L’euro est resté coincé hier sous le seuil de 0,87 dollar, victime toujours de quelques prises de bénéfices à l’approche de ce niveau, les cambistes hésitant à prendre de nouvelles positions en attendant les résultats du sommet du Groupe des Sept pays occidentaux les plus industrialisés (G7) à Ottawa, dimanche prochain. La monnaie européenne n’a donc pas réussi à franchir le seuil de résistance de 0,87 dollar malgré le nouvel accès de faiblesse de Wall Street et l’échec du plan de relance économique du président George W. Bush au Sénat, en raison de la propension de certains opérateurs à prendre leurs gains avant le sommet du G7. De plus, l’annonce officiellement dans la matinée d’hier par le Bureau fédéral du Travail en Allemagne que le nombre des chômeurs s’est élevé le mois dernier à 4,29 millions, en hausse de 326 400 par rapport à décembre, soit l’équivalent de 10,4 % de la population active contre 9,6 % pendant la même période, a constitué un autre facteur défavorable à la reprise de l’euro. Cela d’autant que le marché venait d’apprendre ensuite que la productivité aux États-Unis a progressé de 3,5 % au quatrième trimestre 2001 contre 1,1 % au troisième trimestre, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 2,9 %. De fait, le marché s’est montré très prudent en attendant les résultats du sommet du G7. Selon les observateurs, cette réunion pourrait ouvrir un fossé entre les États-Unis et la zone euro, car les Américains pourraient reprocher aux Européens de ne rien faire pour soutenir la relance économique. Et d’ajouter que cela risque bien de relancer les pressions sur la devise européenne. En outre, le marché a suivi aussi l’évolution du yen qui est resté faible hier en raison de la persistance des inquiétudes sur les fondamentaux de l’économie japonaise surtout après la décision de Standard & Poor’s d’abaisser les notes à long terme de sept grandes banques japonaises, estimant que leurs mauvaises créances allaient continuer de se détériorer en raison de la récession dans le pays. Enfin, le sterling est resté stable, alors que le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) se réunit aujourd’hui pour déterminer le niveau des taux d’intérêt britanniques. Dans l’attente du G7 et de la réunion de la BoE qui pourrait maintenir son principal taux directeur à 4 %, le dollar s’est négocié à New York, sur un ton hésitant à la hausse ainsi qu’à la baisse, comme suit : – 0,8685 pour un euro contre 0,8665, la veille – 1,4130 pour un sterling contre 1,4145 – 1,6945 FS contre 1,6995 – 133,60 yens contre 133,90 – 1,605 dollar canadien contre 1,5970. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, Wall Street s’est accrochée aux prévisions optimistes de Cisco pour tenter une reprise hier au terme d’une séance en dents de scie, contrairement au Nasdaq qui a flanché sur fond d’inquiétudes concernant les pratiques comptables des grands groupes américains, dans des marchés très volatils. Cisco, qui doit publier après la clôture ses résultats du deuxième trimestre clos fin janvier, a annoncé dans la journée que son bénéfice et son chiffre d’affaires sur le trimestre seraient supérieurs aux attentes des analystes qui tablaient sur un bénéfice de 5 cents par action et un chiffre d’affaires de 4,546 milliards de dollars contre respectivement 18 cents et 6,748 milliards de dollars un an plus tôt sur la même période. Par ailleurs, le groupe diversifié Tyco, dont les titres sont liquidés par les investisseurs inquiets de ses pratiques comptables, a annoncé hier la tenue d’une conférence téléphonique avec la communauté financière pour «faire le point sur la solide position financière et les solides perspectives de la société». Le scandale d’Enron continue également à retenir l’attention des investisseurs, avec la tenue d’auditions au Congrès sur le courtier en énergie dont la faillite spectaculaire a permis de faire le jour sur des pratiques comptables douteuses. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est resté pratiquement faible à moins de 1 820 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 608,21 points et un plus haut à 9 733,10 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 691,72 points, en légère hausse de 6,29 points sur la veille. Accentuation de la baisse des Bourses européennes... Les Bourses européennes ont fini en baisse mercredi dans le sillage de DaimlerChrysler et de Wall Street, malgré les prévisions positives de Cisco et la hausse plus forte que prévu de la productivité américaine. Les gestionnaires de fonds expliquent que les doutes concernant la véracité des comptes des entreprises, à la suite du scandale financier et comptable d’Enron, et le manque de confiance dans les signes annonciateurs d’une reprise économique incitent peu à investir. «Enron a eu des répercussions énormes et les Européens ont sous-estimé à quel point les Américains détestent ce genre de mésaventure. Ce sont les institutionnels américains qui ont fait baisser les marchés d’actions européens», a constaté Stuart Fraser, de Standard Life Investments. L’indice Eurotop 300 a perdu 1,02 % à 1 192,65 et l’Eurostoxx 50 a reculé de 1,42 % à 3 485,38. À Paris, le Cac-40 a perdu 0,79 % à 4 273,81 points ; à Londres, le FTSE-100 a reculé de 0,38 % et à Francfort, le Dax a abandonné 2,68 %. Toute une série de secteurs tels que les télécoms, la technologie, l’assurance, les banques, les médias et la distribution ont touché de nouveaux plus bas depuis le début de l’année. Seules des défensives telles que les services collectifs et les soins médicaux et certaines cycliques ont tiré leur épingle du jeu. «À mon avis, le marché finira par reconnaître que les indicateurs économiques suggèrent une reprise et commenceront à rebondir. C’est pourquoi les cycliques montent, mais les défensives ne font que résister, à cause d’autres inquiétudes», a ajouté Fraser. Le constructeur automobile germano-américain DaimlerChrysler a perdu 4,34 % à 42,81 euros, après avoir annoncé qu’il atteindrait ses objectifs de bénéfices, mais plus tard que prévu, et qu’il réduirait son dividende plus fortement qu’on le pensait. «Les chiffres de 2001 sont conformes aux prévisions. La baisse du dividende est plus sévère qu’on l’attendait», a noté Joseph Harrigan, analyste chez Credit Suisse First Boston. «Ils ont fini par publier le “profit warning” que le marché attendait en reportant la réalisation de leurs objectifs». ... et de la Bourse de Tokyo La Bourse de Tokyo a accusé mercredi une quatrième séance consécutive de baisse, sous la conduite de Mizuho Holdings Inc et d’autres grandes banques, les investisseurs s’inquiétant de la situation du système financier et du sort des réformes structurelles promises par le Premier ministre Junichiro Koizumi. L’indice Nikkei 225, pourtant en hausse le matin, a finalement perdu 54,75 points (0,58 %) à 9 420,85, nouveau plus bas depuis 18 ans. L’indice plus large Topix a cédé 3,76 points ou 0,41 % à 922,51, également au plus bas depuis la bulle spéculative des années 1980. «Le seul vrai soutien que nous ayons en ce moment vient des fonds de pension qui rééquilibrent leurs portefeuilles après une vive baisse», a commenté Koichi Ogawa, gestionnaire chez Daiwa SB Investments. Le projet de réformes structurelles promises par Junichiro Koizumi, en particulier l’abandon des créances douteuses des banques, est mis en doute depuis le limogeage surprise de la populaire ministre des Affaires étrangères Makiko Tanaka. La cote de popularité du Premier ministre a depuis chuté, semant le trouble sur le marché. Les transactions ont été modérément actives, avec 715,17 millions de titres échangés, contre 778,65 millions mardi, et les replis l’ont emporté sur les progressions par 717 à 591. Le gestionnaire de Daiwa estime que le Nikkei pourrait encore perdre 5 %, pour tomber sous le seuil des 9 000. Mizuho, la première banque mondiale par les actifs, a cédé 4,76 % à un plus bas record de 200 000 yens, au lendemain d’un déclassement des notes de ses membres par Standard & Poor’s. Premier volume du jour, NEC Corp s’est stabilisé en reprenant 0,23 % à 884 yens après une chute de près de 30 % en douze séances. Sumitomo Metal Mining Co Ltd s’est octroyé 0,78 % à 518 yens, bénéficiant de la montée des cours de l’or à un plus haut depuis un an et demi.
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