Dans notre partie du monde, les Tsiganes ont mauvaise presse. On ne les connaît que de nom et quoiqu’on sait que leur violon fait fondre même le diable, on les préfère en photo plutôt qu’au naturel. Eh bien, nous avons tort. Il y a quelque temps, l’Europe découvrait avec émerveillement la culture et les mœurs du peuple tsigane. À Paris, dans le 12e arrondissement, s’installait il y a quelques mois une nef de 5000 places sur la pelouse d’un parc. À l’intérieur se déroula, des mois durant, un spectacle, résumé de la culture de ce peuple du voyage. Numéros de cirque, performances d’art et d’adresse, musique, danses et chants. Un vrai spectacle tsigane où fut également présentée une extraordinaire création de modèles couture sous le label Ligne Manouche. Une grande bouffée d’air revigorant qui démontrait qu’ils n’étaient pas seulement d’excellents acrobates, danseurs et musiciens mais aussi des génies créateurs ! Soixante-dix artistes, qui comptaient parmi eux des hommes et des femmes, des funambules et des cavaliers, des musiciens et des créateurs, déployaient sous quarante tonnes de toile un échantillon de leur patrimoine culturel. Le sortilège tsigane coûta plus de 6 millions de francs rien qu’en installations, mais le rayonnement de cette expérience reste sans prix, faisant découvrir ce que la presse qualifia de «vraie magie tsigane, une grande secousse d’émotion et d’humanité». Derrière ce vaste succès, cependant, couve un drame. À l’arrivée de la troupe et une fois les installations terminées, un violent orage, la tempête du siècle qui s’était abattue sur la France, avait tout balayé ou presque... Grâce au syndicat des cirques franco-européens et divers appuis, le tout se remit en place dans un temps record. Dans la revue Officiel qui a été partenaire de cet événement, on lit : «Une communauté malaimée, repoussée, voire maudite se met en scène. Le spectacle contribue à développer la reconnaissance de l’art de la piste que perpétuent les gens du voyage. L’allure et la beauté des femmes tsiganes, la richesse de leurs habits et de leurs bijoux rutilants ont inspiré de nombreux créateurs, artistes, librettistes d’opéra, danseurs, stylistes et cinéastes “gadjes” c’est-à-dire non tsiganes».
Dans notre partie du monde, les Tsiganes ont mauvaise presse. On ne les connaît que de nom et quoiqu’on sait que leur violon fait fondre même le diable, on les préfère en photo plutôt qu’au naturel. Eh bien, nous avons tort. Il y a quelque temps, l’Europe découvrait avec émerveillement la culture et les mœurs du peuple tsigane. À Paris, dans le 12e arrondissement, s’installait il y a quelques mois une nef de 5000 places sur la pelouse d’un parc. À l’intérieur se déroula, des mois durant, un spectacle, résumé de la culture de ce peuple du voyage. Numéros de cirque, performances d’art et d’adresse, musique, danses et chants. Un vrai spectacle tsigane où fut également présentée une extraordinaire création de modèles couture sous le label Ligne Manouche. Une grande bouffée d’air revigorant qui...
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