Le ministre tunisien des Affaires étrangères Habib Ben Yahia a affirmé lundi que son pays souhaitait la tenue d’un sommet de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et se préparait à abriter une réunion à ce même niveau des pays euro-méditerranéens dans le cadre du groupe 5+5. «La Tunisie continuera à jouer un rôle actif pour la dynamisation du processus d’intégration régionale et espère que la réunion au sommet des dirigeants maghrébins succédera au Conseil des ministres des Affaires étrangères, prévu les 16 et 17 janvier à Alger», a déclaré M. Ben Yahia au cours d’une conférence de presse lundi à Tunis. À la réunion d’Alger, l’UMA devrait être dotée d’un nouveau secrétaire général en remplacement du Tunisien Mohamed Amamou. Un sommet des pays de l’UMA devrait couronner des initiatives du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali pour la relance de l’union, a ajouté M. Ben Yahia, faisant état des progrès accomplis dans ce sens, notamment par la réunion de diverses structures spécialisées de l’union. L’UMA, qui regroupe depuis treize ans l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, ne s’était plus réunie au sommet depuis 1995 en raison de divergences politiques entre ses membres, principalement Alger et Rabat, autour de l’affaire du Sahara occidental. Ces divergences ont culminé en 1994 avec la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Maroc et la demande de Rabat de geler les activités de l’UMA. La situation s’était compliquée par le refus de la Libye d’assumer la présidence tournante pour protester à l’époque contre l’application par ses partenaires maghrébins des sanctions décidées à son encontre dans le cadre de l’affaire Lockerbie. M. Ben Yahia, dont le pays vient d’achever un mandat de deux ans au Conseil de sécurité de l’Onu, a affirmé à ce propos l’engagement de son pays à travailler pour la levée définitive des sanctions contre Tripoli, ce pays ayant rempli, a-t-il-dit, ses engagements envers la communauté internationale. L’Onu avait suspendu ses sanctions en 1999, après que Tripoli eut accepté d’extrader deux hommes soupçonnés d’implication dans l’attentat perpétré contre un vol de la PanAm au-dessus de Lockerbie en 1988 (270 morts). En revanche, les États-unis ont reconduit cette semaine pour une année les sanctions contre la Libye. S’agissant de la dynamique euro-méditerranéenne, M. Ben Yahia a indiqué que la Tunisie se préparait à accueillir en 2002 un sommet du groupe dit 5+5 composé de cinq pays européens (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal) et cinq maghrébins (Algérie, Maroc, Mauritanie, Libye et Tunisie). L’idée d’un tel sommet prévu au début des années 1990 avait capoté sur la situation créée par l’embargo décrété contre la Libye et le gel de l’UMA. À propos du Proche-Orient, M. Ben Yahia a regretté le «revirement» du processus de paix vers «un cycle de violence» et affirmé néanmoins que son pays restait «optimiste» quant aux perspectives de paix dans la région. Interrogé enfin sur les relations franco-tunisiennes, M. Ben Yahia a indiqué que le rythme des échanges et l’accueil d’un million de touristes francais en Tunisie en 2001 «attestaient de la solidité et de la profondeur des liens dans l’intérêt bien compris de deux pays».
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