Huit personnes, cinq policiers et trois civils, ont été tuées lundi par deux parachutistes russes qui ont ensuite été abattus après avoir déserté de leur unité et causé un vent de panique dans plusieurs villes du Tatarstan, a-t-on appris hier de source militaire. Les deux déserteurs, armés d’armes automatiques et bardés de munitions, qui circulaient à bord d’une voiture volée, ont d’abord ouvert le feu à plusieurs reprises sur des policiers. Un policier et deux personnes ont été abattues lors d’un barrage. Dans la ville de Buinsk, les militaires en fuite ont tiré sur une voiture de police lancée à leurs trousses, un policer a été tué et deux autres blessés. Enfin, après avoir tué le conducteur d’une seconde voiture, les deux déserteurs ont été repérés près d’une gare où ils ont échangé des coups de feu avec les forces de police causant la mort de quatre policiers, avant d’être finalement abattus à leur tour. La sanglante cavale des deux appelés déserteurs illustre le malaise d’une armée à la réforme maintes fois reportée, et la violence latente qui s’est installée dans la société russe. Les désertions et les règlements de comptes sont monnaie courante dans l’armée russe, aux conditions de service notoirement éprouvantes. Jeudi dernier, deux appelés servant dans une unité de gardes-frontières de Tchoukotka (Grand-nord russe) ont déserté après avoir abattu trois officiers et un sergent. Le Comité des mères de soldats milite pour l’apparition d’un service alternatif, mais a récemment dénoncé l’opposition à ce projet du ministère de la Défense, qui tente d’imposer au gouvernement un texte extrêmement restrictif. Quant au passage à une armée de métier, initialement annoncé par l’ancien président Boris Eltsine pour l’an 2000, il a été maintenu, mais reporté, de même que la réforme militaire, à l’horizon 2010 par Vladimir Poutine. À l’origine du carnage au Tatarstan, les militaires eux-mêmes n’ont pas exclu l’hypothèse «d’irrégularités» au sein de la 31e division de parachutistes, théoriquement une unité d’élite qui a notamment participé à la guerre en Tchétchénie. Les deux déserteurs n’avaient eux-mêmes pas combattu dans ce conflit, selon l’armée. Le commandant en chef des forces aéroportées, le général Gueorgui Chpak, s’est rendu sur place et a formé une commission d’enquête qui a entrepris d’étudier le «climat moral et psychologique» dans l’unité d’Oulianovsk. Mais les enquêteurs ont également établi que l’un des déserteurs, le sergent Chagueev, avait été condamné par la justice à deux reprises, en particulier pour vol. Son incorporation dans une unité d’élite est à ce titre «inexplicable», a estimé un responsable policier sur la chaîne ORT. Lors de la dernière conscription, de hauts responsables militaires s’étaient plaints qu’outre des défaillances physiques, psychiques et le problème croissant de la drogue, les recrues ne constituaient souvent pas «la crème de la nation». Selon eux, la hausse depuis la chute de l’URSS de la criminalité et de la violence en Russie, où environ un million de personnes peuplent le système pénitentiaire et où près de 30 000 meurtres sont commis chaque année, influe notamment sur l’état de l’armée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Huit personnes, cinq policiers et trois civils, ont été tuées lundi par deux parachutistes russes qui ont ensuite été abattus après avoir déserté de leur unité et causé un vent de panique dans plusieurs villes du Tatarstan, a-t-on appris hier de source militaire. Les deux déserteurs, armés d’armes automatiques et bardés de munitions, qui circulaient à bord d’une voiture volée, ont d’abord ouvert le feu à plusieurs reprises sur des policiers. Un policier et deux personnes ont été abattues lors d’un barrage. Dans la ville de Buinsk, les militaires en fuite ont tiré sur une voiture de police lancée à leurs trousses, un policer a été tué et deux autres blessés. Enfin, après avoir tué le conducteur d’une seconde voiture, les deux déserteurs ont été repérés près d’une gare où ils ont échangé des...