La clé des projets échafaudés par le réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden en Asie du Sud-Est pourrait bien se trouver en possession de l’expert indonésien en explosifs, arrêté aux Philippines. Détenteur de cinq passeports et parlant couramment plusieurs langues de la région, Fathur Rohman al-Ghozi est accusé d’être un personnage essentiel du réseau islamique Jemaah Islamiha présent à Singapour, en Malaisie et en Indonésie. Selon des sources au sein des services de renseignements philippins, al-Ghozi, 30 ans, est apparu comme le «chef saboteur» au fil des interrogatoires auxquels il a été soumis depuis son arrestation mi-janvier. «Fondamentalement nous considérons que cette organisation est un groupe terroriste régional opérant dans quatre pays : la Malaisie, l’Indonésie, Singapour et les Philippines ; et très vraisemblablement la Thaïlande, a déclaré le chef national de la police philippine, Crescencio Maralit. Nous voulons en tirer le plus de renseignements possibles, notamment sur ses relations éventuelles avec le réseau el-Qaëda», a ajouté le commissaire Maralit dans une interview accordée dans les locaux de l’état-major de la police à l’intérieur duquel al-Ghozi est détenu. C’est au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion pour Bangkok que Fathur Rohman al-Ghozi a été interpellé mi-janvier par une équipe de la police dans le sud des Philippines à majorité musulmane. «Il apparaît comme le type le plus innocent du monde, mais derrière cette façade inoffensive se cache un gars très, très dangereux», a assuré le policier. Arborant un bouc bien taillé et un sourire enjôleur, cet Indonésien serait, selon les autorités philippines, lié à la série d’attentats à la bombe ayant frappé Manille le 30 décembre 2000, qui ont fait une douzaine de morts. Son arrestation a conduit à la découverte d’un dépôt clandestin comportant une tonne d’explosifs, 300 détonateurs et 17 fusils d’assaut. C’est un signal d’alarme pour les dirigeants et les diplomates de la région craignant la menace d’une attaque terroriste contre des installations américaines ou occidentales ou bien celle d’une tentative de renversement d’un gouvernement. Un diplomate occidental en poste à Manille souligne ses «craintes devant les réseaux transfrontaliers qui opèrent contre les gouvernements en place dans la région». Le commissaire Maralit a affirmé que Manille était disposé à envoyer le prisonnier à n’importe lequel de ces pays si cela peut les aider dans leur propre enquête. «Vraisemblablement, nous pouvons trouver un arrangement avec nos homologues à Singapour, en Malaisie et en Indonésie sur le point de savoir si et quand ils auront besoin de sa présence. Cela pourrait faire partie d’un règlement entre les gouvernements», ajoute le policier. Selon lui, al-Ghozi, qui a été par le passé conseiller en matière d’explosifs du Front Moro islamique de libération (MILF), n’a pas contesté les accusations de la justice philippine concernant la détention d’armes et d’explosifs. En outre, al-Ghozi pourrait être inculpé de meurtres s’il est établi qu’il a participé à la vague d’attentats ayant ensanglanté Manille.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La clé des projets échafaudés par le réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden en Asie du Sud-Est pourrait bien se trouver en possession de l’expert indonésien en explosifs, arrêté aux Philippines. Détenteur de cinq passeports et parlant couramment plusieurs langues de la région, Fathur Rohman al-Ghozi est accusé d’être un personnage essentiel du réseau islamique Jemaah Islamiha présent à Singapour, en Malaisie et en Indonésie. Selon des sources au sein des services de renseignements philippins, al-Ghozi, 30 ans, est apparu comme le «chef saboteur» au fil des interrogatoires auxquels il a été soumis depuis son arrestation mi-janvier. «Fondamentalement nous considérons que cette organisation est un groupe terroriste régional opérant dans quatre pays : la Malaisie, l’Indonésie, Singapour et les Philippines ; et...