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« Karine A » : après Washington, Paris sensible aux arguments israéliens

La France, après les États-Unis, s’est montrée sensible aux arguments israéliens sur l’affaire du Karine A, exigeant du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat qu’il fasse toute la lumière sur ce cargo chargé d’armes et prenne les mesures appropriées. Près de deux semaines après l’arraisonnement du Karine A en mer Rouge et une campagne menée tambour battant par Israël, la France est le premier pays européen à réagir à cet événement. «Nous avons reçu une mission militaire israélienne ces derniers jours qui a fourni un certain nombre d’éléments sur cette affaire», a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, François Rivasseau. «Nous appelons l’Autorité palestinienne à établir les responsabilités et à prendre les mesures qui s’imposent au regard notamment des obligations qui lui incombent au titre des accords d’Oslo», a ajouté le porte-parole. Les accords israélo-palestiniens excluent tout armement à caractère offensif pour l’Autorité palestinienne. Or, la cargaison du Karine A comportait divers types d’armements comme des katiouchas d’une portée de 20 km. Une source diplomatique française a indiqué que Paris disposait «d’indices impliquant des éléments qui sont du ressort de l’Autorité palestinienne». Dans un premier temps, la communauté internationale avait réagi par un silence prudent à l’arraisonnement du cargo par l’armée israélienne le 3 janvier dans les eaux internationales de la mer Rouge. Immédiatement, les autorités israéliennes ont affirmé que les 50 tonnes d’armes trouvées à bord provenaient d’Iran et étaient destinées à l’Autorité palestinienne. Visiblement embarrassé, Yasser Arafat a nié toute implication personnelle dans cette affaire qui tombe au plus mauvais moment pour le dirigeant palestinien à la recherche d’appui dans le camp occidental pour sortir de son isolement actuel. Lundi, le président palestinien a accusé, sans les nommer, des «parties étrangères» d’avoir organisé l’affaire du cargo pour «torpiller» la stratégie de paix palestinienne. Il a toutefois confirmé l’arrestation d’un haut responsable de ses services de sécurité. De son côté, Israël s’est aussitôt lancé dans une véritable opération de «persuasion», en dépêchant deux généraux des renseignements militaires et de la Marine aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. «Ce n’est pas par hasard si la France a été choisie comme deuxième étape de cette mission, juste après Washington», étant donné les relations privilégiées entre Paris et l’Autorité de M. Arafat, a indiqué une source diplomatique israélienne à Paris. «Les hauts responsables du renseignement ont fait le récit détaillé de l’historique de l’affaire depuis un an et de l’implication directe de Yasser Arafat qui a donné son feu vert à cette opération d’achat d’armements en partie financée par le Hezbollah prolibanais» lié à l’Iran, a poursuivi cette source. Les États-Unis ont montré des signes d’exaspération lundi en raison de l’attitude de Yasser Arafat dans l’affaire du Karine A. Pour sa part, la Russie a souhaité lundi que la lumière soit faite au plus vite dans cette affaire «d’armes de contrebande» et «les responsables seront punis», a-t-elle affirmé. Israël dément avoir repéré le « Karine A » avec l’aide de la CIA L’armée israélienne a démenti hier une information publiée le même jour par le Washington Times voulant que la CIA l’ait aidée à traquer le cargo irakien Karine A. «Il s’agit d’une opération à 100 % bleue et blanche», a déclaré un porte-parole de Tsahal, faisant allusion au deux couleurs du drapeau israélien. Le Washington Times citait à l’appui de ses informations des responsables des services de renseignements américains. Selon le journal, c’est grâce aux moyens ultraperfectionnés de collecte de renseignements des services américains, sollicités par Israël, que le cargo a été repéré près de l’île iranienne de Kich. «Notre aide a été cruciale», a déclaré un responsable au quotidien.
La France, après les États-Unis, s’est montrée sensible aux arguments israéliens sur l’affaire du Karine A, exigeant du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat qu’il fasse toute la lumière sur ce cargo chargé d’armes et prenne les mesures appropriées. Près de deux semaines après l’arraisonnement du Karine A en mer Rouge et une campagne menée tambour battant par Israël, la France est le premier pays européen à réagir à cet événement. «Nous avons reçu une mission militaire israélienne ces derniers jours qui a fourni un certain nombre d’éléments sur cette affaire», a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, François Rivasseau. «Nous appelons l’Autorité palestinienne à établir les responsabilités et à prendre les mesures qui s’imposent au regard notamment des obligations qui...