L’euro s’est brièvement affaibli en ce début de semaine sous le seuil de 0,89 dollar sur les marchés des changes internationaux, retrouvant son niveau de la fin décembre en raison des inquiétudes suscitées par la démission du ministre italien des Affaires étrangères Renato Ruggiero d’un côté et de l’impact de la crise argentine sur l’économie espagnole d’un autre côté. D’après certains analystes financiers, le retour à la normale des volumes échangés sur les marchés après les fêtes de fin d’année ont poussé les investisseurs à vendre de l’euro. «Le rebond de la semaine précédente s’est essoufflé. Il n’y avait pas de réelle raison pour que l’euro s’apprécie de toute façon. L’introduction des pièces et des billets ne change rien du point de vue des fondamentaux économiques», a indiqué l’un d’eux, Steve Pearson, de la banque Halifax. L’annonce de la démission du ministre italien pro-européen Renato Ruggiero a pourtant affaibli l’euro, après que cette décision eut relancé des doutes au sujet de la position de l’Italie au sein de l’Europe. De fait, les interrogations sur l’orientation européenne de l’Italie ont jeté une ombre sur le succès du passage à l’euro, après les déclarations très critiques sur cette monnaie de trois ministres du gouvernement Berlusconi, incitant le ministre italien des Affaires étrangères à quitter le gouvernement. Cela d’autant que ce développement s’est accompagné d’une grève dans les banques italiennes, suscitant le mécontentement de la communauté financière européenne. En outre, l’annonce de la dévaluation du peso argentin a également été négative pour l’euro, car les investisseurs craignent que certaines banques européennes soient exposées en Argentine, notamment les banques espagnoles. Le peso a été dévalué de près de 30 % et son nouveau cours sera de 1,40 pour un dollar, après l’approbation par le Parlement argentin durant le week-end de la loi d’urgence économique du nouveau président Eduardo Duhalde. Globalement, les marchés semblent être déçus par les performances de l’euro. Les investisseurs craignent également que la Banque centrale européenne (BCE) soit en retard par rapport à la politique monétaire de ses deux homologues américaine et britannique. À cet égard, ils ont été sensibilisés par une déclaration faite hier au journal allemand Die Welt par le père de la théorie du monétarisme, l’Américain Milton Friedman, selon laquelle le succès de l’euro est encore incertain en raison des rigidités et des désaccords politiques qui existent parmi les douze membres de l’Union monétaire européenne. La monnaie unique européenne est parvenue toutefois à se redresser au-dessus du seuil de 0,89 dollar après que la Chine eut déclaré qu’elle va augmenter ses réserves nationales en euro. «La Chine a confiance dans l’euro et devrait continuer à augmenter la part de la monnaie unique européenne dans ses réserves en devises, afin de contrebalancer le dollar», a indiqué hier le ministre chinois des Finances Xiang Huaicheng au journal Shanghain Daily, à l’issue de son entretien avec le ministre allemand des Finances Hans Eichel. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar a dû réduire ses gains contre l’euro, se négociant à New York sur un ton mitigé face aux autres grandes monnaies comme suit : – 0,8930 pour un euro contre 0,8945, vendredi dernier – 1,4390 pour un sterling contre 1,4460 – 1,6505 FS contre 1,6530 – 131,10 yens contre 130,95. Baisse des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont renoué avec la baisse après un bon départ dans la matinée, sur des ventes bénéficiaires. Ce mouvement a été entraîné par des nouvelles selon lesquelles la juge en charge du dossier Microsoft a rejeté hier, lors d’une audience, la demande du numéro un mondial des logiciels d’un délai de quatre mois pour la reprise du procès avec les États ne participant pas à l’accord à l’amiable conclu avec le département de la Justice. De plus, l’annonce par le numéro deux d’Eastman Kodak, Patricia Russo, de sa démission du groupe après avoir été nommée PDG de Lucent, a pesé non seulement sur Kodak mais aussi sur les autres titres du secteur. «Le départ de Pat Russo ajoute de l’incertitude quant aux chances de succès de Kodak dans sa réorganisation, Russo ayant été l’élément moteur derrière la dernière restructuration engagée par le groupe à la fin de 2001», a estimé la banque Merrill Lynch. En outre, Xeros a pesé également sur la cote américaine, le groupe d’imagerie en pleine restructuration ayant envisagé de lever 500 millions de dollars dans un placement privé en euros et dollars, sous forme d’effets à échéance 2009. Ces fonds seront utilisés notamment pour financer le remboursement de la dette de Xeros. Le secteur automobile était également en baisse après que Ford, General Motors et Chrysler eurent prévu des baisses de leurs ventes de 10 à 15 % en 2002. Pourtant, la Bourse électronique était soutenue dans la matinée par des nouvelles faisant état que le groupe informatique Compaq aurait enregistré des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre 2001. Mais ce mouvement ne tardait pas à tourner court après l’apparition d’autres facteurs négatifs repoussant l’indice composite Nasdaq au-dessous de la barre des 2 040 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 300,15 points et un plus bas à 10 188,12 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 197,05 points, en baisse de 62,69 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes plombées par Vivendi et la crise argentine Les Bourses européennes se sont repliées lundi, plombées par un placement d’actions du groupe Vivendi Universal et par la crise argentine qui pèse sur la Bourse de Madrid. L’indice Eurotop 300 a abandonné 1,08 % à 1 258,12 tandis que l’Euro Stoxx 50 a reculé de 1,73 % à 3 754,42. À Francfort, le DAX a cédé 1,63 % à 5 232,22 points alors qu’à Londres, l’indice FTSE 100 a reculé de 0,57 % à 5 293,6 points. À Paris, la chute de Vivendi a entraîné une baisse de 1,44 % de l’indice Cac 40. À Madrid, où les sociétés cotées sont très exposées à la crise argentine, l’indice Ibex a reculé de 3,38 % à 8 177,3. Selon les analystes, ce repli n’est pas surprenant après les gains moyens de plus de 3 % affichés des trois semaines précédentes. L’indice DJ Stoxx des médias a cédé en effet 2,32 %. Le numéro un européen du secteur, Vivendi, qui représente 29 % de l’indice sectoriel, est le grand perdant du jour avec une chute de 5,28 % à 59,20 euros. Pour réduire sa dette, le conglomérat a annoncé le placement de 55 millions d’actions d’autocontrôle (5 % de son capital) pour un total d’environ 3,3 milliards d’euros, à des investisseurs internationaux au prix de 60 à 61 euros l’action. En trébuchant, Vivendi a entraîné avec lui le groupe de publicité français Havas qui a dégringolé de 4,33 %) 9,06 euros ainsi que le groupe de presse britannique Pearson qui a cédé 0,86 % à 865,50 pence. La crise argentine fragilise toujours les valeurs des sociétés espagnoles qui ont des liens étroits avec la troisième économie d’Amérique latine. Tokyo : clôture en hausse L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,7 % ou 70,87 points lundi par rapport à son cours de clôture de vendredi, à 10 942,36 points sur des achats de fin de séance, ont indiqué des courtiers. L’indice élargi Topix a gagné pour sa part 1,18 point, à 1 055,14 à la clôture. Le volume des échanges est resté faible, avec quelque 613 millions d’actions échangées. «La tendance à l’achat a été réactivée dans l’après-midi, grâce aux bonnes performances de Wall Street, qui laissent prévoir une reprise anticipée de l’économie américaine», a commenté Hiroichi Nishi, de chez Nikko Securities. «Des échanges substantiels de titres bancaires ont également contribué à faire progresser le marché», a ajouté M. Nishi, en indiquant d’autre part qu’un certain nombre de valeurs de haute technologie avaient récupéré leurs pertes. Selon les courtiers, les investisseurs devraient être tentés de franchir la barre des 11 000 points dès aujourd’hui, mais des prises de bénéfices pourraient enrayer le processus. Le Nikkei avait commencé par baisser en début de séance en raison de prises de bénéfices dues à la hausse des valeurs japonaises enregistrées la semaine dernière, ont encore relevé les courtiers.
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