L’euro est resté sous pression encore hier sur les marchés des changes internationaux, tandis que le yen est parvenu à se redresser après les commentaires d’un haut responsable japonais sur la récente dépréciation de la monnaie nippone. De fait, les analystes se sont montrés pessimistes hier quant à l’évolution à court terme de l’économie dans la zone euro, laissant croire à un retournement massif de capitaux vers les États-Unis dans l’espoir d’une prochaine relance de l’économie américaine. À cet égard, les investisseurs ont été sensibilisés par la publication des chiffres du chômage en Allemagne pour le mois dernier, faisant ressortir une nette augmentation du nombre de sans-emploi à la fois en données brutes et CVS (corrigées des variations saisonnières). Selon les statistiques diffusées hier par l’Office fédéral du Travail en Allemagne, le nombre des chômeurs a progressé le mois dernier en données brutes de 174 000 personnes à 3 963 000 de personnes contre 3 789 000 en novembre, soit l’équivalent de 9,6 % de la population active dans la première économie de la zone euro. De son côté, la Bundesbank a fait savoir que le taux de chômage (CVS) s’est élevé en Allemagne à 9,5 % pendant la même période, confirmant les informations de presse que la barre des 4 millions de chômeurs sera franchie très prochainement, en raison de l’ampleur de la récession non seulement en Allemagne mais dans l’ensemble de la zone euro. Cette crainte a été renforcée hier par l’annonce de la Commission européenne que l’indice du climat des affaires dans la zone euro est retombé en décembre à –1,23 contre –1,20 en novembre, après un plongeon sans précédent de –0,58 en octobre lié aux conséquences des attentats du 11 septembre aux États-Unis. Dans ces conditions, il n’était guère étonnant que l’euro reste sous pression hier face au dollar contrairement au yen qui s’est redressé, après avoir atteint la veille au soir un nouveau plus bas depuis trois ans face au billet vert. Les mises en garde du secrétaire du chef du cabinet japonais, Yusao Fukuda, contre les effets d’une chute brutale de la devise sont parvenus à inverser le mouvement de baisse de la devise nippone. «Le niveau actuel du yen est dans la fourchette de ce à quoi le Japon peut faire face», a indiqué M. Fukuda. «Mais si le taux de change évolue trop dramatiquement, le Japon pourrait connaître des difficultés à faire des affaires», a-t-il ajouté. Cela montre que si les Japonais ne s’inquiètent pas trop de la dépréciation du yen par rapport au dollar, ils ne vont tout de même pas encourager cette dépréciation, indique-t-on dans les milieux cambistes. Eu égard à toutes ces considérations et en attendant aussi la décision de la Banque d’Angleterre aujourd’hui sur les taux de base britanniques à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire, le dollar continuait à être recherché sauf contre le yen, se négociant à New York comme suit : – 0,8900 pour un euro contre 0,8935, la veille – 1,4365 pour un sterling contre 1,4395 – 1,6605 FS contre 1,6545 – 132,60 yens contre 132,90. Reprise des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été tirés à la hausse hier par le secteur financier sous la conduite de Merrill Lynch et le secteur de la haute technologie avec Cisco dans la perspective d’une amélioration de leurs résultats. Les investisseurs ont été encouragés par l’engouement manifesté pour l’action Merrill Lynch, après la décision de la première société de Bourse américaine de supprimer 9 000 emplois pour réaliser des économies de l’ordre de 1,4 milliard de dollars par an. Une part essentielle de ces économies se reflétera dans les bénéfices tandis que le reste sera affecté à des investissements, a précisé la banque d’affaires. Merrill Lynch était en nette hausse après cette décision, entraînant dans son sillage JP Morgan, Lehman Brothers et tant d’autres. Aux technologiques, les équipementiers de réseau ont mené la hausse, grâce à Cisco Systems qui a nettement progressé après les commentaires optimistes de son PDG John Chambers sur les perspectives du groupe. Juniper Networks et Ciena ont été également bien entourées. Parmi les autres titres dans l’actualité, Pfizer a gagné largement du terrain après la confirmation par le premier groupe pharmaceutique mondial de ses bénéfices sur quatre ans, de 2001 à 2004. Il en est de même, d’Alcoa qui a déposé une offre sur le métallurgiste norvégien Elkem, et de Ford qui va annoncer demain un vaste plan de restructuration destiné à remettre le deuxième groupe automobile mondial sur les rails. En effet, l’indice composite Nasdaq n’a pas tardé à s’attaquer au seuil des 2 100 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 153,18 points et un plus haut à 10 273,88 points avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 178,50 points, en hausse de 27,95 points sur la veille. Hésitation des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont fini la séance de mercredi sur une note incertaine, hésitant entre l’envolée des valeurs technologiques et la baisse des valeurs des télécommunications. À la clôture des Bourses d’Europe, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 s’est adjugé 0,16 % à 1 250,01 points tandis que celui des valeurs de la zone euro DJ Euro Stoxx 50 a cédé 0,02 % à 3 723,42 points. Les deux indices se sont toutefois ressaisis en cours de séance car ils ont perdu auparavant jusqu’à 0,7 %. Le secteur des techs a fait figure de leader en Europe, mais sans parvenir à imprimer sa marque sur la tendance générale. L’indice DJ Stoxx du secteur a gagné 0,99 %. Il est déjà en grande partie responsable de la progression de 24,4 % enregistrée sur les marchés d’actions européens par rapport à leurs plus bas de trois ans touchés le 21 septembre, dans le sillage des attentats qui ont frappé les États-Unis le 11 du même mois. Mercredi, les techs sont emmenées par l’allemand SAP, premier concepteur européen de logiciels, qui fait un bond de 11,4 % à 165 euros. Les télécoms ont dégringolé de 2,53 % avec le dérapage de Deutsche Telekom qui a perdu 2,30 % à 19,09 euros après qu’un magazine allemand eut écrit que l’opérateur risquait de connaître des pertes non stop jusqu’à 2004. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a fini sur un recul 0,3 % mercredi après une séance en dents de scie marquée par la faiblesse du yen, qui a soutenu les valeurs liées à l’exportation, et les inquiétudes sur la santé financière des banques, selon les opérateurs. L’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a perdu 31,62 points à10 663,98 tandis que l’indice élargi TOPIX a reculé de 6,76 points (-0,7 %) à 1 025,01 points. Le volume des échanges s’est élevé à environ 697 millions de titres, contre 715,2 millions d’actions la veille. 772 valeurs ont fini en baisse, 564 en hausse et 147 inchangées. Les échanges ont manqué de direction en raison de l’absence de nouvelles incitations, à l’exception d’une information de presse concernant le géant japonais de la distribution Daiei, ont indiqué des courtiers. Selon le journal Mainichi, le groupe a conclu avec ses quatre banques créancières un accord d’annulation de dette et d’assistance financière supplémentaire. Cette information, démentie par la suite par Daiei, a fait grimper le titre du groupe de 30 yens, soit une hausse de 40 % – le maximum de progression autorisé en un séance – à 105 yens. Elle a en revanche accentué la dépression des titres bancaires, ont ajouté les courtiers. Selon Akira Nakamura de chez Chuo Securities, les investisseurs sont inquiets à l’idée de la conclusion d’autres accords de remise de dette et ils vont continuer à éviter le secteur bancaire. Kazunori Jinnai de chez Daiwa SMBC a de son côté souligné que le titre Daiei, qui a souffert de ventes massives ces derniers temps, avait bénéficié d’une vague d’achats en raison de son prix très attractif. La faiblesse du yen a soutenu certains titres de groupes exportateurs, à l’instar des constructeurs automobiles et ceux opérant dans le secteur de la high-tech, selon des courtiers.
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