Les entreprises américaines, parmi les plus gros investisseurs en Argentine, pourraient perdre des milliards en raison de la dévaluation du peso et du marasme économique dans ce pays, estiment des analystes. «L’Argentine est dans un chaos total», a affirmé David DeRosa, économiste à la Yale School of Management, suivant les marchés émergents. «Certaines entreprises vont arrêter leurs activités et pour les autres la seule question est de savoir si elles doivent partir maintenant ou attendre encore un peu», ajoute-t-il. Les entreprises américaines ont investi 28,6 milliards de dollars entre 1994 et 2000 en Argentine, selon des chiffres fournis par la Fundacion Invertir, basée à Buenos Aires. Leurs concurrentes espagnoles arrivent derrière avec 25,6 milliards de dollars devant la France avec 8,5 milliards de dollars. L’essentiel de ces investissements s’est fait dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications, mais aussi dans la banque, où la dévaluation risque d’avoir les effets les plus sévères. Celle-ci va diminuer les revenus des entreprises étrangères de plus de 30 %, soit la décote subie par le peso depuis qu’il a décroché de sa parité fixe au taux de un pour un avec le dollar. Le premier constructeur automobile mondial, l’américain General Motors, a estimé que les événements en Argentine allaient amputer son bénéfice par action de l’ordre de 10 à 20 cents par action au 4e trimestre. Il n’a pas fourni d’indications en valeur absolue, mais cela pourrait représenter jusqu’à 90 millions de dollars. Des entreprises phares implantées en Argentine comme Coca Cola et McDonald’s vont également souffrir de la dévaluation car elles vont devoir rapatrier en dollars des bénéfices désormais réalisés en pesos dévalués. Pioneer Natural Resources Company, une firme texane d’exploitation pétrolière qui réalise 17 % de son chiffre d’affaires en Argentine, a indiqué qu’elle allait devoir inscrire une charge exceptionnelle, dont le montant n’est pas encore fixé, en raison de pertes subies dans ce pays. Pioneer a précisé que ses contrats de vente de gaz sont actuellement libellés en dollars, mais qu’ils devront peut-être devoir être renégociés. Le seul aspect positif de la dévaluation est qu’elle va «réduire le coût de nos activités en Argentine et les frais administratifs», a indiqué ce groupe. L’agence de notation financière Standard and Poor’s a toutefois estimé vendredi que la dégradation de la situation en Argentine ne devrait pas se traduire par une baisse des notes de solidité financière qu’elle attribue aux principales banques américaines et européennes. Selon Tanya Azarchs, analyste pour cette firme de notation de New York, l’exposition totale des banques étrangères en Argentine est de l’ordre de 6,2 milliards de dollars. «Si une bonne partie peut être considérée comme perdue (...), nous pensons que ces pertes sont gérables», a-t-elle affirmé lors d’une conférence téléphonique. Les banques les plus exposées sont, selon Standard and Poor’s, les espagnoles Banco Santander Central Hispano, Banco Bilbao Vizcaya, les américaines Citigroup et FleetBoston, et les italiennes Banca Nazionale del Lavoro et IntesaBci. Elles auraient déjà inscrit des réserves suffisantes pour faire face à leurs pertes en Argentine. Mais elles pourraient toutefois s’exposer à des pertes plus importantes si la situation continuait de se dégrader en Argentine avec une dépréciation encore plus forte de leurs actifs dans ce pays, ont indiqué les analystes de Standard and Poor’s. «Les banques espagnoles ne vont sans doute pas envoyer des capitaux frais pour soutenir leurs filiales», mais «à un certain moment» les autorités argentines pourraient leur demander de le faire comme condition du maintien de leur autorisation d’exercer leur activité, a estimé Jésus Martinez, un autre analyste de Standard and Poor’s.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les entreprises américaines, parmi les plus gros investisseurs en Argentine, pourraient perdre des milliards en raison de la dévaluation du peso et du marasme économique dans ce pays, estiment des analystes. «L’Argentine est dans un chaos total», a affirmé David DeRosa, économiste à la Yale School of Management, suivant les marchés émergents. «Certaines entreprises vont arrêter leurs activités et pour les autres la seule question est de savoir si elles doivent partir maintenant ou attendre encore un peu», ajoute-t-il. Les entreprises américaines ont investi 28,6 milliards de dollars entre 1994 et 2000 en Argentine, selon des chiffres fournis par la Fundacion Invertir, basée à Buenos Aires. Leurs concurrentes espagnoles arrivent derrière avec 25,6 milliards de dollars devant la France avec 8,5 milliards de dollars....