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De viris*

Je suis le double fils d’Ève, première mère : Caïn c’est moi, l’enfant fatal, au cœur obscur, J’en ai l’attrait du mal en mon désir impur, Et l’audace, et la force, en ma jeunesse amère. Je suis aussi l’Abel aux doux yeux de chimère, L’enfant blanc et naïf qui découvrit l’azur Inventa l’idéal, et cueillit le fruit mûr De la première mort sur la vie éphémère. Je suis Abel, victime, et Caïn l’assassin : Tous les deux à la fois, et la brute et le saint Se disputent sans fin le sang de mon cœur troublé. Je ne suis aucun d’eux. Je n’ai point d’unité. Je suis le double fils d’Éve, la femme double, Et je suis à moi seul toute l’humanité. * Poème de Charles Corm, dédié à Fouad E. Boustany, 1931.
Je suis le double fils d’Ève, première mère : Caïn c’est moi, l’enfant fatal, au cœur obscur, J’en ai l’attrait du mal en mon désir impur, Et l’audace, et la force, en ma jeunesse amère. Je suis aussi l’Abel aux doux yeux de chimère, L’enfant blanc et naïf qui découvrit l’azur Inventa l’idéal, et cueillit le fruit mûr De la première mort sur la vie éphémère. Je suis Abel, victime, et Caïn l’assassin : Tous les deux à la fois, et la brute et le saint Se disputent sans fin le sang de mon cœur troublé. Je ne suis aucun d’eux. Je n’ai point d’unité. Je suis le double fils d’Éve, la femme double, Et je suis à moi seul toute l’humanité. * Poème de Charles Corm, dédié à Fouad E. Boustany, 1931.