ARABIE SÉOUDITE Polémique séoudo-turque sur la démolition de la forteresse d’Ajyad
le 10 janvier 2002 à 00h00
L’Arabie séoudite a rejeté hier les protestations de la Turquie contre la destruction de la forteresse ottomane d’Ajyad à La Mecque, affirmant qu’il s’agit d’un acte de souveraineté. Dans un commmuniqué, le ministre des Affaires islamiques et des Waqfs (biens religieux), Salah al-Cheikh, a affirmé, qu’en démolissant la forteresse, son pays n’avait fait qu’«exercer sa souveraineté sur son territoire» et estimé que «personne n’a le droit d’interférer» dans l’affaire. Un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par le quotidien Okaz, a indiqué que la forteresse «n’est pas un site sacré» et qualifié «les protestations de la Turquie de tentative d’exporter ses problèmes internes». Les autorités séoudiennes ont démoli la forteresse qui surplombait la Grande Mosquée de La Mecque (ouest) pour y réaliser un complexe résidentiel. Le roi Fahd avait donné en décembre son feu vert à la construction du complexe, d’un coût de 533 millions de dollars sur la colline de Boulboul, à La Mecque, premier Lieu saint de l’islam. La Turquie a vivement condamné la démolition et indiqué en avoir saisi l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (Unesco). Un représentant séoudien auprès de l’Unesco, Feda al-Adel, cité par Okaz, a toutefois démenti qu’Ankara ait déposé auprès de l’Organisation une protestation contre la destruction du site, vieux de 225 ans. M. Adel a indiqué qu’Ankara n’avait pas le droit de faire une telle démarche car Ajyad n’était pas un monument historique. À Paris, l’Unesco a indiqué mardi que la forteresse «ne figure pas sur sa liste du patrimoine mondial». Le quotidien Okaz estime que la Turquie est «le dernier pays à avoir le droit de parler de la préservation du patrimoine islamique et de l’humanité». Il a ironisé sur la comparaison faite par Ankara entre la démolition de la forteresse et la destruction des statues géantes des bouddhas en Afghanistan. La destruction par les talibans en mars dernier des bouddhas géants de Bamiyan, sculptés entre le IIe et le Ve siècle de notre ère, a provoqué une vague d’indignation de par le monde. Le ministre turc de la Culture Istemihan Talay avait qualifié la démolition du vestige ottoman de «tentative visant à effacer les traces de la culture turque sous prétexte de restauration». Des députés turcs se sont vivement émus hier de la décision de Ryad, y voyant un signe d’animosité envers la Turquie. «La destruction par un pays musulman de l’héritage historique d’un autre pays musulman sur la Terre sainte est une attitude pécheresse violant les valeurs morales de l’islam», a déclaré notamment le vice-président du Parlement Murat Sokmenoglu. Le ministre séoudien des Affaires islamiques a assuré que la forteresse serait reconstruite sur «le même site» dans le respect de son architecture originale. La réalisation du complexe résidentiel, sur une superficie de 23 000 m2, a été confiée au groupe séoudien Ben Laden. Le projet devra être complété en 2005.
L’Arabie séoudite a rejeté hier les protestations de la Turquie contre la destruction de la forteresse ottomane d’Ajyad à La Mecque, affirmant qu’il s’agit d’un acte de souveraineté. Dans un commmuniqué, le ministre des Affaires islamiques et des Waqfs (biens religieux), Salah al-Cheikh, a affirmé, qu’en démolissant la forteresse, son pays n’avait fait qu’«exercer sa souveraineté sur son territoire» et estimé que «personne n’a le droit d’interférer» dans l’affaire. Un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par le quotidien Okaz, a indiqué que la forteresse «n’est pas un site sacré» et qualifié «les protestations de la Turquie de tentative d’exporter ses problèmes internes». Les autorités séoudiennes ont démoli la forteresse qui surplombait la Grande Mosquée de La...
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