Rechercher
Rechercher

Actualités

VIENT DE PARAÎTRE Poésie : de la rime à la prose(photos)

États d’âme pour un flot de poésies… Singulier phénomène où malgré les étourdissants bonds de la science, la poésie, mêlant rêve et imaginaire, garde ses lignes de force et son pouvoir de séduction. Présence des taquineurs de muses (le plus souvent des taquineuses brodeuses de mots !), de la rime à la poésie, et du français à l’arabe, les recueils et les anthologies se multiplient à travers un Parnasse au vent de toute évidence en poupe. Trois ouvrages qui déclinent une identité absolument «lyrique» aux devantures des librairies en ces froids débuts de l’an 2002. « Pour tous les chevaux du monde », Amal Saleeby (Dar an-Nahar) Du côté de Dar An-Nahar, poèmes modernes libres, «prévertiens», avec Amal Saleeby Malek qui signe un recueil intitulé Pour tous les chevaux du monde (99 pages – illustration Noha Saleeby Soussa) où défilent images sereines et sonorités douces. Inspiration diverse mêlant avec une sorte de naïveté et de romantisme ringard, en toute fantaisie, portraits, complaintes, contemplation, amour de la nature, observation, souvenirs, déclaration d’amour et rêverie. Monde feutré et cotonneux où les passions, les sentiments et les couleurs sont au pastel et ont la légèreté d’une houppette à la poudre parfumée… Avec des mots simples, une syntaxe claire et une versification sans complication, voilà un «dire» poétique à la musicalité soyeuse et facile. Une anthologie de poèmes français traduits en arabe (Dar an-Nahar) Toujours du côté de Dar an-Nahar, en arabe cette fois-ci, une anthologie de poèmes en prose pour tous ceux qui n’ont pas accès au monde francophone. Louable et belle initiative que de révéler les grands auteurs français, dans une promenade impromptue, à travers la langue de Gibran et de Moutannabi. «Al-Afaa bila raas wala zayl» (Le serpent sans queue ni tête –169 pages) est une anthologie de poèmes en prose français choisis, traduits et présentés par Abdel Kader el-Janabi. Ce livre n’est pas une étude littéraire ou comparative de poésie en prose mais tout simplement une «anthologie» poétique offrant tout d’abord au lecteur le plaisir d’un texte, ensuite la découverte d’un auteur et de sa «voix». Auteur précédé ici d’une présentation. Et habitent les pages de ce livre, les extraits des poètes (XIXe et XXe siècles) choisis probablement au hasard des coups de cœur de l’auteur. Et l’on voit fastueusement défiler, dans une grande magnificence verbale, Aloysius Bertrand, Jules-Lefève Deumier, Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Claudel, Segalen, Max Jacob, Reverdy, Breton, Eluard, Ponge, Michaux et René Char. Somptueuse tournée où le verbe est roi ! « Sérénité et passion » de Marie Ingold Dans un registre totalement différent, mais placé toujours sous le signe de la poésie, est le recueil de Marie Ingold intitulé Sérénité et passion (109 pages). D’origine libanaise, de culture française, suissesse par mariage, cette dame qui cultive l’art d’être grand-mère et taquine les muses à ses heures perdues nous fait partager les moments intenses de la vie et de notre histoire surtout aux premières heures de son indépendance. À travers ce mince recueil de poèmes dont quelques-uns ont été écrits pendant les années de guerre au Liban, Marie Ingold livre ses passions, ses souvenirs, ses espoirs, et pour garder le ton du jour, elle surfe entre émotions et grands événements historiques au Proche-Orient. Elle qui habite depuis plus de 50 ans l’appartement où vécut le commandant Charles de Gaulle à Beyrouth avec sa famille de 1929 à 1932. Avec humour et zèle pour la francophonie, Marie Ingold (selon l’expression empruntée au feu président Charles Hélou, son préfacier) livre «tout ce qu’elle a dans le cœur avec clarté et fidélité». Et l’on pourrait ajouter, avec extrême simplicité. Extrait Je t’ai rêvé Liban Avec des yeux de lutte Du sable plein la bouche De la terre sous les dents Je t’ai rêvé de roc et de sable mouvant On dirait une épave aux quatre coins du vent Un pays de lumière Où la mort crie vengeance Si je ne t’avais rêvé Je t’aurai cru maudit Il fut un paradis On l’a dit trop souvent Un pays de lumière Où le soleil est blanc. Extrait. Que l’hiver est long cette année, rigoureux, glacial Dans ma chambre, sans poêle ni chauffage central, Il fait un froid, froid de canard, boréal. Et bien voilà Pour me réchauffer la nuit, Tant pis, j’ai pris quelqu’un dans mon lit, Le premier il va au lit, En pyjama ou chemise de nuit, Frileuse, je me glisse près de lui. Ah ! quel bonheur Il réchauffe mes pieds, il réchauffe mon corps. Grâce à lui, Pas de grippe, ni rhume, ni toux, Il est efficace, voilà tout. À mes pieds il est soumis L’hiver je ne pourrais jamais me passer de lui. Je vous le donne en mille, devinez qui ? Eh bien, si vous n’avez rien compris En vérité je vous le dis : C’est ma bouillotte, sapristi ! Oh, là, là, là, quelle mamie.
États d’âme pour un flot de poésies… Singulier phénomène où malgré les étourdissants bonds de la science, la poésie, mêlant rêve et imaginaire, garde ses lignes de force et son pouvoir de séduction. Présence des taquineurs de muses (le plus souvent des taquineuses brodeuses de mots !), de la rime à la poésie, et du français à l’arabe, les recueils et les anthologies se multiplient à travers un Parnasse au vent de toute évidence en poupe. Trois ouvrages qui déclinent une identité absolument «lyrique» aux devantures des librairies en ces froids débuts de l’an 2002. « Pour tous les chevaux du monde », Amal Saleeby (Dar an-Nahar) Du côté de Dar An-Nahar, poèmes modernes libres, «prévertiens», avec Amal Saleeby Malek qui signe un recueil intitulé Pour tous les chevaux du monde (99 pages –...