamais compassés. Ils discutent, bavardent, papotent, se promènent, en calèche ou à pied canne à la main, se saluent, au hasard d’une rencontre, par une brève inclinaison de la tête, un rapide soulèvement du haut-de-forme… Le lieu est, quant à lui, suggéré par les tenues surtout (robes longues, plumes et aigrettes pour une soirée dansante, nœud papillon au casino, manteaux en extérieur, ombrelles à l’hippodrome, etc. ) et parfois par quelques éléments du décor : deux rangs de fauteuils rouges pour la salle des Variétés, une mince ligne de bar pour l’établissement chic du Palais de Glace, le tapis vert du casino … Saisies sur le vif, les scènes que représentait SEM décrivent en peu de choses une ambiance, une époque et un monde révolu. Son coup de crayon, pointu sans être vraiment méchant, ne caricaturait pas vraiment ses contemporains. C’est plutôt leur snobisme qu’il épinglait en forçant un peu sur une attitude par-ci, un mouvement d’épaule par-là, un cou tendu en avant, une bedaine gonflée à bloc… Autant de détails que ce fin physionomiste mettait à contribution pour en révéler long sur la personnalité de ses modèles. Et qui rendent ses lithographies si particulières. Z.Z.
La galerie Aïda Cherfan (place de l’Étoile, rue Hussein el-Ahdab) expose, jusqu’au 28 février, 36 lithographies originales signées SEM, pseudonyme de Georges Goursat (1863-1934), un célèbre caricaturiste français de la Belle Époque. Chroniqueur de la vie mondaine, SEM fait défiler le «Tout-Paris» des années folles dans ses croquis et ses lithographies en couleurs. Ce provincial (il est né à Périgueux), monté à Paris en 1900 (à l’instigation d’un ami journaliste, Jean Lorrain, qui avait décelé en lui une belle acuité de regard sur les gens), a passé sa vie à suivre, l’œil affûté et le crayon à la main, ces assemblées de dandys et d’élégantes qui formaient un cercle restreint composé de la bonne société et de quelques demi-mondaines. Ils avaient des lieux de prédilection codifiés. Ils se...