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« Les Arabes, des êtres primitifs », selon les manuels scolaires d’Israël

Les manuels scolaires dans certaines écoles juives orthodoxes en Israël contiennent des préjugés et présentent les Arabes et les musulmans sous un jour clairement négatif, relève une ONG américaine. Jusqu’ici, seuls les manuels palestiniens avaient été critiqués pour la propension qui leur est prêtée à développer des stéréotypes antisémites ou anti-israéliens. Certains programmes scolaires israéliens se retrouvent désormais à leur tour sur la sellette au terme d’une étude du Centre pour la surveillance de l’impact de la paix (CMIP). Cette ONG basée à New York, surtout connue jusqu’ici pour ses travaux sur le contenu des manuels palestiniens, a récemment commencé à s’intéresser à l’image que les livres scolaires israéliens donnent des Palestiniens ou des Arabes. Dans son rapport préliminaire, intitulé «Les Arabes et les Palestiniens dans les manuels scolaires israéliens», le CMIP a conclu pour l’essentiel qu’«un effort sincère avait été fait pour supprimer les préjugés et enseigner la tolérance». Ce rapport distingue trois secteurs dans le système éducatif israélien : le secteur public, lui-même divisé en deux branches, laïque et religieuse, et le secteur privé, surtout composé d’écoles ultraorthodoxes ou Haredi. Quelque 90 % des enfants d’âge scolaire étudient dans le secteur public, les 10 % restants fréquentant les écoles Haredi. L’auteur du rapport du CMIP, Amos Yuval, qui a passé en revue quelque 360 livres scolaires, a mis en évidence une distinction claire entre l’attitude du secteur public et des écoles Haredi à l’égard des Arabes et des Palestiniens. Dans les manuels des écoles publiques, les mots employés sont neutres et n’utilisent pas de termes péjoratifs ou des stéréotypes. Au contraire, ils tentent de promouvoir la tolérance envers les Arabes et l’islam, a-t-il noté. Mais dans les écoles ultraorthodoxes, en revanche, M. Yuval a trouvé toute une gamme de mots qui, au mieux, pourraient être considérés comme offensants ou condescendants et, au pire, comme racistes, décrivant les Arabes et les musulmans comme des êtres primitifs et malhonnêtes. Selon l’un des manuels, les Arabes ne pourraient pas accepter les préceptes de la Torah, car ils interdisent le vol. «Cette tendance choquante se retrouve seulement dans le secteur ultraorthodoxe, et le ministère de l’Éducation ne peut rien y faire, car c’est un secteur indépendant», a indiqué M. Yuval. «La loi interdit au gouvernement toute ingérence» dans l’édition de ces manuels, «bien que ce secteur bénéficie des crédits de l’État», a-t-il précisé. Le rapport a été présenté dès sa parution à Yaïr Peretz, chef du parti ultraorthodoxe Shass à la Knesset (Parlement). «M. Peretz n’a pas dit grand-chose, mais il n’a surtout rien démenti. Il a reconnu que nous avions soulevé d’importants sujets et a promis de les porter à la connaissance du rabbin Ovadia Yossef», le leader spirituel du Shass, a expliqué le vice-président du CMIP, Yohanan Manor. La réaction du ministère de l’Éducation israélien au rapport a été plus mitigée. Joint par le journal israélien Yediot Aharonot pour un commentaire, le vice-ministre de l’Éducation, Meshulam Nehari, en a violemment rejeté les critiques. «Les manuels scolaires utilisés dans les écoles indépendantes et Haredi s’appuient principalement sur des sources juives, et s’il y en a qui ont un problème avec la Torah ou le Tout-Puissant, eh bien c’est leur problème», a-t-il lancé. L’étude du CMIP sur les manuels israéliens est en cours de mise à jour et devrait être publiée en mai prochain.
Les manuels scolaires dans certaines écoles juives orthodoxes en Israël contiennent des préjugés et présentent les Arabes et les musulmans sous un jour clairement négatif, relève une ONG américaine. Jusqu’ici, seuls les manuels palestiniens avaient été critiqués pour la propension qui leur est prêtée à développer des stéréotypes antisémites ou anti-israéliens. Certains programmes scolaires israéliens se retrouvent désormais à leur tour sur la sellette au terme d’une étude du Centre pour la surveillance de l’impact de la paix (CMIP). Cette ONG basée à New York, surtout connue jusqu’ici pour ses travaux sur le contenu des manuels palestiniens, a récemment commencé à s’intéresser à l’image que les livres scolaires israéliens donnent des Palestiniens ou des Arabes. Dans son rapport préliminaire,...