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Actualités - Chronologie

Pour Washington, la convention de Genève ne s’applique qu’aux talibans(photo)

Après deux semaines d’interruption, les Américains ont repris l’acheminement de prisonniers d’Afghanistan vers la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba, ayant clarifié leur statut au regard du droit international. La Maison-Blanche a annoncé hier que la convention de Genève sur les prisonniers de guerre s’appliquerait aux prisonniers talibans, mais pas aux membres du réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Mais la présidence américaine a répété que Washington ne leur accorderait pas le statut de prisonniers de guerre, tel que défini dans cette convention internationale qui différencie entre «prisonniers de guerre» et «mercenaires». Un nouveau groupe d’une vingtaine de prisonniers acheminés de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, était attendu hier soir à Guantanamo, selon un porte-parole de la base, Steve Cox. Ils devaient dès leur arrivée être interrogés pour essayer d’établir leur identité, avant d’être conduits, comme les 158 prisonniers déjà présents à Guantanamo, dans de minuscules cellules grillagées en plein air, récemment achevées. Ces détenus, membres présumés du réseau el-Qaëda ou anciens talibans, viennent de 25 pays, a précisé jeudi le général Michael Lehnert, responsable du centre de détention, baptisé Camp X Ray. La Maison-Blanche avait récemment parlé d’une trentaine de pays. Le nom de ces pays n’est pas rendu public, «à la demande de nombreuses nations», a indiqué le général. Plusieurs pays ont cependant fait savoir qu’ils avaient des ressortissants sur place : deux Français, plusieurs Britanniques, un Belge, une vingtaine de Yéménites et de nombreux Saoudiens. Selon le général, l’identification des prisonniers est loin d’être terminée. «De temps en temps, nous avons encore des individus qui viennent nous dire qu’ils nous ont donné une fausse identité. Il nous faut travailler avec ça», a-t-il expliqué, alors qu’un groupe d’une vingtaine de journalistes était invité jeudi à visiter un hôpital de campagne installé pour les détenus sous plusieurs tentes. Les conditions de détention des prisonniers de Guantanamo, que Washington considère comme des «combattants illégaux», ont suscité de nombreuses critiques. Les premiers sont arrivés le 11 janvier, et à ce jour ignorent encore s’ils seront jugés, pour quoi et par qui, tribunal civil, militaire, ou commissions militaires d’exception dont le président George W. Bush avait annoncé la création le 13 novembre. Hier, la Maison-Blanche a cependant clarifié leur statut, accordant aux seuls talibans la protection de la convention de Genève, dans le cadre du protocole traitant des combattants n’étant pas des prisonniers de guerre. Et les autorités américaines ont répété qu’ils continueraient à être bien traités. Mercredi, l’un d’eux, âgé de 21 ans, a subi une ablation de l’œil gauche, blessé il y a six ans et dont la taille avait triplé depuis, a expliqué aux journalistes le capitaine Pat Alford, responsable de l’hôpital de campagne. Hier, un autre prisonnier blessé par balles en Afghanistan a été amputé au-dessus du genou, a-t-il ajouté. Au total, neuf malades ou blessés étaient hospitalisés hier sous les tentes à air conditionné. Tous étaient menottés sur leur lit, les pieds enchaînés. Dans le camp, selon les autorités, l’atmosphère s’est détendue. «Les détenus sont plus à l’aise maintenant. Ils étaient très tendus à leur arrivée, mais ils savent maintenant que nous les traitons de façon humaine», a expliqué le colonel Terry Carrico, responsable de la sécurité du camp.
Après deux semaines d’interruption, les Américains ont repris l’acheminement de prisonniers d’Afghanistan vers la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba, ayant clarifié leur statut au regard du droit international. La Maison-Blanche a annoncé hier que la convention de Genève sur les prisonniers de guerre s’appliquerait aux prisonniers talibans, mais pas aux membres du réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Mais la présidence américaine a répété que Washington ne leur accorderait pas le statut de prisonniers de guerre, tel que défini dans cette convention internationale qui différencie entre «prisonniers de guerre» et «mercenaires». Un nouveau groupe d’une vingtaine de prisonniers acheminés de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, était attendu hier soir à Guantanamo, selon un porte-parole de...