Le gouvernement intérimaire de l’Afghanistan n’a pas été consulté par les autorités de la province de Kandahar sur la libération de hauts responsables talibans, a indiqué samedi le ministre de l’Intérieur Younis Qanooni. Les autorités de Kandahar ont relâché un certain nombre de hauts responsables talibans, notamment l’ancien ministre de la Justice, le mollah Toorabi, sans demander l’accord du gouvernement central afghan de Kaboul, mis en place pour une durée de six mois, a dit M. Qanooni. Ces libérations de hauts responsables de l’ancien régime taliban avaient fortement irrité le gouvernement américain, qui estime que les chefs des talibans doivent être arrêtés et leur être livrés. «C’est arrivé sans autorisation», a dit le ministre afghan de l’Intérieur. «Toorabi était un ministre taliban. Lui et d’autres responsables talibans de haut rang ne rentrent pas dans les conditions d’amnistie s’appliquant aux talibans ordinaires» qui se sont rendus volontairement, a expliqué le ministre. M. Qanooni a indiqué que le mollah Toorabi et d’autres responsables talibans avaient rendu visite, de leur plein gré, au gouverneur de Kandahar, Gul Agha, à son domicile, accompagnés de chefs de tribu et d’anciens. Cette circonstance obligeait leur hôte, en principe, à ne pas les empêcher de s’enfuir, selon les coutumes tribales. «Selon nos traditions afghanes, le gouverneur n’est pas blâmable pour avoir permis au mollah Toorabi et aux autres de repartir libres, car il était obligé d’accéder à la demande des anciens de la tribu» qui les avaient placés sous leur protection, a dit M. Qanooni. Cependant, les «fugitifs» seront capturés dès qu’ils sortiront de la zone d’influence de ces anciens, a assuré le ministre. Kandahar était jusqu’au 7 décembre le fief du chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, et le siège du régime à partir duquel les talibans ont conquis 90 % du pays. La province, qui échappe encore au contrôle du gouvernement intérimaire de Kaboul, est encore une zone de non-droit, ravagée par le banditisme. Le chef d’état-major interarmées américain, le général Richard Myers, avait très clairement appelé les responsables afghans à remettre aux forces américaines leurs prisonniers talibans ou des membres d’el-Qaëda. «Nous avons toujours souligné que nous estimons que les chefs des talibans doivent être arrêtés. Nous souhaitons que cela soit le cas avec ces gens et je suis sûr que nous allons suivre ce dossier», avait pour sa part indiqué le porte-parole du département d’État Richard Boucher, manifestant son irritation après l’annonce de la libération des responsables talibans.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement intérimaire de l’Afghanistan n’a pas été consulté par les autorités de la province de Kandahar sur la libération de hauts responsables talibans, a indiqué samedi le ministre de l’Intérieur Younis Qanooni. Les autorités de Kandahar ont relâché un certain nombre de hauts responsables talibans, notamment l’ancien ministre de la Justice, le mollah Toorabi, sans demander l’accord du gouvernement central afghan de Kaboul, mis en place pour une durée de six mois, a dit M. Qanooni. Ces libérations de hauts responsables de l’ancien régime taliban avaient fortement irrité le gouvernement américain, qui estime que les chefs des talibans doivent être arrêtés et leur être livrés. «C’est arrivé sans autorisation», a dit le ministre afghan de l’Intérieur. «Toorabi était un ministre taliban. Lui...